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Carmen sous le regard de Guy Lagesse

2 mai 2005, 00:00

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La belle Carmen quitte la taverne de Lilas Pasta pour le Café du Vieux Conseil. Ce n?est pas une farce. C?est le pari de Guy Lagesse, metteur en scène et acteur, qui trouve le lieu très naturel et source d?inspiration. Mais pourquoi Carmen ? Parce que c?est une ?uvre qui le fascine depuis qu?il y a 15 ans, confie-t-il. Et puis, c?est sa façon à lui de faire découvrir l?opéra aux Mauriciens. ?Carmen est une ?uvre qui bouge, qui a du punch, une intrigue, chose rare dans un opéra.?

Guy Lagesse est loin d?être un nouveau venu sur les planches de la comédie musicale. Il détient un parcours impressionnant (plus d?une cinquantaine de spectacles), partant de Un homme parmi les autres (1976) jusqu?à Starmania (2004). Tout commence en 1964 avec le spectacle son et lumière, La nuit du Séga sur les flancs du Morne. Certains à l?époque l?ont même traité de fou.

Dans le style légèrement décalé et innovateur, Guy Lagesse n?a pas changé. Il nous réserve une surprise dit-il, ?au niveau de la bande son.? Ce qui n?étonne pas, puisqu?Ingrid Blackburn (celle qui tient le rôle-titre) nous confie que Guy a ?voulu tout faire à sa façon.? Eva Dalais, elle aussi de la Fondation spectacle et lumière, s?occupe de la chorégraphie. Pour Carmen, Eva Dalais, que l?on ne présente plus, dispose de six danseurs professionnels, une brochette de son choix, des habitués du circuit hôtelier.

Il faut préciser là que Guy Lagesse a décidé de réduire certaines scènes de duos ou de foule. Il voulait du ballet mais surtout, que le spectateur mauricien ne soit pas lassé. Au final, le spectacle dure une heure et demi, et non les deux heures et demi de l?opéra original de Georges Bizet. Dans sa version, des gens sortent, des gens entrent?même par la petite porte de derrière.

La grande spécialité des pièces dirigées par Guy Lagesse, c?est le playback dont il vante la synchronisation irréprochable. Pourtant, ce n?est pas là que réside le plus dur. Selon lui, c?est la mise en scène, les duos et surtout les petits détails ?qui sont les plus importants.?

<B>Plus de disposition et de fougue</B>

Pour le casting, Guy Lagesse a choisi de jeunes acteurs. Rien avoir avec le film de Franco Zeffirelli où l?actrice et les autres acteurs portent avec puissance l?âge mûr. ?Les jeunes ont plus de fougue et sont plus disposés?, déclare le metteur en scène.

Ingrid Blackburn n?est pas un visage inconnu. La People?s Choice du Miss World Mauritius ?98 en est à son premier rôle dans un spectacle. L?an dernier, elle a tenu le premier rôle dans l?adaptation au cinéma du roman La Cathédrale d?Ananda Devi. Le film est actuellement en montage à Genève, nous confie la jeune prof de danse de 27 ans. Fabien Commarmond, Marketing Manager d?une compagnie de textile incarne Don José.

Il a fallu huit mois de travail en duo aux deux acteurs principaux pour monter cette ?uvre. ?C?est se mettre dans la peau de ce personnage à milles facettes qui a été le plus difficile?, avoue Ingrid Blackburn.

Rendez-vous donc au Café du Vieux Conseil pour la représentation de l?opéra le plus joué au monde. Les billets sont en vente à Rs 275, sauf pour les adhérents Otayo (Rs15O) chez tous les guichets Otayo (Grand-Baie, Quatre-Bornes, Curepipe, Rivière-Noire et Caudan Waterfront).

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