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Tempête sur le Syndicat des sucres

19 mars 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

La confusion règne. La colère gronde. Les petits planteurs sont remontés contre le Syndicat des sucres. Il y aurait eu «fraude» car des tonnes de sucre seraient portées manquantes à l?exportation. Une source des Syndicats des sucres affirme, de son côté, que ces allégations sont non fondées. La commission anticorruption a également été saisie alors qu?une commission d?enquête est demandée.

Animant un point de presse hier, Harish Boodhoo a évoqué «une fraude massive se déroulant en Grande-Bretagne, portant sur des pertes de 100 à 150 millions de roupies par an». L?allégation concerne l?exportation du sucre roux vers les raffineurs britanniques, Tate & Lyle.

En fait, un tiers des revenus issus de l?exportation par le Syndicat des sucres revientaux 30 000 petits planteurs. L?organisme génère quelqueRs 10 milliards.

Harish Boodhoo a été plus loin dans ses allégations, qui, dit-il, ont été consignées à l?Independent Commission against Corruption, par voie de lettre en date du 10 mars. «J?ai fait mention du fait qu?il y a une caisse noire qui engraissent certains politiciens...»¸a-t-il déclaré. «Je fais un appel à Navin Beekarry, le commissaire» pour que ce présent cas soit traité avec toute l?attention voulue.

«le sucre ne peut se volatiser?

Les explications de Jugdish Goburdhun, dirigeant de la Mauritius Planters? Association Cooperative Society s?étendent sur la perte de 16 057 tonnes de sucre des coupes de 1994 à 2003. Selon un document circulé, un total de 9 644 tonnes «ont disparu» après le chargement des navires et le débarquement en Grande-Bretagne durant cette période. A ces pertes lors du transport, s?ajoutent celles au stockage. «C?est du vol. Le sucre ne peut se volatiliser», a-t-il affirmé. Et le manque à gagner, a-t-il souligné, serait de Rs 295 millions. D?où sa demande pour une commission d?enquête.

Un haut cadre du Syndicat des sucres apporte, cependant, une explication plausible. «Les pertes de poids sont normales», dit-il.

La perte de sucre à l?exportation intervient au moment de charger le navire. Et la partie restante est irrécupérable au débarquement car il est impossible de gratter toute la cale.

Pour ce qui est du volume manquant au stockage, il s?agit du sucre qu?on perd quand on remplit les caissons de l?usine, des éléments incontrôlables tels que «le vent». Le Syndicat des sucres, souligne-t-il, tient compte de ces pertes. Un barème a même été établi.

«Je ne vois pas comment on peut frauder sur ce sucre pour l?écouler illégalement. Une telle pratique entraînerait une participation des raffineurs de Tate & Lyle. Mais c?est impossible. D?ailleurs, à Londres, au débarquement, il y a des superviseurs de Tate et du Syndicat. Ce que nous reprochons aux raffineurs est qu?on ne peut récupérer le maximum de ce sucre», affirme cette source.

Le Syndicat des sucres a par ailleurs démarré l?année avec des allégations venant du Chief Finance Officer, Sachitanand Maudhoo. Dans une lettre adressée au président du Syndicat, Hansraj Ruhee, il montre du doigt la gestion du tandem Mrinal Roy, le Chief Executive et son adjoint, Rubina Ruhee.

Il est par la suite suspendu de ses fonctions et appelé devant un comité disciplinaire qui se réunit ce lundi sous la présidence de l?ancien juge Robert Ahnee.

«crime au nom de la confidentialité»

Les petits planteurs sont également représentés au sein du conseil d?administration. Et Heeralall Prayag et Deodass Boodram, qui en sont de ceux-là, démissionnent du conseil d?administration.

Intervenant à la conférence de presse, hier, Deodass Boodram a indiqué «qu?on ne peut continuer à commettre des crimes au nom de la confidentialité».

La suspension est d?ailleurs contestée en Cour suprême. Dans son affidavit rédigé par Me Pazhany Rangasamy, le CFO résume le contenu de sa lettre notamment le paiement de compensations aux usiniers et les hausses salariales.

Fort ces allégations répercutées dans la presse, un groupe de planteurs, qui est en passe de se constituer en association, réclame une commission d?enquête. Pour Salil Roy, planteur de l?Est, les pratiques dont on accuse le Syndicat des sucres «se déroulent avec la bénédiction de la Mauritius Sugar Authority».

La semaine prochaine risque d?être tout aussi agitée avec une déposition du CFO à la commission anticorruption. Quant aux petits planteurs, ils se réuniront ce lundi au siège de l?hebdomadaire Sunday Vani pour décider de la marche à suivre

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