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Turbulences sur la ligne
Les associations du tourisme, les opérateurs et les promoteurs d?hôtels à Rodrigues s?inquiètent de la baisse des arrivées de touristes enregistrée l?année dernière.
?La situation est grave. Il faut à tout prix revoir la stratégie?, déclare Carine Roussety, secrétaire de l?Association of Rodriguan Tourism Operators. Elle partage l?avis de Maxi André, président de l?Association des gîtes et chambres d?hôte de Rodrigues (AGCHR) sur la raison principale qui bloque le développement touristique dans l?île.
?Le coût du billet d?avion est très élevé, ce depuis l?année dernière. Il faut enlever la taxe à l?aéroport?, insistent-ils. Chiffres à l?appui, Carine compare le nombre d?arrivées de 2003 à celui de 2004. En 2003, il était de 63 646 alors qu?en 2004, il est descendu à 57 000.
Une source autorisée chez Air Mauritius explique que contrairement à la perception de certains opérateurs et promoteurs rodriguais, il faut un réalignement des tarifs sur le coût réel du billet. D?ailleurs, Air Austral n?est pas entrée dans la compétition sur la route St Denis-Plaine-Corail parce que le coût est trop bas.
?Il ne faut pas oublier que l?île est aujourd?hui ouverte aux aéroports internationaux et que nous ne pouvons plus continuer à subventionner le service domestique comme c?était le cas autrefois?, explique cette même source.
Toutefois, Air Mauritius s?apprête à accueillir un concurrent sur cette ligne. Catovair, qui appartient à IBL Aviation, lancera son Beechcraft de 19 places sur la route Plaisance-Plaine-Corail d?ici quelques semaines. Cinq vols hebdomadaires sont prévus dans un premier temps. Les tarifs qui seront pratiqués par IBL Aviation n?ont pas encore été annoncés. En attendant l?atterrissage de Catovair, le débat entourant le prix des billets d?avion reste entier.
Raj Bhujowary, General Manager d?Air Mauritius pour l?océan Indien-Australie, a rappelé, lors d?un séminaire organisé sur le développement de l?industrie touristique le samedi 26 février à l?hôtel Cotton-Bay, que la compagnie d?aviation ?fait une perte globale de Rs 50 millions par an sur la ligne de Rodrigues et que c?est difficile d?envisager une baisse de prix du voyage?. La direction d?Air Mauritius campe sur ses positions : la compagnie nationale a des actionnaires qui s?attendent à recevoir des dividendes à la fin de chaque année financière. Elle a des comptes à rendre et ne veut plus de ?subventions croisées? où les opérations à perte sont renflouées par les activités profitables.
Revoir la politique
Mais Maxi André, de l?Association des gîtes, n?apprécie pas le fait que la compagnie d?aviation nationale réclame, outre le coût du billet, une somme de Rs 500 à chaque fois qu?un passager ne peut faire le déplacement quand il a réservé ou pour prolonger son séjour dans l?île. ?Vous n?avez qu?à faire l?addition de la somme pour cinq personnes qui viennent d?une même famille??, commente-t-il.
Il estime qu?Air Mauritius aurait dû être plus flexible pour encourager les visiteurs à dépenser leur argent.
Selon Carine, le peu d?attention qu?accordent la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA) et la compagnie d?aviation nationale à la promotion de l?île dans les foires internationales, dans les magazines internationaux et dans les guides touristiques, sont d?autres éléments qui ne jouent pas en faveur de l?île Rodrigues comme une destination touristique à travers le monde. ?Sans la publicité, nous n?irons pas loin. Il faudrait avoir le soutien logistique et financier pour un repositionnement, d?autant plus que des agences opérant dans ce secteur m?ont laissé entendre que leurs clients ne visiteront pas les pays exposés aux calamités naturelles tels que le tsunami ou le raz-de-marée.?
Maxi André va plus loin. Il croit qu?une somme additionnelle de Rs 10 millions dans le budget du tourisme peut aider à revoir la politique de promotion et la mise en place d?une nouvelle stratégie pour la formation et la communication.
Maxi André n?y va pas de main-morte avec Anil Gayan, ministre du Tourisme. ?Il pourrait au moins donner un coup de pouce pour montrer sa volonté de nous aider.?
Ramloll Yajeswar, propriétaire du Restaurant du Quai, basé à Port-Mathurin, est sur la même longueur d?onde que Carine et Maxi. Il estime que le vol domestique n?aurait pas dû être taxé et qu?il faut aussi revoir la taxe douanière sur les produits duty- free. ?Avec le nombre de promoteurs hôteliers mauriciens qui s?intéressent à investir dans l?île, il faut impérativement repenser et amener tous les secteurs concernés autour d? une table pour une meilleure planification?, dit-il.
Michelin Roussety a investi Rs 70 millions pour un projet de construction d?un hôtel dans le village de St-François. Il est le seul à penser que le coût du billet n?a aucun effet direct sur la baisse des arrivées. ?Les gens se pressent toujours devant les comptoirs des agences de voyage pour réserver leur billet pendant la période de vacances?, constate-t-il.
L?île Rodrigues, dit-il, a un avenir très prometteur étant donné sa nature, la sécurité qu?elle offre et la qualité de son accueil.
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