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Aviator l?ombre d?un géant
Howard Hughes. S?il n?avait pas existé, Hollywood l?aurait inventé. Un destin irréel, digne d?une superproduction des années 40. Un Citizen Kane qui se serait voulu roi du ciel, en passant par la piste aux étoiles.
Cinéaste, milliardaire, coureur de jupons, fou et aviateur. Un homme qui avait tout et qui s?est retrouvé fou, seul, reclus dans une forteresse aseptisée et sale. Aviator ou 20 années de la vie d?un génial névrosé, parti à la recherche de l?extrême, la liberté d?un monde au-dessus du monde.
Icône sulfureuse et glamour de l?âge d?or d?Holywwod, c?est donc tout naturellement que sa légende a fini par être portée à l?écran. Martin met en lumière ses jours et ses nuits, les strass de l?âge d?or d?Hollywood, l?envers du décor, derrière les maquettes d?avions et les bobines de films, l?homme des plus belles femmes de l?époque, l?homme et ses démons.
M. Le maudit n?a peut-être pas eu l?oscar, (il le rate pour la cinquième fois), mais son film est l?un des plus apprécié de ses derniers mois, juste derrière le Million dollar Baby d?Eastwood, qui lui a raflé l?oscar, (pour la deuxième fois). Les critiques sont unanimes pour qualifier Aviator de grand chef-d??uvre. Un film sûrement à la hauteur d?un personnage ?bigger than life?.
C?est sûrement la plus grande entreprise technique de Scorsese. Décors faramineux, paillettes, scènes d?accidents, du Hollywood avec la manière et surtout avec l?art. L?art de rendre hommage à un homme et à son époque.
Il règle la photo pour filmer les lumières de stars, du ciel et les zones d?ombres d?angoisses d?un jeune héritier. Il règle le rythme, un film de 2 heures 45, qui ne s?essouffle jamais.
Aviator est un grand spectacle qui ne lésine sur aucun détail. Les temps bénis d?Hollywood, de celui dont Scorsese rêvait. Il filme le temps retrouvé des immenses tournages, des stars inaccessibles, Katharine Hepburn (Cate Blanchet, oscar du meilleur second rôle), Ava Garner (Kate Beckinsale), Errol Flynn (Jude Law).
Le destin d?Hughes s?inscrit dans cette époque du rêve et de l?inaccessible. Mais Hughes a trop de rêves et ne peut malheureusement tous les réaliser. Enchaînant les tournages, production, conquêtes amoureuses et aériennes, il se perd dans le tourbillon d?une vie qu?il paie de sa poche et de sa raison.
Il s?approprie l?infini. Il craint l?infini. Il vit entre deux époques, entre deux extrêmes, entre deux passions et trois femmes. A trop vouloir suivre son étoile, il s?est perdu en chemin. Hughes est à la fois immense mais humain.
Qu?en est-il de son interprète, Di Caprio, qui ne fait qu?enchaîner les bons projets avec les bons réalisateurs. Il ne ressemble pas au personnage mais saura encore une fois nous surprendre. Il a la classe, le charme et l?assurance pour jouer les riches et beaux dérangés.
Le comédien explique sa fascination pour le personnage : ?Hughes est l?une des figures les plus énigmatiques du XXe siècle. Plus on explore sa vie, plus on découvre de nouvelles facettes de sa personnalité. Ce fut un rêveur et un visionnaire, mais le paradoxe est qu?en dépit de tous ses succès, ce puissant producteur fut aussi un homme profondément solitaire (...) Les moments les plus forts que j?ai vécus sont les scènes de solitude de Howard Hughes. Là, Scorsese et moi nous retrouvions face-à-face pour inventer, improviser, creuser ensemble de plus en plus profond. Ce sont mes plus beaux souvenirs de ce tournage.?
Le duo Scorsese/Di Caprio semble fonctionner puisqu?ils devraient rempiler ensemble, courant 2005 avec le remake du polar hong-kongais Internal Affairs.
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