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Le « Seafood hub »la tête hors de l?eau
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Le « Seafood hub »la tête hors de l?eau
Au commencement il y avait les 1,9 millions de kilomètres carrés de zone économique exclusive de Maurice. Puis, en 2003, vint l?idée de faire du pays un Seafood Hub. Paul Bérenger, alors Premier ministre depuis quelques semaines, était bien moins optimiste qu?aujourd?hui. « Pour l?instant je n?ai pas la conviction que cette industrie a un potentiel énorme mais je crois que it is worth trying » déclara-t-il en octobre 2003. Les choses ont bien changé depuis. Le secteur a généré Rs 1,15 milliards d?exportations durant l?année 2004. Reste que le secteur peut mieux se vendre. Le Board of Investment (BoI) et huit firmes mauriciennes participent donc à la rencontre européenne des professionnels du secteur en Belgique.
Rajakrishna Chellapermal, le directeur général de la Freeport Unit du BoI, sourit quand il se remémore cette déclaration du Premier ministre. Comme lui, les exposants mauriciens ne doutent pas de pouvoir attirer des entreprises étrangères. Pour eux, Maurice possède tous les atouts pour stocker ou transformer leurs produits de mer avant qu?ils ne soient réacheminés vers les quatre coins du globe. Et les entrepreneurs mauriciens veulent aussi orienter les Européens vers l?achat des produits du Seafood Hub Made in Mauritius.
Nicolas Lamusse, le directeur général de Thon des Mascareignes (TDM) est de ceux qui balayent toutes les critiques qui rappèlent que le Seafood Hub est lent au démarrage. « Rien que pour notre unité de conditionnement de filets de thon, nous avons investi Rs 600 millions. Nous y croyons. Le seafood hub, c?est une réalité. Ce n?est plus un mythe » affirme-t-il.
Le seafood hub mauricien est sur les rails, mais les investisseurs et clients étrangers semblent l?ignorer royalement. Maurice Vigier de la Tour, le chief executive officer (CEO) de Mauritius Freeport Developement (MFD) confirme: « Le seafood hub et la plate-forme de transbordement qu?est Maurice ne sont que très peu connus. Il y a un énorme effort de marketing à faire. »
Alors comment et que vendre aux clients et investisseurs potentiels ? D?abord, il y a la position géographique du pays, qui joue pour une fois à notre avantage. 23 % de la récolte annuelle de thon dans le monde provient des prises effectuées dans l?océan Indien. Maurice est proche de la source des matières premières. Il s?agit de faire venir cette matière première à elle. Car pour le moment, l?essentiel des prises de cette région se retrouve dans les port-francs et usines de conditionnement des Seychelles, de la Malaisie ou d?Afrique du Sud.
Pour vendre Maurice, il faut aussi pouvoir mettre en avant toutes les infrastructures dont dispose le pays.
« Nous avons une infrastructure qui respecte scrupuleusement les normes internationales. En terme de qualité et de prix, nous avons beaucoup d?atouts si nous nous comparons à Madagascar à l?Afrique du Sud ou aux Seychelles », explique Daroomalingum Mauree, cadre scientifique du Planning Unit du ministère de la pêche. Maurice voit naître, en effet, un secteur d?activité très intégré.
Un trafic générant des bénéfices considérables
Les usines de transformation côtoient les entrepôts de stockage. Plus loin, dans la zone portuaire on trouve désormais des entreprises qui fabriquent du matériel de pêche et qui assurent la maintenance et la réparation des navires. De plus, les bateaux qui choisissent d?accoster à Port-Louis pour débarquer leur cargaison de fruits de mer peuvent aussi se ravitailler en vivres et en combustibles. Un bateau qui séjourne 5 jours dans le port peut dépenser de Rs 3 à 5 millions en frais divers dont ceux de ravitaillement et d?entretien. Les bénéfices qui pourraient être générés, ne serait-ce que d?un trafic plus important de transbordement à Port Louis, paraissent considérables.
Mais au-delà de l?infrastructure, il s?agit aussi de vendre la facilité de faire des affaires à Maurice. Les autorités se targuent d?avoir mis en place un one stop shop pour les activités du Seafood Hub depuis août 2004. Ce centre situé dans le port regroupe les ministères de la Pêche, de la Santé, de l?Agriculture ainsi que des comptoirs de l?immigration et de la douane. Le CEO de la MFD maintient que des lourdeurs administratives demeurent mais que le « one stop shop est un premier pas dans la bonne direction.
