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Sucheta, au rythme du corps et de l?âme
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Sucheta, au rythme du corps et de l?âme
La danse, Sucheta Bandyopadhyay, l?a dans peau. Mieux, ne dit-elle pas elle-même que cet art constitue pour elle une expérience spirituelle lui permettant de se connecter avec son âme. C?est ce qu?ont pu constater tous ceux qui, il y a une dizaine de jours, assistaient au premier spectacle culturel donné par la communauté bengalie à Maurice pour célébrer leur Nouvel An. Le clou de cette manifestation au Indira Gandhi Centre for Indian Culture, a été sans conteste la prestation dansée de Sucheta Bandyopadhyay.
Sucheta, qui est l?épouse de l?Assistant General Manager et chef des opérations de la firme indienne Larsen & Toubro ? à qui l?on doit la construction de la cybertour et du Centre Swami Vivekananda à Pailles ?, possède une grâce naturelle, visible tant dans sa manière de s?exprimer que de se déplacer. Cette détentrice d?un Master en littérature anglaise, a un sens artistique très développé. A ses heures perdues, elle peint sur verre, fabrique des bougies, écrit des satires et joue couramment de l?harmonium, interprétant, entre autres, des compositions de Rabindranath Tagore, célèbre poète bengali.
Si sa mère vouait une passion à la danse classique indienne qu?elle pratiquait par plaisir, Sucheta y est venue tardivement, même si, toute petite, elle maîtrisait les danses folkloriques et semi-classiques indiennes. Après avoir enseigné pendant deux ans à Calcutta, capitale du Bengale, Sucheta suit son époux dans ses différentes affectations. Leur plus long transit est dans l?Etat du Tamil Nadu. Elle en profite pour marcher sur les traces de sa mère et suivre des cours de Bharat Natyam. A Oman, en Arabie, elle se lie avec des expatriés indiens qui y vivent et trouve moyen d?organiser des activités culturelles. ?For me, art and heart are synonymous. My heart is where art is?, confie-t-elle.
Quand elle et son mari mettent le cap sur Maurice, elle sait qu?elle va y retrouver des compatriotes et qu?elle pourra poursuivre ses cours de danse classique indienne. Sa rencontre avec Michèle Kauppaymuthoo est déterminante. Trois fois la semaine, Sucheta se rend à l?Académie de danse de cette dernière, la Nritya Kala Mandir, et découvre les différentes facettes de la danse classique indienne. Ayant des prédispositions, elle apprend le kuchipudi en deux mois. C?est d?ailleurs cette danse indienne d?Andra Pradesh, popularisée au cinéma par l?actrice Hema Malini, que Sucheta a interprétée lors du spectacle au Indira Gandhi Centre for Indian Culture.
Le kuchipudi s?exécute sur un plateau en cuivre. La difficulté pour le danseur est de se mouvoir en équilibre sur le plateau et en rythme avec les onomatopées du chant. ?Cela demande beaucoup d?énergie, de pratique et de concentration. En d?autres termes, de la discipline. J?en tire une énorme satisfaction, notamment celle de coordonner le rythme du corps et de l?âme avec la musique.? D?ailleurs, poursuit-elle, avant de s?exécuter, le danseur effectue une sorte de namaste, salut honorant la scène sur laquelle il va se produire, à Dieu et à son moniteur de danse. ?Les gens d?aujourd?hui recherchent la facilité alors que la danse classique indienne requiert de la discipline.?
Sucheta n?écarte pas la possibilité de se produire devant un public plus élargi. ?J?y songe?, dit-elle dans un doux sourire. Mais on la sent encore légèrement hésitante, en perfectionniste qu?elle est. ?J?ai tant à apprendre encore. Je ne suis qu?une goutte dans l?océan?. Pour l?avoir vue exécuter le kuchipudi hier chez elle, on ne peut que lui conseiller de se jeter à l?eau?
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