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Notre argent est-il en sécurité ?

20 février 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Les banques rêvent d?une société sans billets ni pièces. Sans ceux-là, inutile de stocker des milliards dans leurs coffres. Et adieu donc, risques de braquages en tous genres. Mais tant que ce rêve de banquier ne devient pas une réalité, il va falloir continuer à protéger au mieux les dépôts qui se trouvent dans les banques. Le vol des Rs 51 millions à la Mauritius Commercial Bank (MCB) est venu prouver que tout système de sécurité, aussi sécurisé soit-il, est susceptible d?être abusé.

Le dispositif de la State Bank of Mauritius (SBM) est par contre plus visible que celui de la MCB. Sur les trottoirs du 1, Place d?Armes, les caméras de surveillance sont volumineuses et ostensibles. À l?intérieur de la banque, aux étages où le public a librement accès pour effectuer des transactions bancaires, on peut les voir, à condition de bien les chercher.

Dehors, à l?arrière de la façade de la SBM Tower, les fréquentes allées et venues des convois de transports de fonds à partir du sous-sol rythment la journée. Les étages supérieurs de la banque, qu?occupent les services administratifs, sont verrouillés.

Il est impossible, par exemple, de prendre l?ascenseur pour aller au cinquième étage, sans passer par l?accueil, où un « interrogatoire » en bonne et due forme est mené pour savoir qui vous allez rencontrer, tout cela accompagné de vérification d?usages?

À la MCB, l?ambiance est plus détendue. Au premier niveau du quartier général, l?effervescence règne en permanence. Les ascenseurs sont librement accessibles. C?est seulement lorsqu?on arrive aux étages supérieurs qu?un planton, qui fait office de vigile, vous demande vos papiers d?identité et qui vous souhaitez rencontrer, et vous guide jusqu?à son bureau. Il y aurait une cinquantaine de plantons-vigiles qui travaillent dans les 15 niveaux du Q. G. de la MCB. Sept recrutements seront bientôt effectués pour renforcer la sécurité autour du coffre. C?est le saint des saints. Selon certaines indications, celui-ci peut contenir environ Rs 600 millions en temps normal. En période de fin d?année, la somme peut frôler ou même dépasser le milliard de roupies. Une petite armée y travaille. Elle est composée d?un personnel de six personnes environ. Ils y sont affectés en permanence et ils sont aidés par deux plantons pour la manutention des sacs contenant des pièces ou des mallettes de billet.

Les arrivées et les départs d?argent du coffre sont fréquents. Le matin, l?argent est acheminé vers les succursales. Les sommes sont déterminées, à l?avance, par les managers des filiales. L?argent voyage aussi dans l?autre sens. Chaque succursale n?a le droit de conserver qu?une somme définie dans son coffre. Celle-ci est déterminée par le montant d?une assurance qu?il contracte et qui leur permet de conserver Rs 15 millions, Rs 25 millions ou plus dans leurs locaux. Dès que cette somme est dépassée, il faut renvoyer le surplus à la maison mère. Car en cas d?escroquerie ou de vol, l?assurance ne rembourse que la somme maximale assurée.

Une fourgonnette banalisée arrive par le parking en sous-sol. Les sacs de pièces sont remontés vers le coffre par un monte-charge, pour y être stockés. Tandis que les mallettes de billet sont transportées à la main jusqu?aux caissiers de la « control room » du coffre, où les sommes sont contrôlées. On vérifie si les mallettes contiennent l?argent indiqué par les succursales ou ceux qui les ont envoyées.

MCB : un des systèmes les plus sûrs du pays...

Tout ceci peut être rangé dans le coffre. Celui-ci est fermé par deux portes. Une porte à barreaux, assez imposante et qui se ferme avec une clé. Elle est fermée dès que le coffre n?a plus de visite. Et la deuxième porte est, par contre, beaucoup plus importante. Elle est en acier et fait environ 30 centimètres d?épaisseur. Son système d?ouverture est particulier. La porte s?ouvre à l?aide d?une clé, ou plutôt de deux clés?qui ne font qu?une ! Deux responsables du coffre détiennent chacun une partie de la clé. Ils l?assemblent le matin pour ouvrir le coffre. À la fermeture, ils ferment le coffre avant de reprendre leur partie de la clé. Ils la conservent avec eux, et cela, même après avoir quitté la banque.

Les récents événements à la MCB n?ont pas bouleversé en profondeur la sécurité à la banque. À la MCB, on s'enorgueillit de posséder un des systèmes les plus sûrs du pays. Il a été inspiré en partie par ceux des grandes banques internationales. Mais impossible d?en connaître les failles.

La réplique de Roselyne Lebrasse-Rivet peut laisser perplexe après les récents événements : « Est-ce que le système de sécurité a failli ? Nous ne le pensons pas », explique-t-elle. Les banques entourent leur système de sécurité d?un épais voile de discrétion. Aucun détail ne sera révélé lors d?un entretien avec Roselyne Lebrasse-Rivet et Alain Law Min, Chief Manager et Head of Retail de la MCB.

Impossible de connaître le nombre de vigiles qu?emploie la banque à son Q. G., et dans ses filiales, ni le nombre de caméras de sécurité. Les autres banques affichent la même réticence. La SBM choisit même la politique de la porte fermée.

Il faut déployer tous les moyens pour protéger les importantes sommes en circulation. Alain Law Min croit toutefois déceler une tendance rassurante. « Plus de 70 % des opérations bancaires dans le pays sont automatisées. On va vers une cashless society », croit-il.

Ainsi, en novembre dernier, selon les statistiques de la Banque de Maurice, des Rs 9, 4 milliards en circulation, les banques commerciales du pays n?en détenaient que Rs 2,7 milliards. Le rêve des banquiers pourrait être réalisé un jour. Mais tant que des malfrats rêveront de dévaliser les banques, le système de sécurité devra être maintenu.

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