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Familles de disparus : entre espoir et angoisse
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Familles de disparus : entre espoir et angoisse
On voit actuellement de plus en plus d?adolescents qui, souvent incompris par leurs parents, fuguent croyant qu?ils trouveront mieux hors d?un cadre protégé. La tentation de l?inconnu peut être très grande pour eux. Pourtant le fait de ne plus donner signe de vie, cela n?arrive pas qu?aux ados mal dans leur peau ! Les journaux ont ainsi rapporté le cas d?une femme de 22 ans, mariée et mère de deux enfants, qui a disparu. Est-elle partie de son plein gré, abandonnant sa famille ? A-t-elle été enlevée ? Ces questions restent vaines. Et, pour les proches, toutes les ébauches de réponse sont possibles. Entre la volonté de rompre avec le quotidien et la thèse de l?accident, il reste de la place pour l?enlèvement, la fugue ou le meurtre.
Les chiffres pour l?année 2004 indiquent que le plus grand nombre de disparus se situe dans la tranche d?âge de 12 à 18 ans. Ce sont en général des fugueurs. En outre, sur 273 portés disparus, 264 ont été retrouvés sains et saufs et 9 manquent toujours à l?appel. En général, les personnes qui s?évanouissent dans la nature sont saines d?esprit. Certaines finissent par se suicider.
Qu?est-ce qui peut pousser ces personnes à partir, à décider de changer de vie du jour au lendemain ? Désespoir, contrariété, dispute familiale, incompréhension... « Chaque individu est unique, et chaque situation est singulière. Beaucoup de facteurs peuvent pousser une personne à s?en aller. En fait, tout dépend du contexte dans lequel l?individu évolue. Dans ce genre de situation, il vaut mieux traiter au cas par cas car il n?y a pas de solution universelle », affirme le psychologue Raj Mootoosamy, président de l?association Victim Support.
Il appelle la police « pour la forme »
Subir la disparition d?un proche est une épreuve douloureuse pour ceux qui restent. Et une disparition peut susciter des phénomènes étranges dans la famille : complications physiques, mentales, déséquilibre psychologique et bouleversement des relations sociales. Imaginez que vous côtoyiez intimement quelqu?un qui vit sous votre toit, qui partage vos repas, qui prend part à vos activités journalières et qui, d?un jour à l?autre, disparaît comme par enchantement !
Comment réagir alors? «Il faut toujours garder espoir, car dans ces situations, le facteur temps ne compte pas. Si on aime quelqu?un, on l?attendra toujours. Ce qui est important, c?est d?avoir le soutien de la famille, qui doit être elle-même assistée par des proches ou des psychologues », explique Raj Mootoosamy. Mais il existe pourtant des cas qui intriguent !
Comme celui de ce père de famille qui a signalé à la police la disparition de sa fille de 31 ans? uniquement pour la forme. « Li abitie ale, li dir moi li pe al kot so kouzin, sa fos la li pann retourne, alors apre douz her monn signal lapolis. » Et quand la ?fugueuse? est reparue, le père lui a tout bonnement fermé la porte, prétextant qu?elle était indisciplinée, oisive et désargentée. Un cas exceptionnel. Car le traumatisme provoqué par une disparition qu?on ne peut ni expliquer ni résoudre est comme une blessure qui ne se referme pas.
Ackmez : deux ans de silence
On a toujours à l?esprit le cas d?Ackmez Aumeer, ce petit garçon de Camp-Chapelon, disparu il a un plus de deux ans. C?était en 2003 « Li ti pe zoue ek so ti frere Jabiea, linn less li de minit pou al rod dilo, kan Jadiea inn vini, son frer inn disparet », raconte le père de la victime, Anual Hossen. Les parents de la victime continuent, deux ans après, de garder l?espoir de retrouver un jour leur fils . Ils sont toujours en contact avec la police qui les tient au courant de tous les développements. Depuis le drame, la famille Aumeer a déménagé pour ne pas se retrouver tous les jours sur les lieux où leur petit garçon a disparu un après midi de février. « Azordi nou remett tou dans la main Allah, nous fer boukou laprier. Nou touzour gard lespoir ki li pou retourne enn zour », confie Anual Hossen. Il espère que si son fils a été enlevé, le coupable finira par avoir des remords et réalisera à quel point il a pu blesser une famille et torturer des parents qui n?ont jamais eu d?ennemis.
Gaspard, parti sans laisser d?adresse
« Nous ti pe sorti depuis Brown Sequard pou ene konsiltation, Gaspard in dimann moi Rs 20 et mon kit li lagar Rose Hill, moi monn rant lakaz, depi mo pe atann mem », nous raconte Janine, la mère de Gaspard. Son fils de 30 ans a disparu le 21 février dernier. Ce soudeur qui habite Saint-Pierre avait un penchant pour la boisson et il lui arrivait de rater son travail pour vider quelques verres. Très apprécié dans son quartier, Gaspard était quelqu?un d?affable, toujours prêt à rendre service. « Ziss kan li ti boir ki so latet ti pe vinn pa tro bon, sinon li enn bon garson, sa mem monn amenn li Brown Sequard sa zour la », explique Janine. Gaspard, qui vivait avec sa mère, n?a jamais fréquenté de fille, du moins pas à sa connaissance. Il est parti sans laisser d?adresse, laissant chez lui toutes ses affaires. Janine est allée voir dans les environs, a demandé aux amis de Gaspard mais personne ne sait ce qu?il est advenu de son fils. « Mo enn mama, mo trakase, mo pa kone kot li ete, mon anvi trouve mo garson », nous dit Janine, les yeux rouges et la voix accablée.
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