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Chirac, Zapatero et Schröder tendent la main à Poutine
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Chirac, Zapatero et Schröder tendent la main à Poutine
Jacques Chirac, Gerhard Schröder et Jose Luis Rodriguez Zapatero retrouvent Vladimir Poutine ce soir à l?Elysée pour un entretien et un dîner destinés à établir une relation de confiance entre l?Union européenne et la Russie, à l?heure où Moscou essuie de nombreuses critiques. C?est un dîner au plan de table inédit qui réunira dans le Salon des portraits de l?Elysée le président du gouvernement espagnol, le chancelier allemand, le chef de l?Etat français et le président russe, réélu il y a un an pour un second mandat. La présence de Zapatero témoigne du désir de l?Espagne de redevenir l?un des moteurs de la construction européenne. Mais c?est bien sûr vers Poutine que se tourneront les regards, à l?heure où l?Union européenne ne cache pas son désir de soigner ses relations avec Moscou. Vladimir Poutine passera toute la journée à Paris. Un apéritif était prévu en fin de matinée à l?Elysée en présence d?une trentaine d?écrivains russes venus dans la capitale française à l?occasion du Salon du livre, dont la Russie est l?invitée d?honneur.
Le chef du Kremlin a ensuite déjeuné en tête-à-tête avec Jacques Chirac avant de visiter avec lui le centre de conduite des opérations aériennes de Taverny (Val-d?Oise), site majeur de l?armée de l?air française construit en partie sous terre. Une façon pour Jacques Chirac de rendre à Poutine la marque de confiance qu?avait représentée pour lui sa visite, l?an dernier à la même époque, d?un centre spatial militaire des environs de Moscou. Les deux dirigeants ont ensuite retrouvé à l?Elysée le chancelier allemand et le président du gouvernement espagnol pour un entretien à quatre voix avant une conférence de presse commune et un dîner.
De l?enlisement de la crise tchétchène à la ?révolution orange? en Ukraine, en passant par les critiques de Washington envers Moscou, le deuxième mandat de Vladimir Poutine a débuté sous le signe d?une crispation à laquelle les Européens veulent éviter d?être associés. Pour les Vingt-Cinq, l?enjeu est de préserver une relation stable, pacifique, durable et dense avec la vaste Russie, devenue sa proche voisine depuis l?élargissement de l?UE à l?Est, le 1er mai dernier, souligne-t-on de source diplomatique. Lors de leur rencontre à Bratislava fin février, le président américain George Bush avait reproché à Poutine des signes de recul de la démocratie en Russie, évoquant notamment la liberté de la presse et la suppression de l?élection des gouverneurs, désormais nommés par le Kremlin. Les Européens ne se sont pas joints à ce rappel à l?ordre, fidèles à leur diplomatie de la main tendue qui contraste avec le franc-parler américain.
L?Union européenne ne veut pas donner de leçon à la Russie mais établir avec elle une relation dans laquelle les avantages mutuels s?équilibrent, souligne-t-on dans l?entourage du président français, où l?on considère ?une relation apaisée avec la Russie comme le meilleur moyen, tout en lui disant les choses, de faire avancer l?Europe?. Face à un pays ?qui se redresse après avoir été historiquement blessé pendant longtemps?, il faut être ?très attentif à ce pas confondre l?essentiel et l?accessoire?, avait déclaré Jacques Chirac lors du sommet franco-polonais d?Arras, le 28 février. La rencontre de vendredi, qui s?inscrit aussi dans la préparation du sommet Union européenne-Russie du 10 mai, sera l?occasion d?aborder des sujets relatifs aux quatre espaces communs de coopération (économie; liberté, sécurité, justice; espace commun de sécurité intérieure; recherche, éducation, culture) et d?un tour d?horizon de l?actualité internationale. Le dossier nucléaire iranien sera notamment abordé à l?heure où Londres, Paris et Berlin tentent une médiation commune visant à dissuader Téhéran, qui entretient les relations anciennes avec Moscou, de se doter de l?arme nucléaire.
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