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Une abeille au gouvernail
Si certains ont les yeux revolver, d?autres les ont scanner, à l?instar de Christine Le Clézio. Quand ses iris délavés se posent sans ciller sur vous, vous sentez tout de suite que vous avez affaire à une femme qui sait ce qu?elle veut, qui va droit au but, et qui sait enrober ses desiderata dans des mètres de velours !
Pour cette Britannique, qui a grandi à Cape Town en Afrique du Sud, le tourisme qui constitue son gagne-pain depuis maintenant 18 ans, n?est ni un sacerdoce, ni une obligation. En fait, elle se destinait à une carrière dans l?administration de compagnies, dictée par sa passion pour les chiffres et la gestion générale !
Mais lorsque apparaît l?amour de sa vie sous les traits de Jacques Le Clézio, qu?elle croise lors de vacances à Maurice, sa vie prend une autre direction. A ce moment-là, ce dernier est le pionnier des excursions en catamaran avec son deux-coques Océane qui écume les mers de l?Est.
Leurs sentiments étant solides, Christine décide de jeter l?ancre à Maurice. Son futur beau-frère, Amédée Poupard, qui possède alors l?hôtel Blue Lagoon, lui offre un emploi d?auditrice interne qu?elle accepte. L?établissement étant petit, elle se retrouve mêlée non seulement aux opérations comptables mais à toutes les autres également. Et découvre que le contact avec les touristes lui procure énormément de satisfactions. Si bien qu?au moment où l?hôtel est vendu, elle n?hésite pas à prêter main-forte à son mari.
Et prend alors sur ses épaules, pourtant frêles au regard, l?administration et le marketing de la compagnie Easterlies. Jacques Le Clézio joue les skippers et s?occupe de tout ce qui a trait au catamaran. Il faut croire que ces tâches sont loin de déplaire à Christine car sous sa direction et malgré ses contraintes ? notamment celle d?être obligée de se déplacer régulièrement avec son nourrisson qu?elle allaite lors de ses tournées auprès des agences de voyages et des tour-opérateurs, ou encore d?être disponible 24 heures sur 24 et sept jours sur sept ? leurs affaires prospèrent.
Bonne conjugaison
L?ampleur de leur succès s?évalue à l?aune du nombre de catamarans qu?ils possèdent, soit sept et qui répondent aux doux noms de Océane et de Aquarelle. Si aujourd?hui, Christine est en mesure de décélérer, c?est parce qu?Easterlies a pu embaucher du personnel supplémentaire.
C?est grâce à Denis Béchard, membre de l?exécutif du Skal Club Maurice, qu?elle intègre ce club qui signifie «santé» en scandinave. Cette asssociation mondiale à but non lucratif a été fondée à Paris dans les années 30. Sa mission est de promouvoir le tourisme à travers la paix et l?amitié. Le Skal Club dont le siège est en Espagne, a essaimé des petits avec 500 clubs représentant 25 000 membres dans 80 pays. Le club local qui tombe sous la région Asie, comprend une soixantaine de membres, des directeurs d?hôtels, des tour-opérateurs ou des directeurs d?agences de voyages...
Christine explique que le Skal Club est une plate-forme de rencontre pour les gens dans le même domaine qui, autrement, n?auraient pas eu le temps de se rencontrer. «Nous échangeons des idées et discutons de grands enjeux concernant le tourisme. Ce partage amical etcritique et nous permet d?améliorer nos services.»
Elle poursuit, racontant que grâce à son adhésion à ce club, elle a pu assister à un des congrès mondiaux du Skal Club qui s?est tenu à Cairns en Australie, se rendre au Népal et même dans l?île de Guam. «Cela m?a permis de voir ce que font les autres par rapport à nous et voir comment nous pouvons nous améliorer.»
<B>«Le partage amical au sein du Skal Club nous permet d?améliorer nos services»M
Son entrée au sein de l?exécutif du club s?est opérée en douceur. Elle a d?abord été admise comme membre puis élue l?an dernier vice-présidente pour soutenir le président d?alors, Marcello Giobbe, auprès de qui elle affirme avoir énormément appris. Depuis février, elle a pris les rênes du comité et l?a grandement féminisé puisque trois autres femmes y figurent. «C?était important de féminiser l?équipe car pour moi, les femmes sont des piliers dans tout et sont souvent plus fortes psychologiquement que les hommes.»
Une question d?équipe
Un de ses plus grands défis sera l?organisation à Maurice, en mai 2006, de la conférence de la région Asie pour laquelle le président sortant du club mauricien a fait une enchère. «Plusieurs pays intéressés à accueillir cette conférence font des enchères après avoir obtenu le soutien de l?industrie hôtelière et de leurs gouvernements respectifs. De ces offres, le comité exécutif de la région finalise son choix. Pour la conférence de mai prochain, cela s?est joué entre Maurice et deux autres pays. Au final, nous l?avons emporté. En 1997 déjà, nous avions accueilli 250 professionnels de l?industrie. L?an prochain, nous attendons près de 300 personnes.»
Christine n?a pas de grandes inquiétudes concernant le produit touristique mauricien qui, selon elle, n?a rien à envier aux meilleurs dans le domaine. Par contre, elle sait que la coordination pèsera de tout son poids. Mais elle a sa petite idée sur sa façon de s?en sortir. «Tout est une question d?équipe, d?organisation et de délégation. Je me crois bien entourée et je suis sûre que cela va marcher.»
Elle ambitionne aussi de mieux structurer le Young Skal qui regroupe des jeunes de moins de 30 ans, aspirant à faire carrière dans l?industrie touristique. Et pour inciter les étudiants à mieux connaître le secteur et à y envisager une carrière, elle entend déléguer des membres du Skal Club dans les écoles pour y animer des conférences.
Appelée à donner son point de vue sur la hausse du budget alloué à la Mauritius Tourism Promotion Authority et l?application du concept d?île détaxée dans le budget 2005-2006, Christine dit : «C?est un projet ambitieux et réalisable mais comment pouvez-vous dire au monde que vous êtes une île détaxée quand vous ne disposez pas de suffisamment de moyens pour leur dire que vous l?êtes ?.» C?est ce qu?on appelle le dire dans la manière?
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