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Le marquage de thons en route
Attraper des poissons, leur coller une étiquette (tag) et les rejeter ensuite à la mer. Une drôle d?idée qui fait peut-être sourire. Ainsi, ce sont entre 80 000 à 100 000 thons qui seront ainsi étiquetés dans le cadre d?un programme de marquage.
Si le coût du lancement du programme régional de marquage des thons par la Commission de l?océan Indien (COI) en mai est onéreux, il sera cependant entièrement financé par l?Union européenne (UE) à hauteur de Rs 600 millions.
Ce programme, qui aidera Maurice dans son projet de devenir un seafood hub, vise à renforcer les capacités des Etats membres de la COI en matière de gestion et d?exploitation des ressources thonières dans leur zone économique exclusive. Il fournira des données fiables et en quantité suffisante pour pouvoir estimer l?état des stocks et définir des politiques de gestion. S?échelonnant sur 30 mois, ce programme renforcera aussi la contribution du secteur de la pêche thonière au développement écono- mique et social de la COI.
Outre Maurice, la Réunion, les Seychelles, Madagascar et les Comores, le projet s?étendra aussi à d?autres pays riverains de l?océan Indien, dont ceux d?Afrique australe et orientale. Car sous l?Accord de Cotonou, qui régit les relations entre les Etats d?Afrique, des Caraïbes et du Pacifique et l?UE, il n?y a plus d?enveloppe spécifique pour la COI, mais une, globale, de 223 millions d?euros, destinée à des projets régionaux dans la région de l?Afrique australe et régionale.
Les informations sur les paramètres suivants seront collectées : croissance, longévité, migration, mortalité, classe d?âge, effet de dispositif de concentration de poissons et interaction entre les différents types de pêches : senne, palangre, artisanal et industriel.
En matière de pêche thonière, l?océan Indien se différencie fortement des autres, notamment l?Atlantique et le Pacifique dominés par les prises industrielles. Dans l?océan Indien, le volume ramené par les pêcheries artisanales est équivalent au volume pêche industrielle. Les activités liées au thon génèrent annuellement une valeur ajoutée de 108 millions d?euros.
Les pays de la COI bénéficient non seulement de la vente de licences et des revenus liés au déchargement des thons, à l?exportation de thons frais ou congelés ou à la transformation mais aussi des retombées d?un ensemble d?activités économiques liées au secteur thonier. Dont les activités portuaires, l?entretien et la réparation des bateaux, le stockage des produits, les transferts d?équipage, l?approvisionnement et le ravitaillement des bateaux.
A la COI, on estime qu?un programme de marquage de thons, complété par des mesures adéquates telles que contrôle suivi-surveillance et le respect des législations et conventions internationales, devrait contribuer à une meilleure gestion des ressources. Sans compter que les retombées économiques d?une gestion durable des ressources halieutiques vont sans aucun doute profiter directement aux pays de la région en leur permettant d?optimiser les revenus de ce secteur.
Actuellement Maurice exporte, à travers Princes Tuna, 20 000 tonnes de conserves de thon vers l?UE. Sans compter que la nouvelle société Thon des Mascareignes, qui compte employer un millier de personnes, projette d?exporter 25 000 tonnes de filets de thon précuits annuellement. Les revenus de ce secteur proviennent aussi des permis accordés à la quarantaine de bateaux, européens, français et espagnols en particulier, pour pêcher dans nos eaux.
Pour la réalisation du programme deux bateaux, attendus aux Seychelles début mai, ont été affrétés par la Commission des thons de l?océan Indien. Basée aux Seychelles, cette dernière jouera le rôle d?agence d?exécution du projet de la COI. Organisation intergouvernementale et émanation de la Food and Agriculture Organisation, elle est mandatée pour gérer les thonidés dans l?océan Indien et les mers adjacentes. Créée en 1996, la CTOI a pour membres l?UE, l?Australie, des pays d?Asie, du Sud-Est asiatique, d?Afrique et du Sud-Ouest de l?océan Indien.
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