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La junte accuse les opposants des attentats, ces derniers démentent
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La junte accuse les opposants des attentats, ces derniers démentent
Les opposants à la junte militaire au Myanmar ont démenti hier toute implication dans les trois attentats quasi simultanés qui ont fait 11 morts et 162 blessés la veille à Rangoun.
La junte militaire a accusé trois mouvements rebelles issus d?ethnies minoritaires (l?Union nationale karen, le Parti progressiste national karen et l?Armée de l?Etat de Shan) ainsi que le Gouvernement de coalition nationale de l?Union de Birmanie (GCNUB) pour ces attentats survenus dans un centre commercial, un supermarché et un centre accueillant une exposition thaïlandaise.
Le GCNUB a fondé un gouvernement en exil après l?annulation par la junte de la victoire électorale de l?opposition en 1990. Cette organisation a rejeté les accusations du pouvoir.
?Nous menons une lutte non violente en faveur de la démocratie et nous rejetons entièrement l?accusation et condamnons les responsables de ces attentats?, a déclaré à Reuters Sann Aung, un dirigeant du GCNUB installé à Bangkok.
Les tensions se sont réveillées en octobre entre la junte militaire et différents groupes ethniques, à la suite d?une purge qui a abouti à l?éviction du Premier ministre Khin Nyunt, artisan de plusieurs accords de cessez-le-feu avec les rebelles.
Manipulation ?
Pour Sann Aung, il n?existe cependant aucune preuve d?une quelconque implication de ces organisations et il soupçonne même une manipulation du régime militaire.
?Nous ne savons pas exactement qui est derrière ça. Le régime peut très bien avoir organisé l?attentat puis accusé l?opposition?, note-t-il.
Le journal Nouvelle Lumière du Myanmar qualifie dimanche le GCNUB et les trois groupes ethniques d??organisations terroristes? cherchant à déstabiliser l?Etat et à perturber ?la paix et le calme communautaires?.
L?Union nationale karen, plus important groupe ethnique armé du Myanmar, a également démenti les accusations de la junte.
?Nous rejetons toute accusation lancée par le gouvernement du Myanmar. Nous désapprouvons ces actes cruels parce qu?ils ont provoqué des dégâts et infligé des souffrances à la population?, a déclaré à Reuters le secrétaire général de l?UNK, Mahn Sha Hla Phan, à partir du QG de son organisation près de la frontière thaïlandaise.
?Quand on n?est pas content de l?armée, alors on doit frapper l?armée et non pas le peuple?, a-t-il ajouté.
L?UNK avait conclu une trêve avec Khin Nyunt début 2004. Le jour de l?arrestation de l?ancien Premier ministre, des représentants de cette organisation à Rangoun ont été brièvement interpellés.
La junte militaire a accusé en avril des combattants de l?UNK du meurtre de huit personnes dans une attaque contre un convoi militaire dans le sud du Myanmar.
De son côté, le Premier ministre thaïlandais, Thaksin Shinawatra, a qualifié ces attentats d??affaire interne? au Myanmar. Il a ordonné l?envoi hier à Rangoun d?un avion de transport de troupes C-130 afin de rapatrier les Thaïlandais qui le souhaiteraient. Aucun Thaïlandais n?a été touché dans les attentats de samedi.
?Il s?agissait d?un engin explosif placé au troisième étage de la foire?, a déclaré un organisateur de la manifestation thaïlandaise à Reuters.
Les trois lieux touchés samedi se situent en périphérie de Rangoon, entre six et 12 kilomètres du centre-ville. Plusieurs autres centres commerciaux ont été fermés par la police par mesure de sécurité.
Le Myanmar a été frappé ces dernières semaines par une série d?attentats à la bombe. Le dernier en date a fait trois morts et 15 blessés sur un marché de Mandalay, à 690 kilomètres au nord de Rangoon, le 26 avril.
Aung HLA TUN
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