Les EU à l?horizon
Le seafood hub doit être en mesure d?accueillir un plus gros volume de produits de mer. Mais il doit aussi pouvoir ensuite trouver des marchés vers lesquels expédier ces produits transformés ou stockés à Maurice. Pour l?instant, le principal marché d?exportation demeure l?Union européenne, grâce à des accords préférentiels. Mais les entreprises lorgnent également vers les Etats-Unis. TDM a déjà un accord de co-emballage avec le groupe américain Bumblebee, géant de la conserverie. «Les USA ?On y pense. Notre collaboration avec Bumblebee est la première étape qui nous permettra d?exporter de plus gros volumes vers ce pays » explique Nicolas Lamusse.
D?autres entreprises qui proposent des produits entièrement Made in Mauritius, comme la Ferme Marine de Mahéboug (FMM) envisagent-elles à terme d?exporter toute leur production à l?étranger ? Il suffirait d?atteindre un seuil de production annuel suffisant et surtout de trouver des clients potentiels. « Nous avons déjà prospecté en Suisse, à Dubayy et en Afrique du Sud. Nous participons au Salon de Bruxelles pour trouver de nouveau clients. Dans ce cas nous exporterions la totalité de notre production d?ici deux ans», espère Chris Lee, le directeur financier de la FMM.
Les participants mauriciens au European Seafood Exhibition entendent se faire connaître. Finalement c?est bien cela le plus important. Faire savoir qu?un Seafood Hub existe à Maurice.
Ils font tourner le secteur
Les développeursdu port-franc
Deux entreprises locales dominent l?activité logistique dans le Seafood Hub : Froid des Mascareignes (FDM) et la Mauritius Freeport Developement Company (MFD). Chacune dispose de milliers de mètres carrés d?espace d?entreposage en chambre froide. Les entrepôts de la MFD peuvent accueillir de 12 000 à 14 000 tonnes de fruits de mer tandis que ceux de FDM devraient atteindre une capacité de 11 500 tonnes en 2006 grâce à des travaux d?extension actuellement en cours. MFD a récemment démarré les travaux de construction d?un nouveau quai de pêche dans l?estuaire de la rivière Latanier, dans la zone portuaire. L?investissement dans ce projet s?élève à Rs 130 millions.
Les transformateurs
Le secteur de la transformation des produits de la mer, uniquement le thon pour le moment, est dominé par deux gros opérateurs : Princes Tuna et le nouveau venu Thon des Mascareignes (TDM). Princes Tuna produit des conserves de thon pour l?exportation. 95 % de sa production est exportée vers l?Union européenne. Le reste est destiné à la consommation locale. TDM démarre, elle, sa production début mai. Elle exportera des filets de thon, précuits et mis sous vide, vers l?Europe et les Etats-Unis. Les deux usines transformeront chacune 50 000 tonnes de thon annuellement. Une importante partie des poissons transformés par les deux entreprises provient des Seychelles.
Les nouveaux métiers
La Ferme Marine de Mahébourg (FMM) existe depuis 2002. Elle produit actuellement 25 tonnes de poisson d?élevage par mois, soit 300 tonnes l?an. Toute la production est destinée au marché local. Dans deux ans, la production annuelle devrait avoisiner les 1 000 tonnes. FMM a investi Rs 100 m dans les diverses installations de la ferme et emploie une cinquantaine de personnes dans ses écloseries ainsi que sur les 10 arpents de barachois en mer. Casamar, le leader mondial dans la fabrication de filets de pêche s?est installé dans le Port franc. Il fabrique et répare les filets de pêche des bateaux accostant à Port-Louis. Rs 100 millions ont été investies dans la première phase de développement de cette entreprise. Plus loin dans le port, les Chantiers Navals de l?Océan Indien assurent la réparation et l?entretien d?environ 50 bateaux de pêche chaque année. Avec l?augmentation du nombre de bateaux de pêche accostant à Port-Louis, l?activité de ce chantier pourrait doubler d?ici 3 à 5 ans, selon certaines prévisions.
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