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Les négociations commerciales se compliquent avec le ?duty-free?
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Les négociations commerciales se compliquent avec le ?duty-free?
Le concept de duty-free island n?est pas une problématique qui se limite aux revenus douaniers. Il implique aussi des difficultés pratiques pour les techniciens mauriciens engagés dans les négociations commerciales régionales et avec l?Union européenne (UE).
Maurice a un premier rendez-vous pour tester sa capacité à négocier après avoir libéralisé presque 80 % des produits importés. Depuis le début de la semaine, une réunion de concertation s?est ouverte au Kenya entre les pays du sous-bloc du Eastern and Southern Africa et l?Union européenne, concernant l?accord de partenariat économique qui doit déboucher sur la création d?une zone de libre-échange.
?Avec la création de la duty-free island, tout se complique. Auparavant, Maurice avait demandé une assistance de l?UE pour compenser la baisse des tarifs. Maintenant que nous avons réduit nos tarifs de manière conséquente, qu?allons nous pouvoir demander ?? soutient un responsable du dossier.
Tout n?est pas perdu pour autant. Maurice doit cependant changer son fusil d?épaule. Alors que le pays était jusqu?à présent sur une position défensive pour aborder les négociations avec l?UE, il peut maintenant adopter un mode offensif.
Il ne s?agit plus de défendre le marché local mais bien d?obtenir des avantages pour partir à l?abordage du marché européen.
Auparavant, la principale préoccupation du pays était d?obtenir une ouverture asymétrique des marchés. Dorénavant, Maurice abordera les négociations avec l?UE avec comme objectif principal d?obtenir des facilités d?entrée sur le marché européen. L?assouplissement des règles d?origine, la possibilité d?entrer dans le secteur des services et des facilitations pour le commerce international seront désormais les principales demandes du pays.
Par ailleurs, la baisse des tarifs douaniers a également des implications au niveau régional. Maurice est engagée dans des discussions au niveau du Common market for eastern and southern Africa (Comesa) en vue de la création d?une union douanière.
Avec la détaxe massive, découlant du dernier budget, aucun de nos partenaires africains ne peut rabaisser ses droits de douane au même niveau que Maurice. Il y a là une problématique.
Maurice doit absolument faire partie de cette union douanière. L?UE a indiqué qu?elle ne s?engagera pas dans des accords de partenariat économique qu?avec des unions douanières régionales.
Mais théoriquement, si Maurice s?engage dans une union douanière, elle ne peut signer des accords commerciaux avec d?autres partenaires. Cela limiterait donc notre marge de man?uvre pour l?élargissement de notre espace économique.
Pour un ?policy space?
Lors d?une récente réunion du Comesa, la partie mauricienne a réclamé une liberté de man?uvre pour bénéficier d?un policy space malgré la création d?une union douanière. Certains pays n?ont pas accueilli la démarche d?un bon ?il. La réclamation d?un policy space peut être perçue comme une possibilité de policy revearsal. C?est-à-dire que Maurice pourrait choisir de ne plus faire partie de l?Union douanière du Comesa.
Par ailleurs, à la demande de Maurice, le Comesa a accepté de reporter à 2008 l?abolition des droits de douane sur les matières premières et les équipements comme une première étape pour la création d?une union douanière. ?En 2008, nous aurons complété notre programme d?abolition des droits de douane pour faire du pays une duty-free island? , explique un proche du dossier.
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