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Mahmoud Abbas cherche le soutien des états-Unis

25 mai 2005, 20:00

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Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, est arrivé à Washington où il s’efforcera de se présenter comme un partenaire sérieux, déterminé à faire la paix avec l’Etat d’Israël. “Nous souhaitons de la part des Etats-Unis une position claire au sujet de la mise en oeuvre de la feuille de route et de l’aide économique”, a-t-il déclaré à la presse mardi à son arrivée.

Abbas, qui sera reçu aujourd’hui à la Maison blanche, compte obtenir un franc soutien en faveur de son action réformatrice à la tête de l’Autorité autonome. Il a en revanche renoncé à inviter Washington à faire pression sur les autorités israéliennes pour les amener à entamer le dialogue sur un règlement définitif du conflit, sitôt achevé le démantèlement des colonies juives de la bande de Gaza, prévu en août, selon son entourage.

Soucieux de voir avancer la “feuille de route”, l’administration Bush a bien accueilli sa volonté affichée de rechercher l’établissement d’un Etat palestinien par des moyens pacifiques, ainsi que le cessez-le-feu qu’il a décrété en février avec le Premier ministre israélien Ariel Sharon et qu’il est parvenu à faire respecter par les activistes.

“Le président Abbas va prouver à Bush qu’il est un partenaire sérieux pour la paix. Il va l’informer de ses réussites sur la voie de la démocratisation et de la sécurité”, a confirmé un représentant palestinien. “Mais il va également indiquer clairement que la démocratie ne peut pas s’épanouir sous occupation et sollicitera une aide pour mettre fin à cette occupation”, a souligné un autre responsable palestinien ayant requis l’anonymat.

Abbas exposera par ailleurs ses craintes au sujet des contreparties du plan de retrait israélien de la bande de Gaza. Le président de l’Autorité redoute notamment que le démantèlement des 21 implantations juives de ce territoire frontalier de l’Egypte ne vise en fait à justifier l’annexion des plus importantes colonies de Cisjordanie. “Le président Abbas demandera à Bush des garanties afin que le retrait (...) ne préjuge pas du statut final de la Cisjordanie et de la bande de Gaza”, a-t-on souligné de source palestinienne.

De même source, on indique qu’Abbas présentera à son hôte des cartes montrant le développement des colonies de Cisjordanie, notamment à Jérusalem-Est, et le tracé de la “barrière de sécurité” israélienne, autant d’entorses à la feuille de route qui mettent en péril le projet de création d’un Etat palestinien viable auquel le président des Etats-Unis a souscrit.

“Abbas montrera également à Bush que les Palestiniens ont fait des concessions historiques en lui présentant un carte de la Palestine historique et une carte de la Cisjordanie et de la bande de Gaza (actuelles) où les Palestiniens veulent créer leur Etat, montrant qu’elles ne représentent que 22% de toute la Palestine”, a-t-on insisté.

<B>Wafa AMR</B>

“ÈRE DE CONFIANCE NOUVELLE”

<B>Sharon propose de libérer 400 autres Palestiniens</B>

■ Le Premier ministre israélien Ariel Sharon se propose de remettre en liberté aujourd’hui 400 autres prisonniers palestiniens en signe de soutien au président palestinien Mahmoud Abbas. Dans un discours adressé au Comité américano-israélien pour les affaires publiques, Sharon a aussi jugé possible une “ère de confiance nouvelle” si le désengagement israélien de la bande de Gaza s’effectuait en coordination avec les Palestiniens. “A mon retour en Israël, je soumettrai à l’approbation de mon gouvernement la libération de 400 (prisonniers) supplémentaires”, a-t-il dit, ajoutant qu’il restait persuadé que l’Etat juif sortirait renforcé du retrait de Gaza même si ce désengagement s’annonçait difficile. Il a par ailleurs rappelé qu’Israël avait déjà libéré un demi-millier de détenus palestiniens, en application de l’accord de trêve conclu avec Abbas en février à Charm e Cheikh, en Egypte. Dans son discours, le Premier ministre a réaffirmé sa volonté de transférer pleinement le contrôle de certaines villes de Cisjordanie à l’Autorité palestinienne. L’armée s’est déjà retirée de Toulkarem et Jéricho. Sharon s’était engagé à faire de même à Ramallah, Kalkilya et Bethléem. Lundi soir, Sharon a en revanche laissé entendre qu’Israël pourrait définitivement conserver trois importantes colonies juives de Cisjordanie: Maale Adumim, Gush Etzion et Ariel.

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