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Une situation financière précaire et difficile

17 mars 2005, 00:00

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Six mois après l?arrivée au pouvoir du président des Seychelles, James Michel, la Mission économique de Port-Louis (ME) ? qui relève de l?ambassade de France à Maurice ? se penchait récemment sur la situation économique et financière des Seychelles. ?L?actuel chef d?État s?est engagé à libéraliser le commerce et à assainir l?économie du pays?, souligne cette synthèse publiée au mois de septembre.

?Parmi les décisions déjà prises en vue d?enrayer la dégradation de l?économie seychelloise, on retiendra la constitution d?un Joint Economic Council, la révision annoncée du mode d?allocation des devises, la séparation de la banque centrale et du ministère des Finances, la baisse imposée des prix pratiqués par le Seychelles Marketing Board (SMB) et l?engagement pris de mieux protéger les investissements?, reprend la fiche de synthèse.

?Il reste à savoir si le président Michel réussira le pari de mettre en ?uvre les recommandations préconisées par les institutions de Bretton Woods, notamment celle portant sur la dévaluation de la roupie seychelloise afin de permettre au pays d?obtenir un rééchelonnement de sa dette extérieure après avoir conclu un accord avec le Fonds monétaire international (FMI)?, s?interroge la Mission économique de Port-Louis.

La ME souligne la faible diversification de la petite économie insulaire, ?très dépendante de ses ressources naturelles.? Fort de 82 000 habitants, l?archipel aux 115 îles jouit d?une croissance démographique modérée (+1,4 % par an).

?Avec un Produit intérieur brut (PIB) proche de 720 millions de dollars américains (estimation 2003), dont près de 75 % proviennent du secteur tertiaire, les Seychelles dépassent les 8 000 dollars de revenu par tête contre une moyenne de 520 dollars en Afrique sub-saharienne, même si ce chiffre doit être relativisé en raison de la forte surévaluation de la monnaie nationale et du niveau très élevé des prix à la consommation?, note la ME, avant de détailler les différents secteurs de l?activité économique seychelloise.

L?agriculture et la pêche représentent 3 % du PIB, tout en employant 7,5 % de la population active. Le secteur manufacturier draine pour sa part 18,2 % du PIB en fournissant un emploi à 14,5 % de la population. ?Le reste du PIB provient du bâtiment et de la construction (10 %), du transport et des communications (37 %), de l?hôtellerie et de la restauration (9,9 %) et des autres services (22 %)?, précise la ME.

Le secteur des services, essentiellement représenté par l?hôtellerie et la restauration, emploie à lui seul 37 % de la population active de l?archipel. ?L?activité touristique, qui procure les 3/4 des recettes en devises, connaît un déclin significatif en raison de la moindre compétitivité seychelloise par rapport aux pays environnants et de l?appréciation réelle de la roupie?, souligne la ME. Fondée voici une trentaine d?années, l?industrie du tourisme seychellois connut une progression continue jusqu?au milieu des années quatre-vingt-dix. La ME reconnaît : ?Il stagne depuis, confronté à la concurrence de nouvelles destinations proposant des services souvent de meilleure qualité et moins onéreux, comme Maurice ou les Maldives.?

<B>Un Produit intérieur brut multiplié par 8 en 20 ans </B>

Si les autorités seychelloises cherchent à développer le secteur des services financiers offshore (banques, assurances, enregistrement de navires et d?aéronefs), ?les résultats restent plutôt décevants à ce jour, malgré les réels efforts de promotion?, constate la Mission.

Au cours des vingt dernières années, le PIB-habitant aux Seychelles a été multiplié par huit. Cette progression est l?une des plus importantes en Afrique. ?La conservation de ces résultats est menacée en raison des nombreux déséquilibres macroéconomiques et structurels depuis le début des années quatre-vingt-dix?. Les déficits fiscaux, ceux de la balance des paiements ainsi que le taux de change fixe inadapté rendent selon elle l?économie seychelloise ?moins efficace et moins compétitive?. ?Les raisons principales de ces difficultés macroéconomiques tiennent pour l?essentiel à l?omniprésence de l?État dans l?économie?, estime la ME.

?La croissance des dépenses du gouvernement et la progression des salaires ? l?État emploie 53 % de la population active ? ont créé un important déficit budgétaire (-3,5 % du PIB en 2003 et -18,7 % en 2002), et ce, malgré des mesures correctives entreprises par l?État. Le Seychelles Marketing Board (SMB), créé en 1984 pour exercer le monopole de l?importation des denrées essentielles, s?est développé de manière tentaculaire et bénéficie prioritairement des allocations en devises d?importations?, remarque la Mission économique de Port-Louis. ?Souvent préconisé par la Banque mondiale et le FMI, le démantèlement du SMB n?est toujours pas à l?ordre du jour, en dépit du changement de président en avril 2004.?

La ME note également l?endettement massif des Seychelles pour financer les déficits budgétaires. ?L?endettement extérieur a progressé, passant de 25 % du PIB en 1999 à 80,3 % en 2002 et 77,4 % en 2003. La dette totale de l?État en 2002 correspondait à 199,7 % du PIB, dont 119,4 % pour la seule dette domestique?, explique la ME. ?L?augmentation très importante de la masse monétaire, qui a été multipliée par deux en cinq ans, s?est accompagnée d?un contrôle des prix et des changes très encadrés qui a permis de limiter l?inflation et de maintenir artificiellement la parité de la roupie seychelloise avec le dollar.?

Selon les observateurs économiques de l?ambassade de France à Port-Louis, le gouvernement des Seychelles se refuse toujours à une dévaluation qui pénaliserait le consommateur et donc altérerait le niveau de vie, sans bénéficier aux exportations ni même au tourisme, l?augmentation des produits importés par les hôtels se répercutant sur la facture des visiteurs.

<B>Le Quotidien de la Réunion</B>

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