Publicité

Les ficelles d’une bonne gestion

10 avril 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

«Tiens au fait, tu as vu la robe dans la vitrine ? C’est la dernière mode, il me la faut absolument ! Je n’ai pas de chaussures assez bien qui puissent aller avec, il faut que j’aille voir ce qu’il y a dans les magasins. Ah, oui, demain on passe la journée sur un catamaran, ça va être sympa. On finit la soirée en boîte ? Pourquoi pas on va bien s’amuser ! Et pourquoi est-ce qu’on n’irait pas dîner au restaurant avant ? »

Stop ! Et les finances dans tout ça, vous en faites quoi ? Votre compte en banque est-il aussi bien fourni que ça ? Ou vivez-vous complètement au-dessus de vos moyens ? Ce serait bien de pouvoir vivre au jour le jour, sans avoir à penser à ce que demain vous réserve. Pouvoir dire, « on verra bien », « on finit toujours par s’arranger », « on trouve toujours des solutions ! » Mais peut-on prendre le risque de mener une telle existence sans jamais planifier sa vie ?

L’argent est quelque chose dont on a besoin tous les jours, car il y a toujours une dépense à faire. C’est pour cela qu’il est préférable de toujours avoir un petit pécule en réserve. On ne sait jamais de quoi l’avenir sera fait, et il vaut mieux assurer ses arrières pour ne pas se retrouver pauvre comme Job.

<B>La discipline doit être de rigueur</B>

Ce n’est pas sorcier d’apprendre à gérer son budget. Il existe en effet de nombreux sites Internet ou des livres qui vous permettront d’acquérir les connaissances de base en termes de finances.

Et comme charité bien ordonnée commence par soi-même, nul ne s’occupera de votre argent avec autant de soin et d’intérêt que vous-mêmes !

Mais le fait est que beaucoup de gens dépensent plus d’argent qu’ils n’en gagnent, année après année, car le crédit est plus ou moins facile à obtenir.

Ce qui fait qu’ils vivent en permanence au-dessus de leurs moyens. Mais pour pouvoir contrôler et gérer l’argent que l’on gagne durement, la discipline doit être de rigueur !

Il faut éviter de tomber dans le piège des soldes qui vous font acheter l’inutile. Trop souvent ces articles finissent sur des étagères et vous vous rendez comp-te que vous avez jeté votre argent par les fenêtres. La règle d’or pour bien gérer un budget, c’est de n’acheter que ce dont vous avez vraiment besoin. Il faut ensuite que vous fassiez un suivi de vos dépenses pour respecter les lignes directrices de votre budget.

<B>Ne pas se retrouver submergé de dettes</B>

Nous vivons aujourd’hui dans une société de consommation et sommes continuellement submergés de messages qui incitent à acheter. Les fabricants d’automobiles ou d’électroménager, par exemple, vous assurent à chaque fois qu’ils vous proposent un bon deal en vous offrant leur dernier produit, « solution miracle » par excellence ! Faire un budget et s’y tenir n’est pas une mince affaire. Cela requiert des sacrifices, de la rigueur et beaucoup de volonté. Mais à la longue, c’est le seul moyen de ne pas se retrouver submergé de dettes. Un budget aidera aussi à l’accomplissement de certains rêves qui sont propres aux goûts de chacun. À vous de décider quels sont les vôtres et tout mettre en œuvre pour les réaliser !

<B>QUESTIONS A</B>

Pierre Dinan,économiste

<B>Dépense-t-on plus aujourd’hui qu’il y a vingt ans ?</B>

En apparence, on semble dépenser plus parce que les grandes surfaces attirent beaucoup d’acheteurs. Mais dépense-t-on vraiment plus ? Je ne suis pas certain, car au niveau ma-cro-économique, le taux de consommation par rapport au produit intérieur brut est peut-être moins élevé qu’il y a 25 ans. Ceci, dit-on, est certainement dû à un bien meilleur choix de produits et à la qualité de service mise à la disposition du public. On ne peut que s’en féliciter. Cela a permis aux Mauriciens de devenir plus sélectifs dans les achats qu’ils réalisent.

<B>Quels sont les produits de con-sommation qui incitent le public à dépenser à outrance ?</B>

Vous parlez de dépenses à ou-trance. C’est là votre point de vue. Ce qui paraît exagéré pour vous ne l’est peut-être pas pour un autre. De manière générale il faudrait sans doute définir ces produits de consommation qui suscitent des dépenses outrancières comme produits de luxe (bien qu’il serait exagéré de classifier tous les produits de luxe comme inutiles), ou encore des produits qui font du tort à la santé s’ils sont consommés en trop grande quantité.

