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L?Union européenne en guerre contre le textile chinois

27 avril 2005, 00:00

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La Commission européenne s?est engagée hier à accélérer son enquête sur le déferlement des importations de textiles chinois après avoir reçu une demande de mesures d?urgence de la part de la France.

?Nous avons reçu la lettre ce matin?, a déclaré Claude Véron-Réville, la porte-parole du commissaire européen au Commerce extérieur, Peter Mandelson.

?Ils demandent la procédure d?urgence pour les neuf catégories?, de produits textiles qui, selon la commission, ont vu les importations aug- menter considérablement.

Le but de ce courrier, signé par le ministre délégué à l?Industrie, Patrick Devedjian, et le ministre du Commerce extérieur, François Loos, est de raccourcir au maximum les délais de la procédure prévue par l?Organisation mondiale du commerce (OMC) lorsque la Chine y a adhéré en 2001.

Dans l?hypothèse la plus optimiste, cela pourrait aboutir dans un délai d?environ 15 jours à l?instauration de mesures de sauvegarde limitant la hausse des importations de textiles chinois qui, pour certains produits, ont augmenté de plus de 534 % depuis le 1er janvier, date de la suppression des quotas.

Selon l?accord d?adhésion de la Chine, la hausse peut, jusqu?en 2008, être limitée sur l?année à 7,5 % par rapport à l?année dernière et serait partiellement rétroactive.

Soucieux de respecter les règles de l?OMC pour ne pas être accusé de protectionnisme au moment où les Chinois viennent d?acheter des Airbus à l?Europe, Peter Mandelson se montre très prudent sur la suite à donner à cette demande, dont la concrétisation doit se baser sur la preuve de l?existence de dégâts majeurs et imminents pour le secteur textile.

Pas de réaction ?exagérément hâtive?

?Je ne vais pas me laisser aller à une réponse ou une action exagérément hâtive?, a-t-il déclaré hier lors d?une visite à HongKong. ?Les décisions seront basées sur des faits pour que nos actions soient défendables.?

Pékin, qui juge les craintes européennes infondées, dans la mesure où les chiffres européens ne tiennent pas compte selon la Chine de l?adhésion le 1er mai dernier de dix nouveaux pays à l?Union, a averti hier que toute action menacerait à terme les relations commerciales sino-européennes.

?Cela contredit le soutien affiché régulièrement par l?Europe en faveur du libre-échange et menace le développement et la stabilité à long terme des échanges, dans le domaine du textile, entre la Chine et l?Europe?, a déclaré Chong Quan, un porte-parole du ministre du Commerce chinois, dans un communiqué.

La France a demandé de court-circuiter la période de consultations informelles avec les autorités chinoises d?une durée de 60 jours, qui est parallèle à l?ouverture d?une enquête, que la commission entend entamer demain.

Si des dégâts majeurs et imminents sont avérés, cela permettrait de passer dès les prochains jours à la phase des consultations formelles d?une durée de 90 jours, dont la durée peut éventuellement être ramenée à 15 jours si la Chine ne fait rien pour auto-limiter ses exportations.

Mais la commission ne semble pas croire à une échéance aussi rapprochée, pas plus, d?ailleurs, que le ministre français des Affaires étrangères, Michel Barnier, qui a évoqué lundi à Luxembourg une décision ?au plus tard cet été.?

?Nous nous efforçons d?accélérer l?enquête?, a expliqué Claude Véron-Réville, Mandelson parlant de la mi-juin pour achever cette phase préalable aux consultations formelles.

La limitation des importations s?appliquerait à partir de la date des consultations informelles, donc rétroactivement.

Le président de l?Union de l?industrie textile (UIT), Guillaume Sarkozy, qui demande aussi des mesures ?d?urgence?, estime que le secteur textile-habillement pourrait perdre en France 15 000 à 20 000 emplois en 2005 si rien n?est fait pour enrayer le déferlement des importations chinoises.

Selon des chiffres de la Commission, les importations de tee-shirts chinois par l?UE ont augmenté de 164 % au premier trimestre 2005 par rapport au premier trimestre 2004.

Cette augmentation atteint 183 % pour les bas et chaussettes, 186 % pour les chemises, 413 % pour les pantalons pour homme et 534 % pour les pull-overs. Elle est de 51 % pour le fil de lin, de 63 % pour les soutiens-gorges, de 139% pour les manteaux pour femme et de 257 % pour le lin tissé.

Source : Reuters

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