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Le MMM n?est plus là, le sport se ?recommunalise?

8 mai 2005, 20:00

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Les premières municipalités militantes (Port-Louis, BBRH et Vacoas-Phoenix, de 1977 à 1979) peuvent mettre à leur actif un effort consistant en faveur de la décommunalisation du sport à Maurice. Sous leur tutelle, plusieurs infrastructures sportives municipales ferment leurs portes aux équipes se référant nommément à certaines communautés ethniques ou religieuses. Ces nouveaux règlements apparaissent pourtant inacceptables à des promoteurs et organisateurs de certaines rencontres sportives. Ils deviennent plus particulièrement intolérables à ceux, ayant des roupies à la place des yeux et pour qui le plaisir sportif le plus palpable et de compter et recompter les recettes des rencontres les plus populaires car faisant appel aux instincts les plus bas et les plus diviseurs des masses de spectateurs noubanistes, de ceux n?appréciant le geste sportif que si son auteur fait partie de leur communauté.

Cette tentative de recommunaliser la pratique du sport à Maurice est immédiatement et vivement dénoncée. Même Mgr Jean Margéot, ancien brillant avant-centre du XI sacerdotal des années 1950, se met de la partie : ?Le communalisme dans le sport comme dans les autres secteurs de la vie publique retarde la création d?une véritable communauté nationale? La motion devant la commission administrative de Port Louis me semble un pas en arrière? La question doit être dépolitisée et débattue dans un contexte qui s?élève au-dessus des passions raciales ou de politique partisane?.

Cette motion est l??uvre du membre nommé de la commission administrative de Port-Louis, P. Kistnen. Elle vise à permettre à des commissaires administratifs nommés de renverser une décision prise par un conseil municipal élu par la population portlouisienne.

Les réactions hostiles à cette motion ne se font pas attendre. Abbas Currimjee d?Action Civique la considère rétrograde. Bruno Lai Wai, Haroon Dulloo, Issa Elahee, Sadeck Boodheea, Vijay et Rama Poonoosamy prennent position et estiment qu?une telle motion ne peut être votée sans un scrutin populaire, lui assurant le caractère démocratique voulu. Henri Souchon fait savoir que Port Louis n?a pas besoin de sport communaliste. Josette et Georges Lim Fat parlent d?entreprise de dévaluation.

Parsooramen Kistnen, auteur de la motion incriminée, prétend ne pas vouloir combattre la décommunalisation du sport dans la capitale. Il veut venir en aide à ceux sollicitant l?aide de la commission administrative en lui demandant de leur ouvrir les portes des infrastructures sportives placées sous sa tutelle. Des jeunes allèguent avoir été pénalisés par la municipalité mauve. Il dit ne pas pouvoir pénaliser des sportifs sous prétexte qu?ils sont affiliés à un club au nom sectaire.

Des partis politiques prennent ainsi position contre la motion Kistnen. Le MMM, le PSM et l?UDM font savoir qu?ils sont hostiles à cette motion. Ils la considèrent rétrograde et provocante. Elle retarde d?autant l?avènement d?un vrai mauricianisme. Ils invitent leurs partisans à manifester publiquement leur désapprobation. Le devoir sacré de tout patriote est de favoriser l?émergence d?une véritable nation mauricienne.

La commission administrative passe outre pourtant à ce concert de protestations. Quinze commissaires nommés annulent, le 7 mai 1980, la motion MMM acceptée en 1979 et interdisant l?accès aux infrastructures sportives portlouisiennes aux membres des équipes ayant un nom à caractère communaliste. La motion est acceptée par 15 commissaires sur un total de 30 membres. Les commissaires approuvant la motion Kistnen sont le président Nundoochand, Mme E. Presle, K. Pillay, W. Lee Chok Hing, V. Runghen, S. Rostom, Joe Boussac, P. Prayag, Alex Rima, M. Nina, T. Purransing, A. Doomun et l?auteur de la motion P. Kistnen. Gaëtan Duval et sa s?ur, Ghislaine Henri assistent aux débats sur la motion Kistnen.

M. Kistnen, vice-président du PMSD, fait ressortir dans sa présentation de sa motion, que la mise en pratique de la motion de décommunalisation du sport à Port-Louis, présentée en 1979 par le conseiller municipal Rama Poonoosamy, présente des difficultés notables. Il allègue que cette motion avait des visées politiques et partisanes.

Une pétition, portant la signature de 5 000 personnes, présentée à la commission administrative par le chef de l?opposition, Anerood Jugnauth, sera même qualifiée de ?morceau de papier hygiénique? par un membre de la commission administrative de Port-Louis.

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