Publicité
L?accident de trop pour l?île-aux-Cerfs
Il voulait s?offrir quelques heures de détente à l?île-aux-Cerfs. Philippe Darène, un journaliste parisien de 41 ans, y a trouvé la mort vendredi. Ce nouvel accident dans le lagon de Trou-d?Eau-Douce a vite débouché en bras de fer entre les opérateurs de bateaux de plaisance de la région et le ministre du Tourisme, Anil Gayan.
Philippe Darène était en vacances depuis mardi, en compagnie d?un ami, Kamel Hamida, âgé de 29 ans. Le premier est mort sur le coup lorsque la bouée sur laquelle ils se trouvaient a percuté de plein fouet le ponton du parcours de golf de l?île-aux-Cerfs : la corde reliant la bouée en caoutchouc et le bateau s?est rompue lorsque le hors-bord a négocié un virage rapide. Kamel Hamida s?en est tiré avec une fracture à la jambe et des contusions multiples sur tout le corps.
<B>Le skipper n?était pas assez mûr</B>
Anil Gayan estime que cet accident aurait pu être évité si le hors-bord avait été man?uvré par un skipper qualifié. Il s?appuie sur le fait que le skipper, David Domingue, 30 ans, ne détenait qu?un permis provisoire. Mais pour les opérateurs de Trou-d?Eau-Douce, il s?agit là d?un argument qui ne tient pas la route : même s?il avait un permis, commentent-ils, il n?aurait pu éviter cette catastrophe.
« D?abord, il n?y a pas de limitation de vitesse à l?endroit où l?accident s?est produit. C?est peut-être vrai que le skipper n?était pas assez mûr. Il aurait du vérifier la corde avant de sortir en mer avec les touristes, pour s?assurer qu?elle n?était pas usée ou qu?elle ne s?était pas chauffée», concède toutefois Prem Beerbaul, président de la Trou-d?Eau-Douce Pleasure Craft Association (TDDPCA). « Il aurait également dû prendre la précaution de ne pas trop s?approcher du rivage et surtout du ponton. A charge maintenant aux autorités de vérifier si la longueur du ponton était aux normes », poursuit Prem Beerbaul.
De son côté, Jean-Claude Dardenne, propriétaire de bateaux, note que « la jetée construite pour accéder au parcours de golf gêne la circulation des bateaux. Le passage est étroit et rend le trafic très difficile dans le lagon où les activités nautiques sont pratiquées. Quand la corde a cédé, les deux se sont écrasés contre lui. S?il n?y avait que la plage, il n?y aurait pas eu ce malheur».
Les opérateurs sont unanimes sur la nécessité d?engager des pourparlers avec l?Etat afin de délimiter des zones spéciales réservées aux différentes activités nautiques. « Il est temps que des dispositifs de sécurité, dont des balises pour délimiter les zones à risques, soient installés non seulement dans les endroits fréquentés par les touristes, mais autour de l?île. Nous sommes disposés à aider le gouvernement», explique Jean-François Pitot, de la Boat Owners and Builders Association.
Les opérateurs font également ressortir que le parachute ascensionnel se fait déjà près des brisants et au-dessus de l?île-aux-Cerfs. « Il faudra décider où tirer les bouées et autres bananes gonflables. »
Dans la journée d?hier, la police et les gardes-côtes ont mené l?enquête pour connaître les raisons du drame. Le skipper s?est rendu à la police de Trou-d?Eau-Douce en compagnie de Me Marion Hélène, avocat de son employeur, pour donner sa version de l?accident.
Le corps de la victime, décédée d?une fracture du crâne, selon le médecin légiste, Satish Boolell, sera rapatrié cette semaine.
Publicité
Publicité
Les plus récents