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Un exploit inoubliable !

27 mai 2005, 00:00

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Liverpool a écrit l’une des plus belles pages de son histoire en remportant la Ligue des champions au terme d’une finale complètement folle qui restera dans les annales.

“C’est incroyable, inimaginable, merveilleux. Le pays entier est vraiment fier de vous !” Oubliées les formules convenues de félicitations, mercredi soir, Tony Blair s’est lâché pour envoyer les vœux de tout un pays à Rafael Benitez, le coach le plus heureux du monde.

Auteurs d’un des renversements de situation les plus incroyables de l’histoire de la Ligue des champions quelques heures plus tôt, le technicien espagnol et son équipe ne réalisaient pas vraiment ce qu’ils venaient d’accomplir.

“C’est sans aucun doute la plus belle soirée de football que j’ai jamais vécue. Je ne trouve pas de mot pour exprimer ce que je ressens”, confiait le technicien ibérique, passé par toutes les émotions au stade Atatürk.

La peur d’abord, quand, tour à tour, Paolo Maldini (1e, 0-1) et Hernan Crespo (39e, 0-2 et 43e, 0-3) envoyaient le Milan AC sur orbite en première mi-temps. “A la pause, il fallait faire quelque chose et nous avons décidé de procéder à quelques changements”.

L’espoir ensuite quand Steven Gerrard (54e, 1-3) puis Vladimir Smicer (56e, 2-3) relançaient la machine anglaise. Puis l’euphorie sur l’égalisation pleine de sang-froid de Xabi Alonso (60e, 3-3). La joie enfin quand Jersey Dudek repoussait le tir au but d’Andrei Shevchenko, un arrêt synonyme de 5e titre de champions d’Europe pour les Reds.

<B>Gerrard aux anges </B>

“Grâce à l’appui de nos supporters, nous sommes revenus dans le match. On ne pouvait pas rentrer chez nous avec quatre ou cinq buts dans les valises. Le principal, c’est que les joueurs y ont cru et nous avons gagné”, expliquait simplement Rafael Benitez, déjà vainqueur de la Coupe de l’UEFA avec Valence l’an dernier.

Les joueurs, eux, avaient conscience d’avoir marqué l’histoire en terre turque. “Je n’arrive pas à y croire. Cela a dû être l’une des meilleures finales de tous les temps”, supposait Jamie Carragher. “A 3-0 à la pause, je me voyais déjà finir en sanglots au coup de sifflet final. Chacun de nous mérite cette victoire. On était très mal lors de la prolongation à cause des crampes mais on a persisté et maintenant je suis sur un petit nuage”, lâchait, quant à lui, Steven Gerrard.

Sous le coup de l’euphorie, le capitaine emblématique des Reds a laissé entendre qu’il resterait sur les bords de la Mersey l’an prochain. “Comment pourrais-je penser à quitter Liverpool après une telle soirée ?”

Dindons de la farce d’un final à suspense, les Milanais étaient inconsolables après 120 minutes d’un match qu’ils avaient globalement dominé. Mais leur incapacité à conserver leurs trois buts d’avance et à tuer le match en prolongation a été fatale au joueurs de Carlo Ancelotti.

“Je pense que Milan a disputé une finale remarquable. Nous ne méritons pas de perdre mais nous devons accepter la défaite. Les joueurs peuvent être fiers d’eux. Evidemment, ils sont amers après avoir perdu la rencontre de cette manière. Mais dans les vestiaires, je leur ai dit qu’ils ne m’avaient pas déçu”, avouait le coach des Rossoneri.

Les trois buts encaissés par les champions d’Italie restaient pourtant en travers de la gorge d’Andrei Shevchenko. “Je suis complètement déprimé car je viens de voir les meilleures actions de la rencontre. On tenait le match en main et on l’a laissé glisser entre nos doigts en sept minutes.” Auteur du tir au but victorieux face à la Juve en 2003, le Ballon d’Or a raté celui de l’espoir mercredi soir et plongé les supporters milanais au fond du trou.

La Ligue des champions a écrit de la plus belle des manières son dernier chapitre sur les bords du Bosphore. De par le scénario improbable de cette finale, ce cru restera longtemps dans les annales. Marquée par le bon comportement des cadors du Vieux Continent, tous présents dans le tableau final, la C1 aura également renoué avec son glorieux passé offrant une affiche mythique pour la 50e finale de son histoire.

Conclue en apothéose par le triomphe de Liverpool, cette édition 2005 restera dans la légende et gardera toujours un goût particulier, vingt ans après l’effroyable drame du Heysel.

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