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Bérenger-Jugnauth sert d?arme électorale

24 février 2005, 00:00

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A écouter la douzaine d?orateurs de l?Alliance sociale hier, à Rose-Belle, les maux de Maurice ont deux origines : l?autocratie de Paul Bérenger et les intérêts unilatéraux de la famille Jugnauth. Rien ne leur aura été épargné durant les deux heures et demie de discours au Gandhi Square.

Fait marquant, les orateurs se sont abstenus de commenter les tractations des cinq démissionnaires du Mouvement socialiste mauricien (MSM) auprès du Parti travailliste (PTr).

Devant environ 400 personnes, Arvind Boolell, député de la circonscription, a bien résumé les propos tenus par ceux qui l?ont précédé sur le caisson de camion. ?Aujourd?hui, la force politique et économique est dans la main d?une poignée de personnes à cause de la trahison de la famille Jugnauth.? La trahison étant de permettre à Paul Bérenger d?accéder au poste de Premier ministre

Madun Dulloo, leader du Mouvement militant socialiste mauricien (MMSM) est encore plus explicite. ?Jugnauth inn donn Paul Bérenger pouvoir. Inn van sa pouvoir la.? Il était le seul leader des partis composant l?Alliance sociale présent. Kailash Purryag a affirmé que le MSM ?est bouffé? par le Mouvement Militant Mauricien (MMM). ?MSM inn fini zordi parski so leader plis interese vinn Premie minis ki defann so elektora.?

Complots

La circonscription n° 11 (Vieux Grand-Port-Rose-Belle) est également celle de Pravind Jugnauth. Ce dernier a récemment laissé savoir qu?il comptait s?y représenter. C?était une raison de plus pour les orateurs de s?en prendre à lui et sa famille.

Le Voluntary Retirement Scheme (VRS) initié lorsque Pravind Jugnauth était ministre de l?Agriculture n?a pas été épargné. La circonscription contient en effet une forte concentration de planteurs et artisans de l?industrie sucrière.

Faire le lien entre des complots allégués de la part de Paul Bérenger et Pravind Jugnauth en faveur de ?bann gran misie? était un thème porteur, semblaient croire les orateurs. Ils ont donc copieusement puisé dans ce réservoir.

Ils ont laissé entendre que la réforme sucrière profiterait à ?ces grands messieurs ?. ?Ban pov pe vinn pli pov e bann ris pli ris?, a lancé Richard Duval, membre du Parti mauricien Xavier Duval (PMXD). Kailash Purryag a estimé que ?le peuple ne bénéficiait pas du développement.?

Madun Dulloo a affirmé que le ?pays perd son indépendance?. ?Guette Agaléga, Rodrigues ek bor la plaz ki pe rase ek ti peser. Pe pran ou la plaz e zot pe pran zot pou bourik, boufon.? Le pays est vendu aux grands capitalistes, laisse-t-il sous-entendre, alors que l?enquête sur le hold-up à la Mauritius Commercial Bank (MCB) serait étouffée. C?est du moins ce que pense Madun Dulloo, qui dénote des similitudes avec l?affaire MCB/National Pensions Fund, où un peu plus de Rs 800 millions avaient été détournées. Dans le même souffle, il s?en est lourdement pris au speaker de l?Assemblée nationale.

Le chômage et l?insécurité sont un autre thème porteur. ?Zot per pou donn sif somaz, pu manipule bann sif la. Pena travay, mem labourer pena?, a avancé Madun Dulloo. 43 000 emplois auraient été perdus depuis 2000. L?industrie sucrière a elle seule se serait vue amputée de 18 000 emplois, selon le leader du MMSM.

Pour ces raisons, les orateurs ont appelé unanimement à un retour du pouvoir au peuple. ?Servi arme droi de vote. Ce sont les élections de la dernière chance?, a lancé Arvind Boolell devant une foule mi-figue mi-raisin.

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