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Dhanesh Sobee meurt dans des circonstances suspectes

1 mars 2005, 00:00

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?Mo fer serment lor lalimier : personn pa finn fer li ditor. Se enn aksidan kinn arive.? Bineshwar, le frère de Dhanesh Sobee, encore sous le choc provoqué par la mort de ce dernier, est certain de ce qu?il avance. Mais l?autopsie pratiquée par le Dr Satish Boolell ne tend pas vers la même conclusion. Le décès survenu à 15 heures dimanche est dû, dit-il, à un choc provoqué par une incision au cou et une lacération de la carotide. Des blessures ayant aussi été notées sur le corps et à l?arcade sourcilière, le légiste estime qu?il y a de minces chances qu?elles soient de nature accidentelle.

Autre fait étrange : le médecin légiste n?a retrouvé aucun fragment de verre dans les blessures. Pourtant, la mère de la victime, Radhika, 73 ans, et son frère Bineshwar, de huit ans son aîné, affirment l?avoir retrouvée torse nu, étendue sur le ventre et bai-gnant dans une mare de sang et de milliers de morceaux de verre provenant d?une assiette brisée. Il est toutefois vrai que ses proches avancent avoir essuyé son corps et troqué son short contre d?autres vêtements pour qu?il puisse être décemment vêtu à son arrive à l?hôpital.

Eméché

Radhika Sobee, tout échevelée, a le visage bouffi des gens qui ont trop pleuré leurs disparus. Elle a perdu son mari il y a six mois, à la suite d?un accident cérébral. Maintenant, c?est au tour de son fils, envers qui la vie n?a pas été tendre, d?emboîter le pas au père.

A écouter la septuagénaire, cet ex-employé de la sucrerie Deep-River-Beau-Champ menait une existence tranquille entre sa mère, son épouse et leurs deux enfants. Ces derniers lui ont toutefois été enlevés lorsque sa femme s?en est allée. A dater de ce jour-là, Dhanesh n?aurait plus été le même. ?Linn komans boir ek linn vinn alkolik. Li ti mem suiv tretman lopital Brown-Séquard. Me linn kontinie boir e lakoz sa linn perdi travail.?

A chaque fois Dhanesh rentrait, éméché, il se réfugiait dans sa chambre, oubliant régulièrement le dîner que sa mère avait conservé dans une assiette à la cuisine et même les douleurs résultant de ses chutes. ?Ler li desoule ki li realize ki linn gagn dimal. Linn deza al soign so lipie lopital.?

Pour se payer ses verres, Dhanesh confectionne des ?balie coco? qu?il vend, quand il ne s?improvise pas jardinier. Il lui arrive aussi de nettoyer le van de son cousin, Neerunjun Hallooman qui, en retour, l?emmène régulièrement faire un tour. Ce dernier s?en veut d?ailleurs énormément car il avait promis à Dhanesh de le conduire à Vacoas, où il avait affaire, dimanche matin. Sauf qu?à l?heure convenue ? vers 9 h 30 ? Dhanesh s?amusait encore avec des gosses du coin. ?Li pa ti ankor pare. Monn kit li monn ale. E dir ki si li ti ar moi, kitfoi li pa ti pou mor.?

Radhika l?a effectivement vu quitter la maison vers 9 heures, alors qu?elle revenait du marché. Elle savait pertinemment qu?il irait encore se saouler. Mais rien de ce qu?elle aurait pu dire ne l?en aurait dissuadé. ?Tou dimounn ti koz ar li me li pa ti ekoute.?

Vers 10 heures, elle se rend à des fiançailles dans le village et rentre à 15 h 30. Elle remarque des traces de sang sur le sol du couloir et tombe en arrêt devant le corps de son fils qui gît dans une mare de sang. ?Mo garson ti anba dan boukou disan. Monn irle e Bineshwar ki abit lakaz akote inn vini.?

Mère et fils auraient retourné le corps. ?So lasiet ti kase bout par bout anba so lestoma ek so likou. Letan nounn komens souy li pou sanz so linz pou amenn li lopital, lerla monn trouv blesir dan so likou?, raconte Bineshwar, les traits aussi tirés que ceux de sa mère.

Ils alertent les voisins et la police. ?Letan lapolis met dra lor so latet ki nounn kone ki linn fini mor?, poursuit le frère aîné qui se dit surpris par les conclusions de l?autopsie. Selon lui, Dhanesh n?avait aucun ennemi. ?Li ti bien populer ar tou dimounn.? Il appartient désormais à la police de s?en assurer...

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