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He got game

1 mai 2005, 00:00

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Le terrain de basket est un refuge. Une forteresse de solitude, où l?on se rend pour réfléchir ou tout simplement pour chercher un peu de quiétude.

Ce nirvana, ce lieu magique, Ghislain Fanny, 26 ans, ne peut vivre sans. C?est la passion du jeu ou plutôt « The love of the game », comme on le dit si bien aux States, qui l?a propulsé comme l?une des références de l?océan Indien.

Ghislain Fanny sur le toit du basket indianocéanique, c?est loin d?être un rêve, c?est bel et bien la réalité.

L?ailier du Real de Port-Louis vient en effet d?être sacré, pour la deuxième fois de sa carrière, Most Valuable Player (MVP) du tournoi de la Coupe des clubs champions de l?océan Indien (CCCOI), la semaine dernière à Madagascar.

Après avoir remporté ce titre en 1999 aux Seychelles, il devient ainsi le premier basketteur de l?océan Indien à décrocher deux fois cette récompense. Un exploit sans précédent !

La pudeur d?un genie

Ce titre, une reconnaissance de son talent, de la qualité de son jeu, Ghislain l?apprécie certes, mais c?est loin d?être aussi enivrant que de partager sa passion du jeu avec ses coéquipiers du Real.

« Je suis heureux de ce titre de MVP. Mais, ce titre est avant tout une récompense collective. Sans mes coéquipiers, je ne suis rien. Ce sont eux qui me permettent de m?exprimer comme je le désire sur les parquets. C?est aussi leur titre, peut-être même plus le leur que le mien? », avoue Ghislain Fanny.

« Mais, ça ne se limite pas uniquement qu?aux joueurs. C?est toute la famille du Real, ce qui inclut le coach Patrick Callychurn, les dirigeants, les sponsors. Bref, tous ceux qui nous ont permis de vivre cette aventure malgache. Et comment oublier l?énorme contribution du directeur technique national, Faïda Antoine de Padoue », insiste-t-il.

Ses rêves, c?est avec beaucoup de pudeur et un brin d?amertume que Ghislain Fanny en parle. Il semble que les rêves ne se soient, malheureusement, pas concrétisés, pour au fil des années s?effriter. Il ne le dira pas ouvertement, mais, à ses hésitations, on sent bien que certains regrets le rongent? Après tout, n?est-ce pas une réalité du sport mauricien ?

« Je voudrais aller plus haut, plus loin dans le basket? Mais l?âge fait maintenant défaut. Et puis, il n?y a pas de structures qui permettent aux basketteurs de faire une percée au plus haut niveau », regrette-t-il.

Toutefois, à un certain moment de sa vie, ses rêves ne relevaient pas de l?utopie. C?était il y a quelques années, alors que Jacques Cachemire, une référence en matière de basket, s?occupait du centre de formation.

Jacques Cachemire a, de toute évidence, laissé une trace indélébile dans la vie de Ghislain.

« C?est un homme extraordinaire. Il m?a tout appris? », lâche-t-il spontanément, non sans nostalgie. Et il reprend, d?un ton sec : « Si Jacques était encore là, c?est sûr qu?on aurait pu faire une percée à l?étranger ! »

Admiratif

Ghislain Fanny en est convaincu, avec Jacques Cachemire, ces jeunes du centre de formation de basket auraient réussi une belle carrière outremer.

Qui aurait dit que ce gamin, qui a découvert le basket au Saint-Joseph, allait, quelques années plus tard, devenir le meilleur joueur de l?océan Indien ?

« Il y avait une vraie culture du basket au Saint-Joseph, et franchement, il était difficile d?y échapper. On était tout de suite aspiré dans ce tourbillon », se souvient Ghislain Fanny.

Aujourd?hui auréolé de deux titres de MVP au niveau de l?océan Indien, Ghislain Fanny voue une franche admiration pour un autre joueur qu?il côtoie depuis ses débuts. Anciens copains de classe, ils sont les joueurs cadres du Real de Port-Louis.

« Pour moi, c?est le meilleur? », dira-t-il, tout simplement, en parlant d?Andy Tanner. C?est visiblement un joueur d?exception aux yeux de Ghislain Fanny.

« Dans les moments les plus difficiles dans un match, c?est Andy Tanner qu?il faut avoir à ses côtés. Tous les obstacles sont surmontables quand vous le savez à vos côtés. Et je ne vous dis pas l?impact qu?il a sur les adversaires », raconte Ghislain Fanny. Et ce n?est pas du bla bla, ces mots viennent du coeur?

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