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Saloni Dosoruth le symbole du rêve américain
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Saloni Dosoruth le symbole du rêve américain
Etablie aux Etats-Unis, Saloni Dosoruth a ouvert une société de production à Maurice en 2003. Elle compte bientôt ouvrir une branche à Los Angeles et à Paris. La jeune femme trouve tout à fait normal de venir implanter sa société à Maurice avant tout car « il faut revenir donner des choses au pays quand on a réussi. A Maurice, il y a beaucoup de talents mais pas de moyens. Si je peux donner des moyens, j?en suis contente ».
La Mauricienne travaille actuellement sur son premier film qui se consacre à l?agent orange au Vietnam. Pour une première production, elle tape fort. Son idée de départ ne concernait pourtant pas l?agent orange. Elle voulait un film sur les enfants des rues. « Lorsque mon location manager s?est rendu pour des repérages au Vietnam, il m?a parlé des ravages qu?avait faits l?agent orange, on a alors décidé d?aller dessus. On ne s?est pas rendu compte tout de suite de la lourdeur du sujet. Il est politiquement chargé. L?économie autour est sensible. Le sujet est tabou », explique-t-elle. Une longue enquête commence alors. D?ailleurs, elle n?est pas encore terminée et ne le sera fort probablement pas avant l?année prochaine. Avec enthousiasme et conviction, elle nous parle de ses recherches et de son travail.
L?agent orange répandu, contenait de la dioxine qui a imprégné le sol et qui continue à voir naître des enfants vietnamiens malformés au point où ils sont appelés « les bébés-monstres ». En juin dernier, Saloni Dosoruth est allée tourner au Vietnam. Elle a parcouru le pays afin d?y recueillir images et témoignages. La jeune femme a été choquée de constater que la troisième génération qui naît est toujours victime de ce défoliant. La Mauricienne raconte comment les victimes se sont regroupées et tentent d?avoir gain de cause. La seule chose qu?elles demandent est ce qui leur est arrivé soit reconnu. Des dommages sont demandés aux entreprises ayant fabriqué ces défoliants afin de décontaminer la terre. Saloni Dosoruth précise que ce film n?a pas pour but de prendre parti mais de mobiliser l?opinion publique. Elle est partie du Vietnam, avec vingt-deux heures de tournage dans ses valises. Le tout a été tourné en betadigitale.
« Je ne veux pas faire du Michael Moore !», dit-elle en riant. Cela, même si dans une liste parue, il y a peu, le nom de la jeune productrice apparaît juste au-dessus du nom du célèbre réalisateur, Michael Moore. Passionnée, Saloni Dosoruth l?est jusqu?au bout. Avec un DEA en sociologie, sa perception du monde est forcément influencée par ses études. La jeune femme ne s?arrête dont pas au simple vernis. Mannequin avant de devenir actrice et maintenant productrice, Saloni Dosoruth raconte sa rencontre avec Philippe Bottiglione, le réalisateur de son documentaire avec un dynamise qui montre sa volonté d?avancer dans cette nouvelle voix. De lui, elle dira : « C?est mon roc de Gibraltar ».
Lorsqu?on lui demande si en vivant à Los Angeles et en étant mannequin, elle n?est pas tentée de se perdre dans le monde d?illusion qu?est le show-biz, Saloni Dosoruth sourit et nous dit que cinq ans de cela, elle voyait les choses autrement. Mais maintenant, elle est connectée à la réalité et a les pieds bien sur terre. Elle explique qu?en travaillant comme mannequin, la vie qu?elle mène est irréelle. « On est déconnecté de la réalité. Mais j?ai senti un manque en moi. A quatorze ans, je savais que j?avais une mission à accomplir », avoue-t-elle avec un demi-sourire. La jeune femme a pu garder les pieds sur terre à travers une organisation pour les femmes battues dont elle était l?ambassadrice. La sociologue en elle ne l?a en fait jamais quittée même si elle a sommeillé un peu.
Croiser des stars
Pourtant à côtoyer des stars, elle aurait pu prendre la grosse tête. Mais telle n?est pas le cas. Tenez-vous bien, elle a la chance de prendre son café au même endroit que Gwyneth Paltrow. Lorsqu?elle fait son shopping à Melrose, elle peut parfois y croiser des stars tels que Jennifer Lopez ou encore Ben Affleck. « Vous savez lorsqu?on les voit faire leurs courses ou leur shopping, on n?y fait plus trop attention. D?autant plus que souvent si les stars doivent prendre mille précautions, ce n?est pas à cause des fans mais à cause des paparazzis », explique-t-elle. Etre invitée à l?anniversaire de David Bowie et y croiser Madonna ou encore Quincy Jones, c?est tout de même, pas mal.
La jeune femme, qui prendra bientôt la nationalité américaine, dit que les Etats-Unis lui auront donné de nombreuses opportunités. « C?est le pays d?une indépendance farouche où l?on ne retrouve nulle part ailleurs. Cela fait treize ans que je vis aux Etats-Unis, je pense que c?est une suite logique de prendre la nationalité. Je dis d?ailleurs aux personnes qui n?aiment pas l?Amérique : dissociez, je vous en prie, les Américains de la politique américaine ! » dit-elle en joignant ses mains.
Ayant déjà fait de la télévision, Saloni Dosoruth eut un rôle dans un film aux côtés de Harrison Ford. La possibilité de jouer aux côtés de Amitabh Bachchan lui a été proposée mais elle devait décliner la proposition. Elle ne voulait pas prôner davantage le stéréotype de la petite amie mannequin ayant la moitié de l?âge de son fiancé. Elle avouera le regretter inconsciemment. Mais le rôle qui aura peut-être marqué un tournant pour elle est celui qui lui avait été proposé dans le premier opus de Charlie?s Angels. « Mais, j?étais à Tahiti et je n?avais pas vérifié mes messages pendant des jours. Lorsque le film est sorti, je me suis rendue compte que la fille qui avait obtenu le rôle était mon portrait craché. Mais bon, on ne peut pas tout faire et il y a un temps pour tout», ajoute-t-elle avec philosophie.
Si pour le moment, Saloni Dosoruth ne fait pas de cinéma, l?idée d?une fiction est présente. Après son film sur l?agent orage, elle songe à produire une fiction. En attendant, la jeune femme se partage entre son métier de productrice, de mannequin, de membre de la Hollywood Film Critics et de membre de la Screen Actors Guild.
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