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Jaysen Arumugum : aller au sommet...

28 avril 2005, 00:00

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Le quotidien de Jaysen Arumugum, Britannique d?origine mauricienne, n?est constitué que de finances. Pour s?en évader, il fait de l?alpinisme. Son idée fixe est d?être le premier Mauricien à escalader les sept monts les plus élevés du monde. Jusqu?ici, il a ?vaincu? le Kilimandjaro, en Afrique, et se prépare psychologiquement à affronter les autres.

Jaysen Arumugum, 29 ans, est fasciné par les montagnes qu?il découvre de près lorsqu?il suit à Maurice ses parents ? des Mauriciens ayant passé 25 ans en Grande-Bretagne. Il a alors 13 ans. Il s?adapte à sa nouvelle vie et à sa scolarité secondaire qu?il accomplit à la Régis Chaperon SSS où on le surnomme ?l?Anglais?. Il devient le chouchou des enseignants, surtout ceux de mathématiques et d?informatique, ses matières de prédilection. Grâce à son élocution, il mène l?école jusqu?à la finale du débat inter-collèges mais s?incline devant l?autre finaliste.

Pour s?aérer l?esprit, Jaysen fait de l?escalade et découvre l?île du haut de plusieurs montagnes, dont le Corps-de-Garde et le Pouce. ?Quand je vois une montagne, les battements de mon coeur s?accélèrent et mon taux d?adrénaline grimpe furieusement?, explique-t-il.

Jaysen réussit brillamment sa Form V, se classant premier au niveau national en mathématiques et en informatique. A la fin de ses études secondaires, il se fait admettre à l?université de Bombay, en Inde, où il décroche un Bachelor in science en statistiques. Il regagne ensuite la Grande-Bretagne, où il trouve un emploi de consultant en pensions et investissements. Parallèlement, il étudie pour réussir son examen d?actuaire.

S?étant mis en tête d?être le premier Mauricien à escalader les sept sommets les plus élevés au monde, il s?y prépare en fréquentant des wall climbing centres. Cela fortifie ses doigts. Il muscle ses jambes à coup de courses cyclistes. Se sentant fin prêt, il s?attaque, en novembre 2002, au Kilimandjaro, mont de la Tanzanie, haut de 5 895 mètres. Il met cinq jours pour en venir à bout et deux jours pour redescendre.

Les derniers 2 000 mètres sont les plus durs. ?C?est là que l?on ressent le mal de l?altitude qui se caractérise par des nausées, une sensation de vertige et une faiblesse générale?. A l?écouter, ces symptômes s?estompent une fois au sommet. ?Là où se porte le regard, on voit la nature et tout ce qui se trouve en contre-bas est magnifique.?

Toujours concentré

Pour se faire la main en vue d?attaquer les six autres pics restants ? l?Aconcagua en Argentine, 6 962 mètres, l?Elbrus en Europe, 5 621 mètres, le mont Denali en Amérique du Nord, 6 194 mètres, le pic Vinson en Antartique 4 897 mètres, le Carstenez en Océanie 4 884 mètres et l?Everest en Asie, 8 848 mètres ? en juillet dernier, Jaysen se rend dans les Alpes françaises avec un groupe et escalade le Mont Blanc d?une hauteur de 4 807 mètres.

Au préalable, ils reçoivent une formation sur le maniement des haches de glace et l?utilisation des bottes à crampons, de même que celle des cordes car les alpinistes doivent être rattachés les uns aux autres. Lui et son groupe mettent trois jours pour atteindre la dernière hutte s?y trouvant, prendre quelques heures de repos et sept heures supplémentaires pour accomplir l?ascension finale.

Le tout à une température avoisinant les moins 25 degrés. ?Nous avons démarré à minuit car la neige doit être suffisamment dure pour que les crampons puissent s?y loger. Il fallait rester toujours très concentré pour ne pas dégringoler mais aussi écouter la glace se dilater et se contracter et éviter de faire du bruit pour ne pas déclencher des chutes de neige.? Au sommet, l?émerveillement est encore au rendez-vous. ?Il n?y a que vous et la nature et l?on se sent tout petit. Plus rien d?autre n?existe.?

Si Jaysen veut les escalader toutes, il lorgne surtout du côté de l?Everest. Mais pour y parvenir, il doit trouver le financement voulu car obtenir les permis des autorités concernées, s?équiper en conséquence et retenir les services d?un guide lui reviendraient à près de 30 000 livres sterling. ?Si je réussis l?ascension de l?Everest, les autres monts seront plus faciles à escalader. Je me donne cinq ans pour y parvenir.? Un plan de vie admirablement bien tracé?

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