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Politique économique du PTr : les grandes lignes

28 février 2005, 20:00

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Je me réfère à l?éditorial du lundi 28 février intitulé ?Improvisation? (selon toute évidence basé sur le rapport de votre journaliste présent au 66e congrès du Parti travailliste), traitant des propositions de Navin Ramgoolam pour relancer l?économie et apporter des mesures de démocratisation dans le système économique national.

Il est infiniment regrettable que votre journaliste ait choisi de s?en tenir aux déclarations générales de Navin Ramgoolam et d?omettre complètement de faire état des mesures économiques concrètes pourtant très clairement énoncées. Et cela vous donne malheureusement, sur la base d?informations évidemment incomplètes et biaisées, l?occasion, dans votre éditorial en question, d?user vis-à-vis de Navin Ramgoolam et de son discours de termes tels que ?mépris pour le citoyen?, ?capacités de mystification?, ?improvisation?, ?le comble du risible? et ?subterfuge?.

Le discours de Navin Ramgoolam hier au congrès du Parti travailliste contenait sans ambages et sans ?secret?, les priorités de son programme économique, qui était tout sauf ?entouré du flou le plus total? et ?de vagues promesses? comme vous l?écrivez. Puisque votre journaliste a choisi de ne pas rapporter ces priorités je m?autorise à les rappeler ici.

Ces priorités tiennent en quatre grands objectifs et dans les quatre cas, les mesures concrètes suivantes ont été énoncées.

Restaurer la confiance du monde des affaires et des investisseurs ? laquelle confiance est à son niveau le plus bas selon la plupart des études effectuées à ce sujet. L?investissement et le redémarrage des activités économiques durables ne pourront se faire sans la restauration de cette confiance, et cette série de mesures va de pair avec le redressement des grands indicateurs macro-économiques.

? briser les multiples contraintes bureaucratiques établies par les mesures de ?policed economy? du gouvernement MSM-MMM

? instaurer un cadre d?affaires (business environment) prévisible,

? définir des politiques claires pour nos secteurs prioritaires, dont notre politique stratégique de libéralisation du commerce (qualifiée par le e-Newsletter de la Chambre de Commerce et d?Industrie, Chamber News, CN 256 du 11 février 2005, de ?lacking in strategic thinking?.)

? assurer la transparence dans la gestion des affaires des secteurs public et privé (élément de confiance absolument essentiel à la décision d?investissement des entrepreneurs nationaux et étrangers).

Stimuler la reprise économique par des mesures d?encouragement à l?investissement et à l?entrepreneuriat : consolider les piliers existants de l?économie par des mesures de soutien adéquates tout en diversifiant l?économie par l?encouragement à l?ouverture de nouveaux modules de développement tels l?exploitation des ressources marines et les services régionaux diversifiés; introduire des politiques monétaires et de taux de change efficaces; ouvrir les portes de l?économie dans tous les secteurs à des investisseurs étrangers en partenariat avec des entrepreneurs locaux ?empowered?; éliminer les contraintes à l?entrepreneuriat (bureaucratie et contraintes en termes d?accès aux ressources et aux capacités); favoriser l?émergence d?un secteur privé diversifié, dynamique et vigoureux au lieu d?une situation de très grande concentration des richesses et apporter des mesures considérables de soutien à ce secteur, principalement constitué de PME.

Démocratiser l?économie pour la rendre plus efficiente et mettre en marche toutes les forces productives. Sous ce chapitre, Navin Ramgoolam a annoncé les mesures suivantes : introduire un nouveau dynamisme dans l?économie en ouvrant tous les secteurs de cette l?économie à des entrepreneurs/investisseurs étrangers et promouvoir des partenariats avec des entrepreneurs locaux dans le cadre du ?economic empowerment scheme? du futur gouvernement travailliste (emerging entrepreneurs); reformer le système de propriété et l?accès à la propriété de la terre en promouvant l?utilisation rationnelle des chassés, la révision des ?grazing leases? et des terres occupées sans titre de propriété et les mettre à la disposition des entrepreneurs locaux dans le cadre du ?economic empowerment scheme? du futur gouvernement travailliste (emerging entrepreneurs); réglementer le morcellement des terrains sucriers et le prix de vente de ces terrains sur la base de la valeur du marché (comme cela se fait dans beaucoup de pays, dont en France); mettre à la disposition de nouveaux entrepreneurs des ressources adéquates pour le développement d?un secteur privé diversifié et dynamique; introduire des mesures pour assurer le recrutement, l?emploi et le développement de carrière pour tous dans les secteurs public et privé sur la base de la méritocratie: l?application du principe d ?équité et de diversité dans l?emploi

Mettre en place une politique proactive de promotion des petites et moyennes entreprises (PME). Cela comprend les mesures suivantes: mettre en place des politiques concrètes de soutien aux PME pour leur faciliter l?accès au crédit, au financement, aux technologies, aux marchés locaux et d?exportation et aux capacités de management; introduire des mesures d?empowerment pour permettre aux PME et aux nouveaux entrepreneurs de participer à des activités économiques actuellement liées à des situations de monopole ou de cartel ? unbundling, outsourcing, intégration des PME et des nouveaux entrepreneurs dans des activités en amont et en aval des activités principales (core activities) dans les situations susmentionnées; éliminer les blocages administratifs et bureaucratiques qui gênent le développement de l?entrepreneuriat; intégrer dans les régions rurales et côtières les communautés locales dans le développement économique de la région dans des domaines tels que l?agriculture, le tourisme et l?exploitation de la mer (integrated spatial development); obtenir du secteur privé qu?il établisse et respecte des programmes de ?corporate social responsibility?: participation et contribution du secteur privé au développement des villages, des quartiers et à l?épanouissement des employés.

Les politiques susmentionnées seront soutenues par un cadre institutionnel dans lequel l?Etat agira non plus comme un simple facilitateur qui maintient et renforce les inégalités sociales et économiques, mais comme un catalyseur du changement social et sera à l ?écoute des besoins et souhaits de toutes les catégories sociales, et surtout des catégories désavantagées et suppression du gouvernement seulement à l ?écoute des riches et des puissants (agency and influence issues)

Le discours de Navin Ramgoolam hier au 66e Congrès du Parti travailliste ne visait nullement à rendre public, comme vous semblez le croire, son programme électoral: celui-ci viendra en temps et lieu, quand les élections seront décidées et annoncées. Navin Ramgoolam a, dans son discours, déclaré qu?il se limitait ?à définir les grandes lignes de notre action immédiate pour relancer l?économie et la démocratiser? (sic). Et ces grandes lignes furent annoncées, clairement et sans ambiguïté comme indiqué plus haut. Vous admettrez sans nul doute que c?est la première fois dans notre histoire qu?un parti politique dans l?opposition rend publiques les grandes lignes de son programme de politique économique bien avant que les élections ne soient déclarées.

NDLR : Cader Sayed-Hossen fait ici un énoncé des grandes orientations économiques de son parti. A son congrès de dimanche, Navin Ramgoolam en avait fait autant. Le PTr a choisi de faire connaître seulement ses intentions pieuses. Il omet de parler des mesures détaillées qui seront prises pour appliquer son programme, le cas échéant. En attendant que le PTr décide de révéler par quels moyens et suivant quel calendrier il compte traduire dans la réalité ses bonnes idées, le compte-rendu des discours de ses dirigeants paraîtra, même aux yeux de Cader Sayed-Hossen, ?incomplet?.

par Cader SAYED-HOSSEN

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