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«La musique a toujours été un support revendicateur»
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«La musique a toujours été un support revendicateur»
Vous, le globe-trotter; cela doit vous faire plaisir de venir inaugurer un Festival de Jazz au bout du monde, non?
Oui, je suis très heureux. C?est une manière de couper avec le rythme infernal de mes tournées.
Qu?est-ce qui fait que vous êtes un musicien si éclectique?
Tout simplement, j?aime m?amuser avec la musique. D?ailleurs on dit bien «jouer de la musique». Je joue avec les couleurs, avec les voyages ?
Dans un prochain globe-trotter, serait-il possible de retrouver des airs de séga?
Bien sûr. D?ailleurs, dans mon dernier album, nous avons utilisé du maloya de La Réunion.
Avec votre seul violon vous reproduisez une multitude de sons et de rythmes, comment fonctionnez-vous pour parvenir à un tel résultat?
C?est un violon électrique. Il y a tout un appareillage qui me permet par exemple de m?enregistrer en temps réel. Sur six à sept pistes, le son est très bon.
Vous accordez une grande importance à l?improvisation, pourquoi?
J?ai du mal à répéter deux fois la même chose.
Vous avez ouvert une école à Damarie les Lys, pour que les musiciens de jazz y apprennent l?art de l?improvisation. Comment apprend t-on à improviser?
ça s?apprend effectivement. Apprendre à tenir une conversation musicale. Comme dans la vie, on improvise tout le temps. L?improvisation peut faire peur, mais quand on la manie bien ?
Vous êtes voisins du Château de la Star Ac. Que pensez-vous de ce genre d?émissions?
Je m?en fous complètement. Je trouve toutefois dommage qu?il n?y ait pas plus que ça. ça occupe tout un plan culturel. C?est pourtant la culture qui fait la qualité d?une société et le monde libéral étouffe la culture. Ce n?est pas rentable.
Votre musique fusion, vos inspirations si diverses, c?est votre manière de ? C?est ma manière de protester. La musique a toujours été un support revendicateur. En tant qu?artiste, on ne peut pas laisser faire les choses.
Didier Lockwood et sa bande, une dizaine de musiciens hors pair, vivent leur musique. Chaque soir, tout au long de la semaine, un concert à thème, tribute to Stéphane Grappelli, entre jazz et classique, Trio, Golf Partie et encore ce soir, Drums, par le grand batteur américain Billy Cobahm et le batteur français André Charlier. Et encore demain, le final, qui réunira tous les musiciens sur la scène du Touessrok.
Leur séjour à Maurice est une occasion pour eux de s?amuser encore à jouer, à pratiquer leur art dans un cadre enchanteur, à quelques pas de l?océan.
C?est tout aussi émerveillé que le public assiste aux concerts, un peu plus tard, dans la soirée. Chacun s?enfonce dans un confortable canapé et écoute passionnément la musique. Là, un homme ferme les yeux avec extase et laisse sa tête bercer au son de la musique. Là, un couple immobile suit des yeux les mains des virtuoses sur la scène, pendant que leurs pieds battent la mesure. C?est un délice.
Non content d?assister à de grands concerts par des artistes mondialement reconnu, le public mauricien est tout aussi charmé de voir sur la même scène des artistes mauriciens. Mardi, dès l?ouverture du Festival, c?est le violoniste Yves «Violon» Ramdian, qui accompagne Didier Lockwood, le guitariste américain Martin Taylor et le contrebassiste français Marc Michel Lebevillon. Un joli duo aux consonances tropicales.
Même après les concerts, un groupe de jazz mauricien se produit et achève en beauté ces soirées jazzy. Au bar, mardi dernier, un groupe mauricien, composé entre autres de Toto Lebrasse et Philippe Thomas, réjouit le public de grands standards, très Nouvelle Orléans.
Un tremplin pour nos musiciens. Certains sont même remarqués par Didier Lockwood et son producteur Philippe Lajus, qui dirige la société de production Didier Lockwood Sélection.
Didier Lockwood nous présente aussi Globe Trotter. Le public tombe des nues. Didier Lockwood est non seulement un excellent violoniste, mais également un magicien. Avec son seul violon, il traverse les continents, traverses les frontières de la musique et fait voyager son public. En s?enregistrant en direct, il parvient à faire les basses, les aigus, les rythmes, les percussions ? On passe par l?Inde, la Chine, l?Irlande. Accentuant l?écho, il nous ferait presque croire, soudain, à l?atterrissage d?un avion. La fin du voyage, c?est demain. Malheureusement. Mais cette première édition aura été une grande réussite à être renouvelée l?an prochain, avec, qui sait, un concert de plus, en dehors de l?hôtel, pour permettre à plus de monde de venir écouter ces grands musiciens.
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