<B>Comment faire un budget et s’y tenir ?

Il convient d’être honnête avec soi-même et de suivre le budget de mois en mois, ou de semaine en semaine. Il est évident, toutefois, que des événements que l’on avait pas prévus tels que la maladie, ou la perte d’un emploi peuvent vous empêcher de vous tenir à votre budget. Il faudrait le refaire en tenant compte de la nouvelle situation.

<B>Quels sont les autres moyens permettant de gérer ou d’économiser son argent ?</B>

Il y a des conseillers bancaires et d’autres professionnels à qui on peut s’adresser pour discuter de sa situation personnelle.

<B>Un budget à deux vitesses </B>

Selon Pierre Dinan, une bonne pratique consiste à faire un budget mensuel de dépenses, en deux parties. Dans la première partie, toutes les dépenses courantes que vous êtes obligés de faire pendant le mois devraient y figurer : la nourriture, le transport, les frais scolaires, les vêtements, le loyer, les intérêts sur les emprunts, les chaussures à changer, les loisirs. La deuxième partie doit être réservée aux dépenses extraordinaires, par exemple réparer le toit de la maison, la moto, la voiture, s’acheter une belle robe ou un nouveau costume, etc. Certaines personnes préféreraient peut-être faire ce budget sur une base annuelle, mais pour pouvoir dépenser il faut des revenus. C’est pourquoi il faut aussi prévoir un budget de revenu. Le plus facile à estimer c’est le salaire que l’on touche chaque semaine ou chaque mois. On peut l’appeler revenu ordinaire, et donc le rapprocher des dépensescourantes. À cela on pourrait ajouter les intérêts que l’on perçoit sur des dépôts bancaires, des dividendes, ou encore la pension des personnes âgées. Il faut alors comparer le budget de dépenses et celui des revenus, et si ce dernier est plus élevé, l’excédent peut constituer l’épargne. Que faire avec cette épargne ?

Il existe diverses possibilités telles que les dépôts bancaires, l’achat de titres en Bourse, un à-valoir sur l’achat d’un terrain ou d’une maison. Pour faire son choix entre ces différentes alternatives il faut savoir ce que l’on veut. Si je cherche la tranquillité je mets mon argent en banque, mais l’inflation risque de ronger sa valeur.

Si j’achète un titre en Bourse, je me donne la possibilité de gagner davantage, mais je peux aussi perdre si la valeur du titre baisse. Je peux aussi décider d’utiliser mon épargne au casino ou aux courses, dans ce cas je risque de tout perdre. Voilà quelques idées, mais il est évident qu’il revient à chacun de faire des choix judicieux pour gérer correctement son argent.

<B>L’avis des banquiers </B>

Selon Érika Bouchereau, directrice de la Banque des Mascareignes de Grand-Baie, et Gilbert Lagaillarde du département Personal Banking de la State Bank, la carte de paiement ne pousse pas à une plus grande consommation. Au contraire, « en matière de sécurité, il est préférable d’avoir une carte de paiement plutôt que du liquide sur soi, la carte apporte aussi un certain confort en permettant au consommateur d’acheter un produit en promotion, par exemple. À la longue, c’est lui qui gagne au change », affirme Gilbert Lagaillarde. On peut penser que d’avoir du liquide sur soi permet de se limiter uniquement à ce que l’on a prévu d’acheter ! « Si la personne gère correctement son budget, elle n’a pas de soucis à se faire. La carte de paiement est directement liée au compte courant ce qui fait qu’elle ne vous permet pas de dépenser ce que vous n’avez pas », constate Érika Bouchereau. Beaucoup de gens pensent qu’avoir une autorisation de découvert bancaire peut être un piège ! À la State Bank comme à la Banque des Mascareignes, chaque dossier est mûrement étudié. Une autorisation de découvert n’est pas donnée comme ça à l’aveuglette. Il faut savoir si la personne sera en mesure de pouvoir combler ce découvert, il s’agit pour cela d’avoir une attitude responsable. Les banques se mettent en général à la disposition des clients en matière de conseils pour la gestion de leur capital.

Par exemple à la Banque des Mascareignes, c’est le rôle des chargés de clientèle. Il existe dans ces deux banques plusieurs programmes différents permettant ainsi aux gens d’épargner et de gérer l’argent qu’ils gagnent de manière à toujours pouvoir s’en sortir en cas d’imprévu ou à réaliser un projet.

Publicité