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Un virus non identifié se propage

30 avril 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Des échantillons de sang d?habitants d?un quartier de Port-Louis ont été envoyés au laboratoire virologique d?Amsterdam. Les résultats d?analyse sont attendus la semaine prochaine. Il s?agit des résidents de la région entre la rue Arsenal et la rue La Paix. Depuis bientôt un mois, ils disent souffrir d?une maladie inconnue et certains ont vite fait de conclure que les responsables de cette « épidémie » seraient des ressortissants des îles avoisinantes, plus précisément des Comores. Selon eux, un virus se serait propagé à la suite des grosses pluies de mars.

En raison de la montée alarmante du nombre de cas rapportés aux dispensaires et à l?hôpital Jeetoo, le ministère de la Santé a fait procéder à la prise de sang de plusieurs patients. La maladie ne pouvant être identifiée à Maurice, la décision d?un recours à l?étranger a été rapidement prise.

S?il s?agit d?un virus, certaines possibilités ont été écartées. Selon le chief medical officer du ministère de la Santé, le Dr Shyam Sungkur, il s?agirait davantage du Chikungunya que du virus de la Dengue, comme le pensaient certains. Le virus de Chikungunya n?est pas mortel, mais ceux qui en sont atteints souffrent de fortes douleurs pendant quelques jours. Ces douleurs ressemblent fort à celles d?une crise d?arthrite car elles sont ressenties dans les jointures.

Les symptômes sont d?abord des rougeurs, puis de la fièvre (pas dans tous les cas rencontrés) et une douleur aux articulations, surtout le matin, au réveil. Le Chikungunya a été classifié Arthritic Virus. La période d?incubation est de deux à trois jours, mais peut atteindre 12 jours. Le virus de Chikungunya fait partie du groupe des Alphavirus qui se caractérisent par une forte fièvre et une polyarthrite.

Les habitants des régions identifiées font souvent état d?une sensation d?être crippled (paralysé). Interrogé, un travailleur social évoque le cas de son voisin qui serait tombé et resté paralysé sur le sol pendant presque 24 heures. Selon lui, un bon millier de Port-louisiens serait affecté.

Mira S., 45 ans, habitante de la rue Arsenal a développé cette maladie depuis cinq semaines. Presque à cette même époque, une épidémie de dengue-like (chikungunya) sévissait en Grande Comore où les autorités recommandaient de se protéger des piqûres de moustiques au moyen de répulsifs et de vêtements couvrants. Mira a, elle aussi, souffert atrocement de jointures enflammées. « Sak kat er de tan bizin pran kalman ek li fer mal sirtou dan gramatin kan fek leve». Mais elle précise qu?elle n?a pas souffert de maux de tête : cela renforcerait la thèse du Chikungunya et serait une des différences entre ce virus et celui de la fièvre Dengue.

Dans quelques jours, les résultats du laboratoire d?Amsterdam donneront la raison de cette maladie. Entre-temps, et pour bien des raisons, l?élimination de foyers de moustiques devrait être de mise

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