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Pour une démocratie participative
En matière de démocratie, les priorités divergent selon les personnes consultées. Elles vont de la création d?une deuxième chambre parlementaire à l?instauration d?une démocratie participative. Pour Rosario Domingue, avocat et chargé de cours à l?université, la priorité des priorités demeure l?égalité du citoyen. « Il faudrait que l?égalité du citoyen soit mieux garantie et que la compétence soit le seul critère au niveau des prises de décision et dans le regard que les dirigeants jettent sur le citoyen. À commencer par le choix des candidats. »
Quelle que soit la façon dont les candidats sont choisis, il importe, selon Roody Muneean, que l?électeur puisse se prononcer sur la performance et le comportement de celui qu?il a désigné pour le représenter au Parlement. Pour éventuellement pouvoir le sanctionner.
Pour Roody, responsable du groupe Rev Lib, cercle de réflexion qui regroupe une soixantaine d?étudiants de l?université de Maurice, « il faut instaurer une démocratie participative de façon à ce que l?électorat qui a voté pour un député puisse avoir également les moyens de le révoquer. Il faudrait définir les critères appropriés qui permettraient à l?électeur d?avoir son mot à dire entre deux élections ».
Selon lui, les élus devraient avoir une responsabilité accrue devant les électeurs. Il pense à une procédure d?impeachment initiée par les citoyens. Roody Muneean estime que l?élu ferait l?objet d?une pétition publique s?il lui arrivait de se placer dans une situation controversable.
L?idée de placer le député sous la vigilance permanente de l?électeur, pour alléchante qu?elle puisse être, n?a rien de nouveau. Elle a figuré, au début des années 1970, au programme gouvernemental du MMM, mais n?a pas eu de suite lorsque ce dernier s?est retrouvé à l?hôtel du gouvernement.
Autre proposition qui a déjà figuré dans un manifeste électoral : la création d?une deuxième chambre parlementaire. Moorli Gujadhur, observateur passionné de la chose politique, est d?avis que la création d?un Sénat, projet mentionné dans le manifeste de l?alliance PTr-MMM, à l?approche des élections de décembre 1995, serait « un garde-fou acceptable et crédible contre tout excès de la majorité parlementaire ».
Il suggère la création d?une chambre d?une trentaine de membres triés sur le volet. Les sénateurs seraient élus par un collège électoral constitué d?universitaires, de représentants d?associations professionnelles entre autres. Pour éviter toute dépense supplémentaire aux contribuables, notre interlocuteur propose que l?on réduise le nombre de députés à l?Assemblée nationale.
Les économies ainsi réalisées serviraient ainsi à financer une partie du fonctionnement de la nouvelle chambre parlementaire. Il voit dans la création d?une telle instance consultative, un moyen efficace de mettre à profit un vaste éventail de compétences.
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