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Parade
La publication du rapport nTan a en définitive été une bonne chose. Même si l?on peut être d?accord avec la Banque de Maurice quand elle argue que cet étalage dans la presse peut nuire à la réputation, non seulement de la Mauritius Commercial Bank (MCB), mais aussi de Maurice et de son ambition de devenir un centre financier régional.
On peut également juger recevable l?argument de la Banque centrale qu?un des fondements du système bancaire est la confidentialité. Néanmoins, le principe de confidentialité vise avant tout à protéger la vie privée des citoyens, clients d?une institution bancaire.
On ne saurait utiliser l?argument de la confidentialité pour cacher les malversations et irrégularités dont une banque se serait rendue coupable. L?intérêt public exige que le citoyen en soit informé, car il est en droit de savoir s?il peut placer son argent et sa confiance dans une institution bancaire.
La publication du rapport nTan dans ce cas a permis d?éclairer l?opinion sur ce qui s?est passé à la MCB et de mettre fin à des rumeurs, spéculations, interprétations et faussetés. Hier, la MCB a elle aussi pu donner sa part de vérité sur ces événements.
La lettre aux actionnaires de Gérard Hardy vaut ce qu?elle vaut. Mais l?impression générale est que la parade de la MCB est d?attaquer la crédibilité de nTan. Pour la MCB, nTan a failli car il n?a pu identifier les bénéficiaires ultimes des dépôts du National Pensions Fund qui ont été détournés.
La banque taxe également le cabinet singapourien de recourir à des suppositions et d?arriver à des conclusions inexactes ou incomplètes. Soit.
Toutefois, sur un des principaux reproches du rapport, notamment le contournement du ?credit ceiling?, la MCB plaide coupable mais explique que l?intention était noble : aider au développement économique du pays.
Une faute reste une faute. L?enfer aussi est pavé de bonnes intentions. Que le ?credit ceiling? ait été imposé par le Fonds monétaire international ne change rien à l?affaire. La MCB ne peut s?arroger le droit de décider quelles sont les directives qu?elle va suivre et lesquelles elle va passer outre.
Ceux qui veulent justifier la man?uvre de la MCB font ressortir que, finalement, toutes les banques l?ont fait et que c?est injuste qu?elle soit la seule à être blâmée. C?est comme plaider pour la légalisation de la corruption parce que le bakchich est une pratique répandue.
Que la Banque centrale s?entête à dire qu?elle ne rendra pas public le rapport nTan est aujourd?hui un peu risible. Même si une institution comme elle doit rester fidèle à ses principes. Le débat est académique.
Mais que le régulateur campe sur sa position ne permet pas de l?accuser de vouloir ?cover up? ? pour reprendre un terme à la mode ? la MCB ou qui que ce soit d?autre.
Si la Banque centrale avait vraiment voulu étouffer l?affaire, elle se serait contentée du rapport de ses propres inspecteurs et n?aurait eu de comptes à rendre à personne.
En retenant les services de nTan, la Banque de Maurice a sans doute voulu rassurer l?opinion sur la qualité des enquêteurs choisis et leur indépendance. C?est justement pour écarter tout soupçon de connivence entre le régulateur et la plus puissante banque du pays. Ne pas lui accorder ce crédit est faire preuve de mauvaise foi.
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