Publicité

Les cartes de crédit sonnent la charge

27 avril 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Être dans le mythique Old Trafford, antre de Manchester United. Passer des jours à Disneyland, en famille. Inaccessible ? Il suffit d?utiliser sa carte de crédit pour réaliser son rêve. Un service lucratif où les promotions des banques étrangères se succèdent pour raviver le secteur.

La croissance dans le secteur des cartes de crédit, lancée par la Mauritius Commercial Bank (MCB) en 1998, a été constante au cours des cinq dernières années, le nombre émis passant de 118 198 à 176 864. Une hausse qui frise les 50 % alors que pour les autres cartes, retrait ou d?achat, l?augmentation est de 42 %. Et la somme due sur ces cartes de crédit a atteint Rs 890,3 millions à janvier 2005, contre Rs 536,3 millions en juin 2000.

Les institutions émettant ces types de cartes sont la MCB, avec 50 % du marché, la Hongkong and Shanghai Banking Corporation (HSBC), la State Bank of Mauritius (SBM) et la Barclays.

?Pour la région africaine, le pays est dans la moyenne. Mais en général, vu la tendance dans les pays développés, la route est encore longue?, explique Suren Ramchurn, directeur du département des cartes à la HSBC (Mauritius). Il est également Risk Advisor de Visa et président de la Mauritius Card Fraud Forum (voir hors-texte).

Selon le directeur de la HSBC, quelque 70 % des cartes de crédit ne sont pas utilisées, ce qui révèle la nécessité de sensibiliser les marchands et les titulaires de cartes. Avis partagé par Jean Yves Appassamy, Operations Card Manager de chez Barclays : ?Le marché local est relativement lent et il faut en permanence innover pour attirer de nouveaux clients.?

Ce qui a entraîné un certain dynamisme dans cet univers ces derniers temps, a été l?émission de cartes de crédit en faveur des non-clients de la banque, qui remboursent la somme utilisée par virement, paiement à la caisse ou chèque. Et les deux chefs de file sont la HSBC et la Barclays alors que les principales institutions que sont la MCB et la SBM n?ont pas suivi.

Assister à la rencontre des Diables rouges

?Pour des raisons de sécurité, il n?est pas de notre politique d?émettre des cartes à des non-clients, sauf dans certains cas extrêmes. C?est difficile et pas pratique de téléphoner à des clients pour régulariser leurs soldes?, explique Sailesh Sewpaul, Team Leader à la SBM. À la MCB, ?la banque a adopté la politique de ne donner qu?à ses clients pour les raisons de Know Your Client?, souligne Mario Seblin.

Qui plus est, cette attitude des grandes banques contraste avec celle des banques étrangères, telle la HSBC. D?une part, l?on évoque la certitude que recouvrer l?argent dépensé par le client comporte des risques élevés.

Risque moindre ou conséquent, la HSBC et la Barclays innovent. D?abord, la première offre à ses détenteurs des prix, arrivés à un palier de dépenses de même que des réductions dans de nombreux points de vente.

Et la seconde, la Barclays, va encore plus loin. Avec sa promotion de la Manchester United Barclaycard, un utilisateur participe à un tirage qui peut le mener à Manchester pour assister à une rencontre des Diables rouges. Les moins chanceux ont droit à des prix tels que des photos, des t-shirts signés par les joueurs de Manchester United, entre autres.

Ce secteur est très prometteur, même si la culture des achats en cash est omniprésente. De fait, les principales banques restent positives. ?L?utilisation de la carte de crédit va maintenant au-delà d?un simple achat dans un supermarché ou un restaurant. Elle est acceptée sur l?internet pour des achats en ligne. (?) Bref, elle est un produit d?avant-garde et répond aux attentes de son porteur?, explique Mario Seblin, du département de marketing de la MCB. Un service donc très porteur d?autant plus que la moyenne du taux d?intérêt est de 24 % par an, pour le crédit avancé par les banques.

Le revers de l?utilisation optimale de la carte de crédit est la fraude. L?univers du crédit a donné lieu à des fraudes ingénieuses. La police a récemment procédé à l?arrestation de cinq individus. L?utilisation excessive des fausses cartes a atteint des millions. Une frénésie du shopping vite stoppée. Heureusement. Pour chaque affaire, ce sont les banques mauriciennes qui ont donné le signal et aider à l?arrestation des coupables.

Pas à 100 % à l?abris des frauds

À cet effet, Sailesh Sewpaul, Team Leader à la SBM, affiche la satisfaction du travail bien fait. ?À travers son système informatique, nous avons pu retracer ces fraudeurs. Le logiciel Proactive Risk Management que nous avons à la SBM nous permet d?intervenir dans les minutes qui suivent quant à des transactions douteuses faites par cartes bancaires dans notre réseau.?

Le danger reste réel. Pour être relativement à l?abri, comme le souligne Suren Ramchurn, les banques n?ont aucune alternative si ce n?est d?investir dans la haute technologie. Et la solution finale serait l?émission de cartes à puce, dont les spécifications de sécurité sont supérieures à la présente carte magnétique.

?Le projet EMV qui assure la transition de la carte magnétique à la carte à puce va réduire le nombre grandissant de fraude à travers les cartes de crédit. Les points de vente qui acceptent les cartes de crédit seront aussi équipés de lecteurs de cartes à puce et ce à partir de juin 2005?, annonce Mario Seblin.

Au commerçant et client de jouer le jeu car le monde n?est jamais à 100 % à l?abris des fraudes. ?Il y a des précautions de base qui doivent être observées tant par les premiers que par les derniers. (?) Nous avons vu des cas où le code secret était conservé avec la carte elle-même. Il y a même des détenteurs qui écrivent leur code au dos de leur carte !? fait ressortir Jean-Yves Appassamy.

Au-delà des avantages et désavantages, le marché comptera trois nouveaux concurrents, dont la Rogerscard. Jusqu?ici, ses 30 000 détenteurs ne pouvaient effectuer des achats qu?à Maurice uniquement. L?association avec la Mastercard permettra du coup à ses clients d?acheter dans un plus grand nombre de boutiques à travers le pays et le monde.

PRÉVENTION

Un forum pour pister les fraudeurs

Les banques commerciales ont anticipé la fraude par cartes de crédit. Et depuis deux ans, le Mauritius Card Fraud Forum, regroupant toutes ces institutions, a été mis en place. La présidence revient au directeur du département des cartes de la HSBC, Suren Ramchurn.

Au cours de ses réunions mensuelles, les membres ont l?opportunité de partager leur expérience, d?échanger des don- nées sur la fraude et par la suite mettre en commun les moyens pour combattre la fraude. Ce forum a publié deux brochures: (i) Card Watch pour les détenteurs de cartes, et (ii) Fight Credit Card Fraud pour les commerçants, pour les rappeler les mesures basiques à mettre en pratique pour combattre la fraude.

Publicité