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Les ACP évoquent ?la volonté de tuer? de l?Union européenne

26 mai 2005, 00:00

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A la première salve, les ACP se sont retrouvés à genoux. La deuxième pourrait leur rendre la vie bien plus amère. Une baisse plus importante du prix garanti du sucre sur le marché européen est dans l?air. Le ministre de l?Agriculture, Nando Bodha, est très critique quant à la façon de faire de la Commission européenne.

Comme l?année dernière, la nouvelle a atteint nos rives sous forme de rumeur, évoquant cette fois-ci la volonté de la Commission européenne de réduire davantage le prix du sucre, de 37 % à 43 %, une mesure étalée sur deux années. Cette baisse serait plus que catastrophique pour l?industrie sucrière locale, déjà engagée dans une vaste réforme.

?Nous ne pouvons que souhaiter que ce ne sont que des rumeurs et que les commissaires seront plus raisonnables dans leur proposition finale au Parlement européen, et qu?ils prendront en considération l?importance de l?industrie sucrière pour les Etats ACP?, commente le ministre de l?Agriculture, Nando Bodha. S?il s?avère que ces rumeurs sont fondées, le porte-parole des ACP indique que cette mesure équivaudrait à ?une volonté de tuer? et que cette approche ne sera jamais acceptée par le bloc.

Le ministre indique que la Commission a ?complètement ignoré? les dix pays européens résolument contre la réduction initiale de 37 %. En effet, lors d?une précédente mission de lobbying auprès des Etats-membres de l?Union européenne, le 20 janvier, au nom des ACP, il avait signé un accord avec son homologue espagnol pour faire cause commune contre la réduction initiale de 37 %. L?Espagne, fait partie de ce groupe de dix Etats-membres de l?UE contestant l?ampleur de la réforme décidée par la Commission européenne.

Mesures d?accompagnement

Pour le ministre de l?Agriculture, la Commission européenne ne tient pas compte du cas des ACP, qui ont toujours milité pour une baisse en deçà des 37 % et étalée sur huit ans. ?Les Etats ACP estiment que ces rumeurs ne sont pas en leur faveur mais conviennent aux grandes industries consommatrices de sucre et l?industrie chimique?, fait ressortir le ministre.

C?est le 22 juin que la Commission européenne dévoilera officiellement le quantum de la baisse, et cela, sous forme de texte de loi que le Parlement européen est appelé à adopter. En sa capacité de chef de file des ACP, l?Etat mauricien poursuivra ses efforts à tous les niveaux, en dehors de la Commission, pour que la réduction soit moins douloureuse. Selon le calendrier établi, l?adoption de la législation officialisant la réforme interviendrait avant le prochain round de négociations de l?Organisation mondiale du commerce, qui se déroulera à Hong Kong.

Il est à noter que l?Europe, en contrepartie de la baisse, propose des mesures d?accompagnement aux pays affectés. les paramètres d?éligibilité sont contenus dans un plan d?action que la Commission a déjà rendu public. Chaque pays devra présenter au préalable à la Commission son plan de réforme pour mitiger les effets de la baisse, et cela, en fonction des paramètres de la Commission. D?ailleurs, le Conseil des ministres mauricien prendra ce vendredi connaissance du plan de réforme accélérée, étalée sur dix ans, en vue de préparer l?industrie sucrière à soutenir la baisse.

Et c?est toujours ce plan qui sera au c?ur des discussions le 7 juin avec des représentants de la Commission européenne. Une délégation, menée par Florence Van Houtte, administratrice de la direction générale au développement arrive le 6 juin. Responsable du dossier sucre, elle a présenté, début janvier, l?ébauche du plan d?action lors d?un atelier de travail en Suède.

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