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Esko, le palais des délices

27 avril 2005, 00:00

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L?odeur sirupeuse à la menthe s?installe, titille et va même jusqu?à irriter les narines. Chauds, bleus et translucides, les bonbons s?échappent du déversoir à une vitesse optimale de 640 unités à la minute. Chez Esko, la production se compte par millions, avec un accent particulier sur l?exportation dans la région africaine.

Esko vise gros. Après 37 ans d?existence et une palette allant de la confiserie, des biscuits, des gaufrettes aux nouilles, l?entreprise avec ses 150 employés, brasse un chiffre d?affaires de quelque Rs 100 millions par an. Dans la nouvelle usine à Riche-Terre, au coût de Rs 60 millions, l?expansion continue avec l?acquisition de nouveaux équipements automatisés pour une production optimale avec le même personnel.

Créée en 1969 par Louis Lim, Esko se consacre d?abord à la fabrication artisanale de nougats et de gaufrettes. Une augmentation dans la production oblige, l?entreprise bouge vers Roche-Bois en 1975, où elle se fera un nom grâce à deux sucreries à la menthe. Son premier coup de poker intervient en 1982 quand elle lance son duo infernal de chewing-gums, Kiss Me et Gumboy, suivi du lancement des bonbons à la menthe deux ans plus tard. Deux friandises dont la production annuelle se chiffre à 100 millions d?unités.

Mais l?entreprise a su effectuer une percée dans le marché régional, au point où 30 % de sa production sont destinés au Kenya, à Madagascar, au Zimbabwe, aux Seychelles et à l?Afrique-du-Sud. ?Le véritable boom est intervenu avec l?avènement de la zone de libre-échange du Common Market for Eastern and Southern Africa?, explique Patrick Lim, le directeur général.

L?exportation est tirée, sans nul doute, par ses nouilles Esko, lancées en 1997. 80 % de sa production annuelle qui est de 600 tonnes, sont destinés au marché africain. Et bien que le marché local soit dominé par une marque, explique Patrick Lim, Esko a pu s?en octroyer 20 %.

Esko représente, par ailleurs, les produits du leader mondial Wrigleys, dont ses chewing-gums sans sucre Freedent. Il en importe principalement du Kenya pour la consommation locale et celle de Madagascar.

Barrière tarifaire excessive

Ses exportations sont en hausse, vu la compétitivité de sa gamme. Cependant avec l?élimination graduelle des tarifs douaniers, la partie ne s?annonce guère facile. Déjà, les barrières sur les bonbons, biscuits et gaufrettes sont passées de 55 % à 40 %. Un niveau qui favorise jusqu?à maintenant, l?industrie locale.

?À l?avenir, nous ne pourrons concurrencer de gros producteurs comme la Chine, la Malaisie et l?Égypte. L?État devrait tenir compte des matières premières que nous importons, contrairement à ces pays?, explique Patrick Lim.

En dépit de l?ouverture des marchés et de la globalisation, souligne le directeur général, chaque pays protège son industrie locale. Et dans le contexte local, assure Patrick Lim, une barrière tarifaire minimale est essentielle. Au cas contraire, Maurice ne sera qu?un importateur de la Chine.

La bataille pour dominer le marché se gagnera également par des emballages attrayants d?une part, et des produits cadrant dans le nouveau mode alimentaire des Mauriciens de l?autre, des produits de plus en plus health conscious. À cet effet, Eric Lim, managing director d?Esko, explique qu?une attention particulière est accordée pour ce qui est des ingrédients. L?entreprise proposera une nouvelle variété de produits sans sucre.

Déjà certifié ISO 9000 pour ses services, Esko ?uvre maintenant pour une reconnaissance de ses normes sanitaires. En attendant, ses machines continuent à cracher, avec le même débit, chewing-gums, bonbons, chocolats, biscuits et gaufrettes pour le plaisir des grands et des petits.

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