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George Bush parle de démocratie avec Vladimir Poutine

25 février 2005, 00:00

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George Bush parle de démocratie avec Vladimir Poutine

Dernier grand rendez-vous inscrit au programme de sa tournée européenne, les entretiens que George Bush a eu hier après-midi à Bratislava avec Vladimir Poutine lui fourniront l?occasion d?exhorter son homologue russe à ?renouveler son engagement en faveur de la démocratie?.

A Moscou, un conseiller du Kremlin a assuré lui que Poutine et Bush insisteraient sur les menaces communes à leurs deux pays et ne laisseraient pas les griefs de personnes ?faibles? compromettre leurs relations.

?Dans une approche responsable (...), il n?y a aucune place pour les personnes faibles qui sont prêtes à exagérer des problèmes extérieurs, des obstacles et des divergences de vue?, a expliqué Sergueï Prikhodko.

Il n?empêche que George Bush a réitéré mardi ses critiques sur l?état de la démocratie en Russie. La veille, il s?était attiré les foudres de Poutine, qui s?était offusqué d?une première charge lancée par le président américain contre des atteintes à la liberté de la presse et à l?économie de marché en Russie.

Depuis quelques mois, les pays occidentaux s?inquiètent de plus en plus de ce qui leur apparaît comme une dérive autoritaire de la Russie, inquiétudes relayées par la nouvelle secrétaire d?Etat américaine, Condoleezza Rice, ex-?soviétologue?, qui a invité au début du mois Moscou à démontrer qu?elle respecter vraiment les ?principes fondamentaux de la démocratie?.

Relation constructive avec la Russie

?Les principes fondamentaux de la démocratie et les institutions de la démocratie doivent être adaptés aux réalités de la vie russe contemporaine, à nos traditions et à notre histoire. Et nous le ferons par nous-même?, prévient Vladimir Poutine dans les médias slovaques.

La délégation américaine est sceptique, à en croire un haut responsable américain qui trouve ?toujours suspect que l?on place des adjectifs derrière le mot ?démocratie?. Démocratie populaire, démocratie prolétarienne, démocratie aryenne, démocratie gérée?.

?Je suis toujours profondément favorable à une relation constructive avec la Russie, coopérer là où nous le pouvons mais rester fidèles à nos valeurs?, ajoute-t-il, admettant que c?est là chose plus facile à dire qu?à faire.

Dans son discours ?refondateur? prononcé lundi à Bruxelles, George Bush a affirmé que ?le gouvernement russe doit renouveler son engagement en faveur de la démocratie et de l?Etat de droit? pour que la Russie ?progresse en tant que nation européenne?.

De source russe, on souligne cependant que les entretiens de Bratislava ont été soigneusement ?calés? par les sherpas du Kremlin et de la Maison blanche et des experts s?attendent certes à ce que Bush émette des critiques, mais qu?il le fasse en privé et non lors de la conférence de presse commune pour ne pas mettre Poutine dans l?embarras.

?Si vous discutez avec des analystes russes, ils vous diront que Poutine a horreur des critiques publiques et que ce n?est pas le meilleur moyen de négocier avec lui?, affirme un autre responsable américain. ?Bush a été critiqué pour ne pas avoir haussé le ton. Mais d?un autre côté, il faut que le message reste efficace.?

En outre, les moyens de pression de Washington sur Moscou sont minces: la hausse des prix du pétrole a rempli les caisses de la Russie, et réduit sa dépendance aux prêts et aides de la communauté internationale.

Poutine a horreur des critiques publiques

De plus, la Russie s?est rapprochée de l?Occident sous la présidence de Poutine, ce qu?a illustré la création d?un conseil Russie-Otan, et elle a de bonnes chances d?adhérer à l?Organisation mondiale du commerce (OMC).

George Bush doit veiller aussi à ne pas s?aliéner ce partenaire alors que Washington et Moscou coopèrent dans certains dossiers chauds de l?actualité internationale, comme la question nucléaire en Corée du Nord ou en Iran ou la lutte contre le terrorisme international.

Ce sera la douzième rencontre entre Bush et Poutine, l?ancien officier du KGB dont le président américain assurait en juin 2001 qu?il pouvait ?lire dans son âme? (?get a sense of his soul?).

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