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Dette publique : le fardeau demeure inconfortable

23 mars 2005, 00:00

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Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, devra se pencher sérieusement sur l?épineuse question de la dette publique lors de son prochain Budget. L?Etat emprunte gros pour financer ses déficits budgétaires. Avec les déséquilibres continus entre les revenus et les dépenses, la dette a augmenté de manière considérable. Au point où le risque de tomber dans le piège de la dette est bien réel.

En décembre 2004, la dette globale du secteur public (incluant les emprunts étrangers des organismes parapublics) s?élevait à Rs 113,1 milliards, soit 65,1 % du Produit intérieur brut (PIB). Or, la norme acceptable sur le plan international est de 60 %. C?est d?ailleurs l?objectif que s?était fixé le gouvernement au début de son mandat.

Il y a eu certes un déclin du pourcentage de la dette par rapport au PIB durant l?année financière précédente : 64 % en juin 2003 à 51 % en juin 2004. Toutefois, la situation demeure inconfortable. La dette publique (excluant les engagements financiers des organismes parapublics) est de l?ordre de Rs 97,3 milliards (56 % du PIB). D?une certaine manière, le montant absolu des emprunts importe peu. Ceux-ci ont une meilleure pertinence lorsqu?ils sont exprimés par rapport à la magnitude de l?économie. La situation devient inquiétante lorsque la dette s?accroît plus vite que la richesse nationale.

Le montant de la dette est la conséquence des déficits accumulés au fil des années. La responsabilité de plusieurs gouvernements est engagée. La dette de l?Etat représente un fardeau pour l?ensemble de la population, y compris pour les générations à venir. A titre indicatif, chaque Mauricien devra rembourser en moyenne environ Rs 79 000 à terme. Toutefois, dans la mesure où les citoyens détiennent en partie ces dettes sous formes de bons du gouvernent et d?autres instruments obligataires (directement et ? ou indirectement à travers les intermédiaires financiers), il y a un effet d?annulation partielle. Il reste néanmoins la part des obligations détenue par les étrangers qui implique inévitablement un exode des ressources nationales.

La composante externe de la dette de l?Etat est de Rs 8,6 milliards, soit 9 % de la totalité des engagements. Le montant investi dans les bons du Trésor par les investisseurs étrangers est de Rs 316 millions seulement, selon les chiffres de décembre 2004. Le gros de la dette extérieure est au fait des financements à long terme. Les ressources domestiques, empruntées par le gouvernement, s?élèvent à Rs 88,7 milliards : prêts à moyen et à long termes, Rs 25 milliards et prêts à court terme (dont les bons du Trésor), Rs 63,6 milliards.

Le profil des emprunts est une considération primordiale dans la gestion de la dette. Le gouvernement a souvent été accusé d?avoir mal agencé ses dettes durant les premières années de son mandat. Il y a eu une trop grande dépendance sur les financements à courte échéance, tels les bons du Trésor. On lui reproche même d?avoir financer des projets de développement à long terme au moyen des T-bills. Cette stratégie est très coûteuse. Il faut mobiliser beaucoup de liquidités pour honorer les engagements. Par ailleurs, le refinancement régulier des dettes implique des coûts additionnels.

Depuis quelque temps, le gouvernement procède à un allongement de la durée de remboursement des emprunts. ?La décision d?allonger la maturité des dettes est fort louable. Toujours est-il que le montant des short-term debts est trop élevé. Il faut privilégier les dettes à long terme. Cela permet au gouvernement d?avoir plus de temps pour assainir les finances publiques et pour trouver d?autres sources de financement?, soutient Eric Ng, directeur du cabinet PluriConseil.

Les obligations à long terme répondent aux besoins de financement des gros projets de développement infrastructurel. Elles représentent un placement fort valable pour les investisseurs locaux. ?Les individus y trouveront une alternative à une assurance vie par exemple ?, explique-t-il.

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