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Des nouveaux opérateurs pourraient raccrocher
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Des nouveaux opérateurs pourraient raccrocher
L?animosité entre les nouveaux opérateurs de téléphonie internationale et Mauritius Telecom (MT) monte d?un cran. «Nous sommes dans une situation de crise. Les nouveaux opérateurs ne pourront plus tenir longtemps.» Colin Taylor, président d?ACT, association représentant les opérateurs de télécommunications, tire la sonnette d?alarme.
Les opérateurs disent que l?immobilisme de l?Information & Communication Technologies Authority (ICTA) est en train de les asphyxier. Cette dernière ne les protégerait pas contre les intentions alléguées de MT de vouloir mettre ses concurrents hors d?état de nuire. Ils estiment que le régulateur n?est pas en train de s?assurer qu?il y a une compétition juste et saine dans le secteur.
Lors d?une conférence de presse hier, les dirigeants d?ACT, ont étalé une fois de plus les raisons de leur souffrance. «L?ICTA ne répond plus à nos doléances. Nous avons envoyé six correspondances pour lui rappeler nos problèmes et elles sont toutes restées sans réponse», regrette Colin Taylor. Les opérateurs estiment n?avoir d?autre choix que de faire appel au ministre de la Technologie informatique et des Télécommunications, Pradeep Jeeha.
Leur première plainte date de près d?un an et demi. Elle concerne les frais d?interconnexion que doivent payer les nouveaux entrants pour utiliser le réseau de MT et faire aboutir les appels chez leurs usagers. «Rs 2.50 par minute d?appel que font nos clients va dans la poche de MT, c?est beaucoup trop. Nous payons quatre fois plus cher qu?une personne qui fait un appel local», s?insurge le président d?ACT.
Réactions
Donc, si un opérateur vend une minute d?appel téléphonique vers l?étranger à Rs 5, la moitié de cette somme atterrit dans les caisses de MT. Cela impacte sévèrement leur marge de profit. Malgré ses promesses de proposer des tarifs d?interconnexion plus justes, il y a plus d?un an, l?ICTA n?a encore rien fait.
L?autre raison des griefs est la carte Sezam de MT. «Nous avons donné toutes les preuves que Sezam vend l?international sur mobile en dessous du coût réel alors que nous ne sommes pas autorisés à le faire. C?est à notre grand désavantage d?autant que MT serait en train de subventionner ce service», affirme Colin Taylor. Il regrette également que MT fasse de la pub pour Sezam auprès de ses 400 000 clients sur ses factures de téléphone.
À la Telecom Tower, ces plaintes ont fait réagir. En premier lieu, la direction de la compagnie nationale «estime qu?il serait inopportun de commenter des points relevant de la seule juridiction et de l?autorité du régulateur, l?ICTA». Dans un communiqué émis en début de soirée hier, MT précise qu?elle «a en tant qu?opérateur historique, des obligations de moyens et de résultats relevant de sa mission de service public. D?où des investissements et réinvestissements massifs constants pour que tous les Mauriciens aient accès à un service de télécommunication efficace, fiable et abordable». Les frais d?interconnexion que paient les nouveaux entrants servent notamment à financer ces activités.
En ce qui concerne les allégations de subvention, MT rappelle que «dans le cadre d?un marché libéralisé, il n?est plus possible de cross subsidise les appels domestiques par le prix des appels internationaux» et que la compagnie est «une entreprise commerciale et ne peut donc se permettre des prix en deçà de ses coûts».
Pour sa défense, MT laisse également entendre que cinq des six opérateurs en compétition avec elle affichent des tarifs internationaux plus bas que ceux proposés par la carte Sezam. La bataille entre les deux camps risque de durer encore longtemps.
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