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Maurice doute de l’efficacité des taxes chinoises sur le textile

25 mai 2005, 00:00

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Le gouvernement chinois a décidé de rehausser le niveau des taxes à l’exportation sur le textile et les vêtements afin de brider les exportations. À Maurice, les industriels sont sceptiques et doutent de l’efficacité de cette mesure.

L’initiative de Beijing intervient dans le sillage des mesures prises par les États-Unis pour réintroduire des quotas sur sept catégories de vêtements Made in China.

La Chine veut montrer par-là sa volonté à restreindre le volume de ses exportations de vêtements et souhaite ainsi apaiser ses principaux partenaires commerciaux, notamment les États-Unis et l’Union européenne.

L’explosion des exportations de vêtements chinois depuis l’abolition des quotas en janvier 2005, a alarmé l’industrie textile mondiale. Aux États-Unis, les importations de vêtements en provenance de Chine ont augmenté entre 500 et 1 500 % dans certaines catégories. En réaction, des quotas ont été réintroduits.

Pour calmer le jeu, la Chine annonce donc une hausse de 400 % des taxes à l’exportation sur 74 catégories de vêtements parmi lesquelles les blouses, les sous-vêtements, les chemises et les t-shirts. Les droits à l’exportation passeront de 2.4 cents américains à 12 cents en moyenne. La hausse la plus importante sera de 3.6 cents à 48 cents américains.

<B>La Chine manque de transparence</B>

À Maurice, on déclare n’être pas dupe des manœuvres chinoises. “C’est une annonce sans importance réelle. Si les taxes augmentent, ils continueront à baisser les prix. Cela ne changera rien. En tout cas, ce n’est pas dessus qu’il faudra compter pour accroître nos parts de marché”, explique un responsable du gouvernement.

“On ne sait pas si c’est de la poudre aux yeux ou si cette taxe sera réellement appliquée. De toute façon, comment être sûr qu’elle sera réellement appliquée. C’est le flou total. Mais ce flou peut jouer en notre faveur car cela créé de l’incertitude chez les acheteurs”, déclare François Eynaud, directeur de Tropic Knits.

Poudre aux yeux ou pas, l’annonce de la hausse de la taxe est tout de même une indication que Beijing se rend compte que son industrie textile-habillement ne peut pas se permettre de faire n’importe quoi sur le marché mondial.

“La réaction des Américains leur a fait comprendre que tout n’est pas permis”, commente Peter Craig, commissaire commercial de Maurice à Washington.

“Le problème principal est le manque de transparence. Tant que nous ne saurons pas comment ils calculent leurs prix, cela ne servira à rien de savoir s’il y a une taxe ou pas. Il faut au minimum, une base crédible de prix à partir duquel on pourrait mesurer l’effet d’une taxe. Or, on ne sait absolument pas comment les prix sont déterminés”, déclare Ahmed Parkar, président de la Mauritius Export Processing Zone Association.

Il soutient que l’application d’une taxe est une question académique pour la majorité des entreprises de textile-habillement de Chine qui sont des propriétés de l’État. “C’est l’État qui subventionne et c’est l’État qui taxe. Qu’est-ce que cela change pour une entreprise d’État ? Si la taxe augmente, la subvention augmentera également”, poursuit Ahmed Parkar.

Suite à l’annonce de la hausse de la taxe à l’exportation sur les vêtements, les associations de textile chinoises sont montées au créneau pour dire qu’elles se sentent menacées car elles pratiquaient une marge de profit tellement basse qu’elle sera absorbée par la hausse de la taxe.

Ce discours fait sourire les industriels locaux. “D’abord, la plupart des entreprises n’ont même pas une notion de ce qu’est le profit. De plus, on peut se demander comment elles faisaient pour vivre avec une marge de 12 cents sur un t-shirt de $ 3. C’est en tout cas ce qu’on nous raconte”, déclare un industriel.

Pour Ahmed Parkar, la vraie solution serait que la Chine réévalue sa monnaie. Le Congrès américain travaille sur un projet de loi qui obligerait la Chine à réévaluer sa monnaie. Si elle ne le fait pas, les États-Unis pourrait introduire des droits de douane de 27,5 % sur les vêtements chinois (voir texte page 17) “C’est exactement ce qu’il faudrait pour rétablir un peu de level playing field sur le marché”, commente Ahmed Parkar.

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