Publicité

Pour un accompagnement plus entreprenant

11 mai 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

L?entrepreneuriat et la démocratisation de l?économie sont devenus des enjeux électoraux. Les deux principaux blocs en lice multiplient les initiatives et les slogans pour vendre leur proposition à un plus grand nombre d?électeurs possible. Dans ce petit match à distance, l?alliance au pouvoir, souvent accusée de protéger le ?grand capital?, a marqué de précieux points durant la seule journée d?hier.

D?abord, le lancement hier après-midi de l??Employees Real Estate Investment Trust? à Rivière-du-Rempart lors d?une fonction aux allures de rassemblement politique. Le folklore électoral n?enlève en rien toutefois la portée de cette mesure qui donnera le droit, à quelque 340 000 personnes, de participer à des projets de développement immobilier en se procurant des unités de ce fonds d?investissement.

Ensuite, au niveau de l?entrepreneuriat, la Banque de développement de Maurice (BDM) annonce l?entrée en opération des mesures du Budget faveur des petites et moyennes entreprises (PME). Le gouvernement entend aplanir les difficultés auxquelles font face les opérateurs pour accéder aux financements.

Les plans annoncés hier touchent, entre autres, aux garanties pour l?obtention d?un prêt. Les entrepreneurs potentiels n?ont pas toujours les biens nécessaires pour offrir en nantissement. Les plans proposés par la DBM essayent dans une certaine mesure de résoudre le problème. Mais la question de garantie n?est pas le seul obstacle majeur à la création et au développement des entreprises.

En Grande-Bretagne, les travaillistes sont retournés au pouvoir pour la troisième fois de suite grâce, principalement, à une économie florissante qui a su faire la part belle à la petite entreprise. La communauté des ?small businesses? n?a d?ailleurs pas fait de mystère quant à son soutien à Tony Blair lors des législatives de la semaine dernière.

Les PME britanniques ont été très présentes dans la nouvelle économie allant du ?computer engineering? aux multimédias et aux services conseil et de recherche en tous genres. C?est cela qui leur a permis de mieux contribuer à la prospérité économique de leur pays tout en tenant tête aux grosses pointures locales, continentales, outre atlantiques et nippones.

Maurice, qui ambitionne une mutation vers une ?services economy?, n?a toujours pas pu concevoir une stratégie de financement propre aux PME des services. L?on continue toujours à proposer les mêmes solutions financières aux fabricants de meubles, aux développeurs de logiciels et aux prestataires de services médicaux. Ce sont en fait les profils des activités qui déterminent très souvent les besoins en capitaux.

Le système de certification et de permis pour les activités économiques n?est pas adapté à la production des services non plus. Les autorités locales imposent les mêmes normes d?opération aux producteurs de vêtements qu?aux créateurs multimédias, malgré leurs conditions de production largement différentes.

Ce traitement non discriminatoire ajoute un coût d?opération additionnel aux PME qui sont engagées notamment dans les ?knowledge activities?. Le système en vigueur à Singapour permet à des catégories de prestataires de services d?opérer à partir de leur domicile sans aucune contrainte administrative et légale. L?environnement d?affaires à Maurice est encore trop contraignant pour donner une vraie impulsion aux PME. La politique d?accompagnement doit au préalable tenir compte des attentes des opérateurs. Pour l?heure, ce sont les impératifs des institutions, voire les mobiles des politiciens, qui dictent l?agenda.

Publicité