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COMMENT SE PREPARE L?OFFENSIVE
Les principaux agents des deux alliances sont en stand-by. Certains d?entre eux ne connaissent pas encore les noms des candidats qui seront désignés dans leurs circonscriptions. Mais une chose semble être sûre : la grande particularité de cette campagne électorale est qu?elle sera articulée autour d?activités de proximité.
Au lieu de déployer des moyens considérables pour amener les électeurs aux meetings et importants congrès, les partis comptent privilégier le contact avec les gens dans leurs localités, et cela sans fanfares. Plusieurs agents des deux camps ont deux mots à la bouche quand on les interroge : « campagne sous-marin. »
La méthode avait été testée avec succès par l?Alliance sociale lors de la partielle de décembre 2003 à Piton-Rivière-du-Rempart. Tandis que l?alliance MSM-MMM dépensait son énergie et son argent à organiser des dizaines de congrès et de meetings tapageurs à travers la circonscription, les travaillistes s?employaient à aller à la rencontre des habitants des villages par du porte-à-porte systématique et surtout de petites réunions de quartier? dans la plus grande discrétion.
Les habitués des campagnes expliquent ce changement de stratégie par un changement d?attitude des électeurs. Un candidat qui passe en toute hâte entouré d?une dizaine d?agents et de sympathisants, cela n?a que peu d?influence sur l?électeur indécis qui voit ce cirque à chaque élection. « Kandida-la vini, dir bonzour, koz de-mo apre li dir vot so lalians. Li pa sifi sa », note un agent rouge de Vacoas.
Lors des meetings et congrès, dès qu?une personne élève la voix pour contredire un orateur, elle est soit gentiment mise à la porte soit invitée à se taire. Rien de cela dans les petites réunions. Ces rencontres en petits comités permettent aux candidats d?être plus flexibles dans leur discours politique mais aussi de répondre aux critiques parfois sévères et aux craintes des électeurs par rapport à leurs situations personnelles.
<B>Allumer le contre-feu</B>
« Dépendant de là où va le candidat, il va tenir un discours taillé sur mesure pour son auditoire du jour. Cinq familles que l?on rencontre à Triolet ne vont pas avoir les mêmes préoccupations que dix autres personnes présentes lors d?une réunion privée à Baie-du-Tombeau trois jours plus tard », explique un agent de l?alliance gouvernementale actif à Pamplemousses-Triolet. Pour parler crûment, les petits comités sont les lieux idéaux permettant à chaque candidat de parler librement et également de rassurer ceux de sa caste ou de sa communauté.
Sur le terrain, chaque camp prépare ses agents responsables des différentes localités des circonscriptions pour qu?ils mettent en place rapidement le calendrier de ces petites réunions. La méthode suivie est simple. On effectue un regroupement par catégorie : voisins, familles influentes (surtout en milieu rural) et groupes ethniques. Les agents persuadent ensuite des membres de chaque groupe d?accueillir une petite réunion qui peut regrouper de 20 à plusieurs dizaines de personnes dans certains cas. L?occasion pour les candidats, et parfois les leaders eux-mêmes, de dire à quel point ils sont à l?écoute du quartier, de la communauté ou de la « famille ».
Le jeu ne s?arrête pas là. Les agents sont aussi chargés d?allumer des contre-feux. Une réunion réussie par l?adversaire auprès d?un groupe appelle une autre réunion pour convaincre le même groupe que l?on va faire davantage pour eux. C?est ce qui s?était passé à la partielle de Piton-Rivière-du-Rempart (n° 7). Alors que le candidat MSM était sorti satisfait d?une réunion privée, les agents rouges réorganisaient une réunion avec les mêmes personnes pour répondre au discours tenu par l?adversaire auparavant. Les agents disent rester vigilants par rapport à de tels revirements durant cette campagne. « Si bizin reale asoir pou al get bann dimoune-la et reexplik zot apre ki ladverser inn pase, sa osi nou pou fer », explique un agent mauve de cette circonscription.
Mais une campagne sans meetings et congrès bruyants n?en serait pas vraiment une. « Pa pou ena bel latente partou tou le soir », préviennent toutefois les agents des deux bords. Mais un « service minimum » sera assuré. Ainsi au n° 7, un peu moins d?une dizaine de meetings sont prévus dans les plus importants villages. Les lieux ont déjà été arrêtés, certaines dates aussi. Et ce, dans les deux camps.
On n?attend plus que les candidats pour lancer la machine.
<B>LA « COM »</B>
L?alliance au pouvoir fera campagne sur grand écran. Un film sera réalisé par un jeune professionnel. Il se fait actuellement la main à Mumbai. Il a mis sur pellicule une première série d?images à l?occasion du congrès du MSM, en avril.
Le premier numéro du Progrès, journal de campagne du MSM-MMM, est paru. L?hebdomadaire, en vente à Rs 10, est imprimé par la filiale locale d?AAPCA, propriétaire du Matinal. La décision d?allouer le contrat d?impression à AAPCA aurait été prise par l?un des deux leaders de l?alliance. Sidharth Bhatia, le CEO de l?entreprise, aurait eu un entretien avec cette haute personnalité la semaine dernière afin de finaliser les derniers détails de la publication.
L?opposition a quant à elle approché un autre fils du sol, établi à Singapour, pour lui prêter main-forte. Ce consultant a été invité à mettre au point un logiciel de gestion de campagne.
<B>LES MEETINGS</B>
L?alliance MSM-MMM a élaboré une liste de meetings où la présence des deux leaders est réclamée. La série débute le vendredi 20 mai, à Stanley-Rose-Hill, fief de l?actuel Premier ministre. Elle prendra fin par un meeting national, le dimanche 26 juin, à Quatre Bornes. L?Alliance sociale met actuellement la dernière main à son calendrier de meetings. Dharam Gokhool, secrétaire général du PTr, laisse entendre que le programme sera prêt dans le courant de la semaine.
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