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Règlements de compte
On s’attendait à des discours “règlements de compte” et l’on ne s’est pas trompé. D’ailleurs, le Premier ministre, Paul Bérenger, avait donné le ton la veille lors de l’inauguration du “Football House” de la Mauritius Football Association à Trianon en fustigeant “certaines fédérations”.
Lui emboîtant le pas, hier, lors des discours du Sports Gala Night, Raj Gaya (président du Mauritius Sports Council) et Ravi Yerrigadoo (ministre de la Jeunesse et des Sports) n’y sont pas allés de mains mortes.
Les principales cibles ont été les dirigeants de certaines fédérations, les “pourfendeurs” du Sports Act et… la presse !
Raj Gaya devait parler de “sport mauricien qui est malade, de sursaut de la part de tous les stakesholders car trop de ressources sont gaspillées dans les disputes, polémiques et mauvaises gestions”. Il a aussi fait un appel à “ceux qui détiennent le pouvoir du vote” car des élections auront lieu dans la majorité des fédérations sportives cette année.
Le président du MSC s’est voulu rassurant envers les sportifs au sujet du déroulement des votes pour les awards. “On nomme un athlète sur l’ensemble de ses résultats sur un an. Depuis les deux dernières années, le système a été démocratisé afin de permettre une plus large participation des acteurs du monde sportif, comme le public et les fédérations”, a-t-il dit.
“Fédérations paresses”</B>
La réponse à ce propos est venue, quelques instants plus tard, de nul autre que le Premier ministre lui-même. “Sans être expert, je crois qu’on peut améliorer la formule, surtout en ce qui concerne la composition du panel. Je pense qu’on devrait pouvoir y inclure la presse sportive et aussi le Trust Fund for Excellence in Sport. Ce n’est pas normal que le Trust Fund ne soit pas sur le panel”, a souligné Paul Bérenger.
Ce dernier s’est aussi appesanti sur le “Sports Act”, certaines “fédérations paresses” et la MBC. “Le Sports Act a été voté pour être respecté. Nous ne pouvons y apporter des amendements tous les mardis au parlement. Nous amendons quand le besoin se fait sentir. Les fédérations doivent respecter la loi. Nous sommes un gouvernement ouvert et nous accordons énormément en termes de budget et d’infrastructures au sport, comme aucun gouvernement auparavant”, a-t-il dit.
“Je constate qu’il n’y a pas eu de progrès au niveau de nombreuses fédérations, car les tiraillements, les règlements de compte et les mesquineries éclaboussent l’aspect sportif. Je lance un appel pour un nouveau départ”, a insisté Paul Bérenger.
Le P.M. a également exhorté la MBC à améliorer ses programmes et de valoriser davantage les sportifs et entraîneurs de toutes les régions. Les “stariser”, a-t-il dit.
Pour sa part, le ministre Ravi Yerrigadoo a mis en exergue l’apport financier du gouvernement au monde sportif pour la formation, l’amélioration des infrastructures, l’encadrement des athlètes et la régionalisation.
Le ministre des Sports a défendu le Sports Act avec vigueur, constatant de passage “qu’il y a toujours une méconnaissance de la loi au sein du mouvement sportif-mauricien”.
<B>La presse critiquée</B>
“Le délai de mise en application a été étendu, la loi assouplie davantage à la demande des fédérations et l’allocation budgétaire constamment augmentée. Pourquoi alors sommes-nous encore confrontés à des difficultés”, s’est-il demandé.
Ravi Yerrigadoo s’est dit compréhensif que des problèmes existent au niveau de certaines fédérations pour la mise en application de la loi-cadre et a promis tout le soutien de son ministère. “Les demandes de dérogation seront examinées cas par cas”, a-t-il fait ressortir.
D’autre part, les orateurs n’ont pas épargné la presse dans leurs critiques. Paul Bérenger a constaté que “le ton d’une certaine presse est virulent. La personnalisation de certaines choses est malsaine. Le droit à la critique est sacré, mais il faut faire des suggestions dans un bon ton”.
Idem pour Raj Gaya qui a demandé à la presse “de jouer pleinement son rôle de façon objective sans antagoniser les choses et créer des situations malsaines dans le monde sportif.”
Comme si c’est la presse qui invente tous ces problèmes de “clubs fictifs”, de “règlements de compte, tiraillements et mesquineries dans certaines fédérations” ou de “suspension de deux fédérations locales à cause de problèmes internes durant l’année 2004”…
À noter que les trois intervenants ont souligné que l’année 2005 a été décrétée par l’Organisation des Nations unies “Année internationale du sport et de l’éducation physique”. Ils ont souhaité l’élargissement de la pyramide sportive et la pratique du sport dès le plus jeune âge dans toutes les régions.
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