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La National Art Gallery se dote d?une vitrine virtuelle

9 mai 2005, 00:00

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Paradoxal système. La National Art Gallery (NAG) n?a pas d?espace d?exposition. Ce qui ne l?empêche pas d?accueillir les artistes de façon permanente. Présentation virtuelle rendue possible sur la Toile. Le site Web de la NAG est en ligne depuis une semaine. Son adresse est http://www.nagmauritius.org.

Fenêtre ouverte sur l?institution mais surtout sur les plasticiens, le site se veut un espace évolutif qui fera de la place, à terme ?à des artistes disparus, tels Malcolm de Chazal et Serge Constantin.? Thivy Naiken, directeur de la NAG, est catégorique : ?la galerie ne prétend pas avoir le monopole de l?art. L?approche adoptée est la plus tolérante possible. Son but : être, entre autres, un service-conseil pour ceux qui veulent monter des expos.?

S?il a pris ses fonctions le 1er avril, le ton du directeur de la NAG ne laisse aucune place aux canulars. D?un revers de la main, il balaie les ?débats infernaux? sur l?art mauricien, les lenteurs administratives et le manque évident de moyens.

Son propos n?est pas de savoir si l?art mauricien existe, ce qui le définit. ?Nous voulons avant tout développer une base de données.? Après avoir produit un répertoire des artistes mauriciens en 2003, ce sont les clins d??il qui forment le logo de la galerie qui nous invite à la balade entre les paysages d?Anna Lan, les photos sans CV de Krishna Luchoomun, Kalma Oodun et Nirmal Hurry, entre autres.

Si le conduisant au rapport annuel 2003-2004 n?est pas opérationnel, les différentes filières artistiques proposées par le Mahatma Gandhi Institute (MGI) et l?IVTB figurent bien sûr le site. ?Le programme de Higher School Certificate inclut un module qui exige de l?élève qu?il rencontre un artiste, qu?il commente ses ?uvres et son parcours. Ils sont nombreux les élèves qui viennent me voir parce qu?ils ne savent pas comment faire pour joindre les plasticiens. Le site ? et la galerie ? a une mission de facilitateur?, explique Thivy Naiken.

Événements majeurs

En sus de cette fenêtre ouverte sur le monde et de la publication ?prochaine? d?un bulletin, la NAG planche sur son projet de conversion du Château de Mon Plaisir ? situé au c?ur du Jardin botanique de Pamplemousses ? en galerie d?art nationale. Le processus a d?ailleurs reçu une dotation budgétaire, lors de l?exercice 2005-2006, avoisinant le million de roupies. ?Le projet respecte le cachet du château?, précise Thivy Naiken.

L?espace hautement touristique abritera alors les collections conjointement gérées par la NAG et le Mauritius Museums Council. Parmi : les peintures de Streatfield, les acquisitions de galerie, dont des ?uvres de Sylvio de Lapeyre, de Jaya Bucktowar et d?Élodie Rambert, ainsi que les nombreuses donations faites à la NAG.

En attendant, la galerie planche sur deux événements con-sidérables. Le premier : la rétrospective consacrée à Hervé Masson, sa peinture, ses écrits journalistiques et son engagement politique.

Exposition accompagnée d?un cycle de conférences et d?une donation d?une dizaine d??uvres de Masson par Michel Dauber-ville, galeriste parisien, à l?état mauricien, l?événement bénéficiera du soutien de la fille d?Hervé Masson, Brigitte, de la commissaire de l´exposition, Barbara Luc et de son biographe, Bernard Lehembre. Autre rendez-vous attendu : la deuxième édition de la Triennale d?Art Contemporain de Maurice. Initialement prévue du 15 novembre au 1er décembre 2005, les dates sont toujours au c?ur des discussions.

CHEMINEMENT

Le processus de création

  1. La National Art Gallery (NAG) a été créée en juin 1999. Son premier conseil d?administration, composé de 11 membres, fut mis sur pied en mai 2001. L?exécutif actuel est placé sous la présidence de Breejan Burrun, en poste depuis le 1er mars 2004. Parmi les onze membres du conseil d?administration ? nommés pour la période 2004/2007, cinq sont des artistes. Ils sont Dhyaneswar Dausoa, Neermala Luckeenarain, Jeanne Gerval Arouff, Said Hossanee et Hans Ramduth.

Guidée par un Plan stratégique qui s?étend jusqu?en 2008, elle s?est concentrée sur l?élaboration d?un réseau de contacts, notamment avec la Lalit Kala Academy et le National Museum de la Grande Péninsule. Les efforts pour la promotion de l?art sur les plates-formes internationales ont abouti à la participation des plasticiens à de nombreuses manifestations. En 2003, des ?uvres de Mauriciens ont été exposés au Festival Multidisciplinaire de la SADC en Afrique, à la Biennale de Beijing en Chine et à la Biennale du Caire en Egypte. Les ?uvres de Nirveda Alleck, Khalid Nazroo, Nirmal Hurry et Nalini Treebhobun ont aussi été accrochées aux cimaises de la Triennale de l?Inde en janvier 2005.

  1. Une direction contestée

La première année de Thivy Naiken dans le fauteuil de directeur de la NAG a été marquée par plusieurs contestations. Sa nomination avait poussé Emmanuel Richon a entrer une action en cour, une plainte retirée en janvier de cette année. Il fut établi que le plaignant ne possédait pas les qualifications requises pour être directeur de la NAG, alors qu?il remettait en cause la nomination de Thivy Naiken.

Un litige est aussi apparu du côté de Ismet Ganti et Firoz Ghanty. Ils ont démissionné de toutes instances de la NAG en déplorant la ?mauvaise gestion, la situation malsaine et les coups bas? qui y auraient cours. Leur départ fait suite aux discussions entourant la participation mauricienne à la 2e Triennale d?Art Contemporain en Chine. Selon eux, les critères pour la composition du jury local devant choisir les ?uvres qui seront envoyées en Chine sont flous et arbitraires. Les démissionnaires ont envoyé deux lettres au Premier ministre sollicitant son intervention dans cette affaire. Ils ont aussi fait parvenir une copie à l?ICAC. Une opposition qui laisse Thivy Naiken ?serein et assuré du soutien du conseil d?administration.?

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