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Bizin changement
par Nazim ESOOF
Il faut croire que Navin Ramgoolam soit un véritable fardeau, au-delà de l?adhésion inconditionnelle des partisans travaillistes, pour que certains dirigeants rouges mettent autant d?ardeur à essayer de convaincre qu?il a changé. Sans doute tout homme a droit à une autre chance lorsqu?il a échoué une fois. Mais le constat d?échec en politique est implacable parce qu?il signifie que, pendant cinq ans, on peut prendre le risque de remettre les rênes d?un pays entre les mains d?un homme qui n?a pas su jusqu?ici faire ses preuves.
Quant à changer, il demeure que, chaque matin, on se réveille avec l?intention de changer en mieux. Ce n?est pas pour autant qu?on y parvient. La question n?est donc pas à ce niveau. Il ne s?agit pas pour les prochaines élections de savoir si Navin Ramgoolam a changé, s?il mérite une nouvelle chance ou encore si l?image du lion correspond vraiment au personnage. Il est plus judicieux de saisir le personnage dans son cheminement. Un tel exercice révèle quelques clefs significatives.
Navin Ramgoolam a toujours, à cet effet, projeté l?image d?un aficionado, d?un dur à cuire et d?un battant politique. Il débarque à Maurice pour faire capoter le projet de République. Il se mêle à la lutte électorale pour déloger Anerood Jugnauth et maintenant il veut convaincre qu?il se bat contre le grand capital. C?est en somme l?image d?un héros des temps modernes. Qu?il se trompe d?époque n?est pas important mais qu?il ne fasse rien pour masquer la légèreté de son engagement et de ses actions révèle une indifférence certaine à l?égard de l?électorat. C?est en fin de compte un engagement par réaction. C?est loin d??uvrer dans un esprit positif. Ce ne sont certainement pas des caractéristiques d?un homme d?État.
Mais, comme à Maurice, nous avons moins tendance à élire des hommes d?État que des dilettantes et des beaux parleurs, Navin Ramgoolam n?a pas à s?inquiéter. Il a le bon pedigree pour être Premier ministre. Il l?a d?ailleurs été en vendant du vent et en ensommeillant toute une population et tout un pays pendant quatre ans et demi. Le nouveau pari consiste désormais à moderniser le pays avec dix propositions à réaliser en 100 jours là où des hommes, de SSR à SAJ, ont pris des décennies pour poser les fondements d?une nation. Il faut être drôlement culotté pour avoir de telles ambitions! Mais ça, c?est du Navin Ramgoolam qui a changé?
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