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Yannick Noah, spectaculaire Saga Jamaica

8 mai 2005, 20:00

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La partie commence. Pas de round d?observation. ?Je suis mieux que moi quand tu es là.? Noah a le tutoiement facile, systématique et affectueux. ?Je t?explique, ce soir, je suis le chef?, dit-il aux ?potes? et aux ?princesses? qui ont envahi la Citadelle vendredi soir, lors de son unique concert chez nous.

Dans la foule flotte un drapeau rastafari. Yannick annonce la couleur : JamAfrica, Jamaica. Reggae envoûtant et efficace, rythmes de son Cameroun natal. Avec générosité et sourire, le chanteur dégage de magiques décharges d?électricité.

Pour mieux les partager, il ne manquait qu?un écran géant, à la mesure de ce champion devenu une légende de son vivant. Cela aurait évité les sensations douloureuses au cervical, à force de dresser le cou pour l?apercevoir du fond de la Citadelle. À part ce léger inconvénient, la sécurité mise en place par Immedia, Music Machine et Emtel, s?est révélée redoutable, en ce qu?il s?agit de repérer les spectateurs, armés d?appareils photos et de caméras, un peu trop entreprenants.

Le vent lui, n?a eu de cesse de tourmenter les murs du vieux fort, faisant glisser la chemise largement déboutonnée de Noah sur son épaule. ?On fait pas ?yé? mais ?uh hein.? Le chanteur motive le public comme un capitaine au moral de gagneur. Envolée la réserve de celui qui disait, au lendemain de son arrivée chez nous, ?qu?il n?aimait pas parler fort.?

Ose. Le public donne de la voix, le charisme de Noah explose. ?Du soleil comme s?il en pleuvait.? Les projecteurs relayent le message, illuminant une Citadelle pleine comme un ?uf trois heures durant. Une foule dense, où le va-et-vient de certains a gêné pas mal les autres. Une assistance qui a répondu avec enthousiasme aux exhortations pour ?lever les bras en l?air? et démentir le fait ?d?être très fatigué.?

Le tant attendu Saga Africa arrive après une heure de concert. C?est l?apothéose. Emporté par l?intensité du moment, Yannick Noah tombe la chemise, se jette à corps perdu dans la foule, la traverse pieds nus, sans jamais s?arrêter de danser. Sans reprendre son souffle, il grimpe les marches jusqu?en haut du fort, nous gratifiant de quelques vigoureux coups de reins. Preuve que l?ancien sportif de haut niveau n?a rien perdu de son endurance.

?J?ai remarqué que les gens ont du mal à prendre au sérieux quelqu?un qui a l?air de s?amuser?, avait-il déclaré. C?est certain. Le public de la Citadelle n?en fait pas partie. Il s?est laissé prendre par la main, ?comme ces gamins qui viennent vous voir et qui vous regardent comme si vous étiez un dieu.?

Après ce marathon, les lumières s?éteignent. Yannick lance : ?A l?année prochaine.? Certains croient que c?est fini. Que nenni ! Transition en douceur vers une deuxième partie étonnante, exclusivement consacrée à des reprises. À coup de guitare et tonnant de la voix, Yannick Noah s?attaque à La bombe humaine, puis aux classiques du roi Marley : Redemption Song, Get Up Stand Up, Exodus, avant de céder l?avant-scène à ses choristes. À tour de rôle, ils se sont présentés dans la lumière, soit pour zouker, soit pour emprunter le Highway to Hell. Tous pour nous faire vibrer aux sons de messages simples et sains.

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