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Le défi des nouveaux
par Nazim ESOOF
Depuis le temps que dure le plaidoyer en faveur d?un engagement de nouvelles têtes en politique, on ne se plaindra pas que l?alliance MSM-MMM et celle de l?opposition aient choisi de présenter 19 et 14 nouveaux candidats respectivement. Au contraire, il faudra espérer une certaine indulgence de l?électorat à leur égard. Le regard critique des journalistes serait plus enclin à mettre au compte de l?inexpérience les ratages que ces candidats pourraient commettre? Sauf dans les cas où les déclarations révéleraient des tendances déviantes, sectaires et une infantilisation de l?électorat. C?est la raison pour laquelle, certains constats s?imposent surtout après les premières interventions des nouveaux candidats.
Dans l?Alliance sociale, la plupart des nouveaux candidats se disent émus d?être choisis. Ils confient pratiquement tous que leurs activités professionnelles et sociales les poussent à l?engagement politique où ils seraient plus à même de servir la communauté à travers une action de proximité. D?un côté, un sentimentalisme primaire et, de l?autre, une langue de bois digne des apparatchiks.
La critique des politiques peut être un produit recherché. Nous ferons cependant ici l?économie de cette grille de lectures critiques à laquelle nos politiques sont généralement soumis. Ces nouveaux poulains méritent une chance et ils l?auront. Néanmoins, ils se doivent déjà de prendre une posture qui leur évite d?être aspirés trop facilement par la machinerie des partis.
Le citoyen-électeur souhaite du neuf. Non seulement pour de nouvelles idées, mais aussi pour une nouvelle manière de faire de la politique. Les nouveaux politiques ne parviendront pas à répondre à cet appel en reproduisant les travers et les mécanismes classiques qu?ont intériorisés les anciens ou en se laissant récupérer révérencieusement par les structures d?uniformisation des partis.
Les m?urs et les comportements de nos politiciens sont connus. Et on s?en est lassé. Ce qui explique que si les neufs commencent dès maintenant à faire du vieux, que s?ils deviennent aussi rapidement interchangeables et soient des proies aussi faciles à l?endoctrinement partisan, le souhait de nouveaux politiciens ne resterait qu?un v?u pieux.
Le misérabilisme primaire et l?approche technicienne que proposent les nouveaux peuvent encore passer. Mais ils ne devraient pas oublier que s?ils sont là, c?est prioritairement pour répondre à une demande de l?électorat qui ne cherche pas des ?petits Bérenger, Ramgoolam ou Jugnauth?. L?exigence de nouveaux candidats répond à un désir plus profond de renouvellement du fonctionnement des partis et, plus simplement, à l?urgence d?un discours neuf. La discipline de parti et l?esprit d?allégeance ne devraient pas étouffer cette flamme qui est seule susceptible de réformer la société politique. Une réforme dont aucun des anciens n?en a fait une priorité.
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