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Rafsandjani : candidat à la présidentielle

12 mai 2005, 00:00

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L?ancien chef de l?Etat iranien Akbar Hashemi Rafsandjani, qui exerça le pouvoir de 1989 à 1997, s?est officiellement porté candidat mardi à l?élection présidentielle du 17 juin, pour laquelle il est donné favori dans les sondages. ?Malgré mes doutes préalables, j?annonce aujourd?hui par sentiment de nécessité que je suis prêt à m?engager sur le terrain politique et je me soumets à votre choix?, fait-il savoir dans un communiqué de cinq pages adressé au peuple iranien.

Rafsandjani présente cette décision comme la plus difficile de sa longue carrière politique, qui remonte à près de 50 ans. Selon l?entourage de l?ancien président, ses réticences initiales s?expliquent par l?hostilité qu?a suscitée sa candidature parmi les ?extrémistes? ? allusion aux conservateurs de la branche dure et à l?ayatollah Ali Khamenei, Guide suprême de la révolution islamique.

?Le Guide ne veut pas de lui?, selon Mohammad Atrianfar, éditeur de presse et responsable du tourisme qui travaille sur la campagne de Rafsandjani. ?Une lutte est en cours, et les choses devraient être réglées d?ici deux ou trois jours.? La constitution iranienne interdit au président sortant, Mohammad Khatami, élu en 1997 et réélu en 2001, de briguer un troisième mandat consécutif. En revanche, Rafsandjani, aujourd?hui âgé de 70 ans, peut se représenter à la présidence de la République islamique.

Conservateur modéré ayant assumé la plupart des fonctions au sein du système politique iranien, l?ancien président est considéré comme partisan d?une libéralisation de l?économie et d?une amélioration des relations avec l?Occident.

<B>Ingérence minimale de la réligion</B>

?Le retour de Rafsandjani pourrait raviver la gloire fanée de la fonction présidentielle et servir à créer une force unificatrice?, estimait récemment l?éditorialiste du quotidien réformateur Iran Daily. D?après Mohammad Atrianfar, l?ancien président ?croit en une ingérence minimale de la religion dans la vie quotidienne? mais ?accepte une démocratie contrôlée et, d?une certaine manière, limitée?. ?Rafsandjani est peut-être un véritable modéré, mais il a toujours subordonné ses politiques à l?intérêt supérieur de sa carrière?, écrivait en 2004 Kenneth Pollack, ancien directeur des affaires arabo-persiques au Conseil national de la sécurité rattaché à la Maison blanche.

Même s?il est le favori des sondages, Rafsandjani devra s?employer dans la campagne. En 2000, sa dernière campagne électorale, à l?occasion des législatives, avait échoué et ses rivaux multiplient les accusations de corruption et d?atteintes aux droits de l?homme sous sa présidence. L?ancien chef de la police iranienne, Mohammad Baqer Qalibaf, pourrait être un adversaire redoutable. Âgé de 43 ans, cet ancien commandant des pasdaran, les gardiens de la révolution, est le favori des cercles conservateurs et peut se targuer d?avoir modernisé la police iranienne.

Les prétendants virtuels ont jusqu?à samedi pour faire enregistrer leur candidature. Il reviendra ensuite au Conseil des gardiens, instance conservatrice formée de six religieux et de six juristes, d?établir la liste définitive des candidats soumis aux voix des 46 millions d?électeurs inscrits (la majorité électorale est fixée à 16 ans en Iran). En 2001, 814 dépôts de candidatures avaient été enregistrés. Seuls dix candidats avaient été retenus par le Conseil.

<B>Paul HUGHES</B>

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