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Incroyable Liverpool !
Au terme d'un scénario totalement imprévisible, qui s'est déroulé en deux parties et deux mi-temps, et qui avait laissé les deux équipes à égalité 3-3 après les prolongations, les Reds sont redevenus champions d'Europe.
L'équipe d'Anfield Road renoue ainsi avec son glorieux passé, 20 ans exactement après la finale perdue 1-0 face à la Juventus de Turin au soir de la tragédie du Heysel qui avait coûté la vie à 39 personnes.
Ce succès marque définitivement le retour en grâce de Liverpool qui reprend sa place dans le gotha d'Europe dont il faisait partie au tournant des années 80.
Cette 50e finale devait être un drame fondé sur l'opposition des styles et elle a tenu toutes ses promesses, se jouant en deux parties et deux mi-temps.
Tous les plans échauffaudés par Rafael Benitez, après les qualifications contre la Juventus en quart de finale et Chelsea en demi étaient réduits à néant dès la première minute.
Sur un coup-franc d'Andrea Pirlo, Paolo Maldini, le capitaine éternel des Rossonero, surgissait et d'une demi-volée trompait un Jerzy Dudek incrédule.
Ce but venait comme une consécration pour le fidèle Maldini, 37 ans, fils de Cesare, qui a passé 20 saisons dans le club lombard dont il ne s'est jamais éloigné.
Le but de Maldini obligeait les Reds à jouer contre nature: à ne plus s'adosser à leur défence, à ne plus attendre et procéder par contre.
Pour compliquer encore un peu plus la tâche de Benitez, l'Australien Harry Kewell était contraint de sortir sur blessure et était remplacé par le Tchèque Vladimir Smicer à la 25e.
<B>Héroïque Jerzy Dudek </B>
Dominés techniquement, dépassés physiquement, Liverpool sombrait lentement mais sûrement au fil des minutes.
Sur un contre rapide, le ballon parvenait à Andreï Chevtchenko qui centrait pour Hernan Crespo dont la reprise en déséquilibre ne laissait aucune chance à Dudek.
L'Argentin doublait la mise une minute avant la pause sur une nouvelle contre-attaque. Les supporters des Reds étaient pantois et dans l'esprit des Milanais se ranimait le souvenir de la finale de 1994 gagnée 4-0 contre Barcelone.
Mais Liverpool n'est pas le Barça et lorsque l'on joue à Anfield on apprend que le football est une question de talent mais aussi de volonté.
De retour sur la pelouse, les hommes de la Mersey, déferlant en vagues rouges, faisaient basculer le match en six petits minutes.
Trois fois, ils marquaient par Steven Gerrard, Smicer et Xabi Alonso qui égalisait sur un penalty, inscrit en deux temps, histoire d'ajouter, si cela était nécesaire, encore un peu de suspense.
Pourtant, l'histoire n'aurait pas été totalement complète sans le drame de la séance des tirs au but.
Et à ce jeu, les joueurs de Liverpool, perclus de crampes pendant les prolongations, se sont montrés les plus forts mentalement.
Serginho et Pirlo manquaient leur tentative mais la victoire s'ouvrait aux Anglais lorsqu'Andreï Chevtchenko, le ballon d'Or 2004, échouait à son tour après avoir manqué la balle de match à trois minutes de la fin.
Les supporters de Liverpool qui avaient cru à la défaite fondaient en larmes car la victoire de leur club était une ligne d'histoire comme il ne s'en écrit qu'une fois par décennie.
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