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La pluie de promesses
La campagne de l?Alliance sociale se précise : elle conjugue promesses inspirées de certaines craintes de la population ? insécurité publique, chômage, école de l?élite qui disparaît ? et piques personnelles contre les adversaires. Ces discours aigre-doux sont supplantés de temps à autre par la colère face à un adversaire qui n?est pas « fair play. »
L?éducation est bien au centre de la campagne de l?opposition. À la rencontre qui s?est tenue vendredi à Petit-Raffray, tous les intervenants ont critiqué l?élimination des star schools d?Etat, accusant le gouvernement de « priv bann zenfan malere » de l?accès aux collèges d?élite, donc de ne plus permettre que l?école « aide la promotion sociale ».
À la promesse de rémédier à la situation, l?Alliance sociale n?ajoute pas de détails. Silence total sur ses propositions alternatives aux Form VI colleges. Elle n?en continue pas moins de stigmatiser cette mesure-clé de la réforme Obee-gadoo. Dire que « l?accès au QEC et aux collèges Royal ne pli pu ou bann piti, me rezerve pu bann-là » accroche l?électeur lambda, comme le constatent ceux présents aux rencontres de l?Alliance sociale.
L?insécurité publique est l?autre dossier qui porte. « Chacun d?entre vous ou l?un de vos proches a été victime de vols, d?agression ou de viol », entend-on comme une litanie. Suivent ensuite des critiques de la situation de la paix publique et contre la police et le ministre qui en est responsable, Paul Bérenger.
Le leader mauve est lui-même, comme attendu, un argument électoral, tous ses adversaires critiquant « ses liens avec le grand capital, son arrogance, son despotisme, sa mauvaise foi, son ambition démesurée? » Autant de défauts qu?ils prêtent à Paul Bérenger, présenté comme la source de tous les maux du pays. Le leader du MSM, Pravind Jugnauth, en revanche, est devenu quantité négligeable, souvent qualifié d?un méprisant « garson-la » et présenté comme « le valet de Bérenger ».
Le chômage et la cherté de la vie sont les autres thèmes de prédilection. Systématiquement, les chiffres officiels du chômage sont discutés, voire grossis, le nombre d?usines de la zone franche ayant fermé leurs portes ou en passe de le faire est martelé? La duty-free island qui ne serait accessible qu?à des happy few est également vilipendée. Conclusion : le présent gouvernement a été « une faillite totale au niveau économique », selon le leader de l?opposition.
Enfin, Navin Ramgoolam s?offusque de « l?irresponsabilité fiscale du gouvernement MSM-MMM » et de ce qu?il qualifie de « bribes électoraux » : le Real Estate Investment Trust lancé « sans feasibility study initiale », « un emprunt de Rs 500m par la Road Development Authority (RDA) pour des travaux durant la campagne », voire l?annonce de l?achat d?Airbus par Air Mauritius?
« Avis aux fonctionnaires complices »
Le leader rouge n?en démord pas : un caretaker government ne peut prendre d?importantes décisions financières alors que le Parlement ne siège plus. Il promet d?informer les observateurs étrangers que ces élections sont « loin d?être free and fair ». Et il prévient « les fonctionnaires complices » : « Chacun doit prendre ses responsabilités. Sinon, zot pou pey konsekans divan. Après le 4 juillet, nous ne pourrons être tenus responsables d?engagements irresponsables et illégaux de ce gouvernement. »
Ces thèmes communs des responsables de l?Alliance sociale semblent faire partie d?une stratégie bien définie de campagne, mais cela n?empêche pas certains francs-tireurs d?aborder d?autres thèmes, comme Madan Dulloo l?a fait vendredi, en accusant nommément trois entreprises mauriciennes de « contrôler et corrompre » le présent gouvernement.
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