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Eric de Chasteauneuf : faire de la charité autrement

23 mars 2005, 00:00

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En presque quatre ans, Eric de Chasteauneuf, fondateur de l?organisation non gouvernementale (ONG) Les Enfants d?un Rêve, a révolutionné le visage du secours aux démunis. En proposant aux Mauriciens un spectacle payant de haute facture, il leur procure aussi le sentiment de faire ?uvre utile. Son ONG a d?ailleurs remporté le National Unity Award. Portrait d?un novateur influencé par le concept Les Restos du C?ur.

Eric de Chasteauneuf, 32 ans, déborde d?énergie. Cela transparaît dans sa démarche décidée comme dans sa voix. Cet homme-là n?a pas de temps à perdre. Normal de la part d?un représentant commercial chez Harel Mallac, direz-vous. Mais il est surtout question de tempérament et d?objectifs de vie clairement définis.

Il ne s?est pas réveillé un matin avec la lubie d?organiser un spectacle dont les recettes iraient aux démunis. Si le social est dans ses cordes, son amour pour la musique est à la base de ses choix. Enfant, il lui arrive de monter sur la table pour chanter avec une torche comme micro et une raquette de tennis pour guitare. Guitariste, il le devient pendant son adolescence et continue pour le plaisir, même pendant ses études supérieures en Afrique du Sud. A ses heures perdues, il compose.

De retour au pays, il se produit aux côtés du père Gérard Sullivan dans les comédies musicales Zozef ek so palto larkansiel et Les Misérables. Le déclic l?incitant à enfiler lui-même la veste du metteur en scène lui vient à l?écoute d?un CD, Les Restos du C?ur . Cette chaîne de solidarité artistique est lancée en France dans les années 80 par l?humoriste Coluche, pour fournir des repas chauds aux nécessiteux. Eric de Chasteauneuf est séduit par ce concept.

Idée qu?il affine au contact de Nicolas Ritter, fondateur de Prévention, information et lutte contre le sida, et d?Audrey d?Hotman, directrice du Centre de solidarité. Découvrant les affres des toxicomanes qui essaient de se sevrer, il met au point le spectacle Les Enfants d?un Rêve avec des pointures artistiques locales qui acceptent de se produire bénévolement. Ce spectacle fait salle comble et récolte Rs 300 000 versées au Centre de solidarité.

Surpris par ce succès, Eric de Chasteauneuf fonde en 2002 Les Enfants d?un Rêve dont le but est l?organisation de concerts pour financer l?aide aux nécessiteux. Un deuxième spectacle engrange près de Rs 400 000, destinées au Centre de solidarité et à une école pour enfants handicapés à Goodlands. Ses contacts avec la National Prevention Unit et la National Agency for Rehabilitation of Substance Abusers lui font découvrir les dures réalités d?enfants non scolarisés de Richelieu. En 2003, il demande aux artistes reprendre les succès de la Star Academy. Ceux-ci se produisent dans des clubs et cela rapporte Rs 80 000, qui sont injectées dans l?éducation de ces enfants. Le spectacle de l?an dernier rapporte Rs 400 000. Une grande partie de la somme sert à financer le centre Chrysalide.

Au gré de ses contacts, Eric de Chasteauneuf prend conscience qu?il faut opérer en amont. C?est-à-dire, favoriser l?éducation des enfants pour empêcher qu?ils ne tombent dans des spirales infernales. Il compte ainsi réorienter son action cette année. Si lui et l?exécutif de Les Enfants d?un Rêve réfléchissent à l?événement de 2005, ils sont freinés par l?absence de salle convenable. Il est révolté par la gestion des théâtres par les collectivités. ?S?ils pouvaient fermer un mois par an pour rénover, on n?en serait pas à chercher une salle. Le théâtre de Rose-Hill est parfait. On l?a laissé tomber en ruines et on le rénove pendant deux ans.?

Quant au National Quality Award , notre interlocuteur nuance: ?L?award nous cimente et renforce notre crédibilité. Mais personnellement, je le prends comme un gros coup de pied au derrière pour m?obliger à me dépasser !? Tant que ce n?est pas douloureux?

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