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Le CIO commence par Madrid

2 février 2005, 20:00

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La commission d?évaluation du Comité international olympique entame cette semaine à Madrid sa tournée des villes candidates à l?organisation des Jeux olympiques 2012, qui la mènera ensuite à Londres, New York, Paris et Moscou.

Cette commission, composée de 13 membres et présidée par la championne olympique marocaine Nawal el Moutawakel, passera quatre jours dans chaque ville, où elle sera chargée d?examiner la fiabilité des dossiers mais aussi d?effectuer des visites d?évaluation sur le terrain.

À Madrid du 3 au 6 février, le comité d?inspection se rendra ensuite à Londres du 16 au 19 février, à New York du 21 au 24 février, à Paris du 9 au 12 mars et enfin à Moscou du 14 au 17 mars.

À l?issue de ce tour du monde, il rédigera un rapport qui sera envoyé aux membres du CIO et rendu public en mai. Le nom de la ville organisatrice des Jeux 2012 sera dévoilé à Singapour, en juillet, à l?occasion de la 117e session du CIO.

<B>Début de crise à Londres</B>

Madrid, qui apparaît pourtant comme un sérieux prétendant, joue profil bas à deux jours de la visite. Les responsables de la candidature espagnole, basée sur l?idée de Jeux ?verts? et dont les points forts sont le réseau de transports en commun, les infrastructures modernes et l?atmosphère de fête propre à la ville, affirment que leur dossier n?est pas assez bon pour l?emporter.

Info ou intox ? Depuis que les cinq villes ont été présélectionnées en mai, théories, conjectures et spéculations vont bon train. Dans cette guerre des nerfs, il reviendra à la commission de se faire une opinion la plus précise possible des atouts et faiblesses de chaque candidature.

Madrid, qui s?est parée de messages d?accueil à l?attention des 13 commissaires, affiche en tout cas sa détermination.

Le maire de la capitale espagnole, Alberto Ruiz Gallardon, a déclaré que l?accueil de la plus grande manifestation sportive au monde représenterait un gain de six milliards d?euros pour la ville d?ici 2016 et permettrait la création de 300 000 emplois à travers le pays.

Malgré le souvenir des attentats ferroviaires du 11 mars 2004, les organisateurs espagnols insistent sur l?amélioration des conditions de sécurité, comme en témoigne l?évacuation rapide en décembre du stade Bernabeu après une fausse alerte à la bombe.

Mais certains détails, plus anecdotiques, préoccupent également le comité madrilène. ?Nous savons que notre projet est très bon, mais nous avons des problèmes avec l?anglais. Alors, certains représentants prennent des cours pour améliorer leur accent?, a déclaré Isidre Rigau, un des responsables de Madrid 2012, dans les colonnes d?El Pais.

Les dissidences régionalistes catalane et basque mais aussi les problèmes de racisme, mis au jour lors du match de football amical contre l?Angleterre en décembre, pourraient également plomber la candidature madrilène. Placé en quatrième position juste devant Moscou par un panel de journalistes internationaux choisi par Reuters, Madrid pourrait bien jouer les trouble-fêtes et profiter de sa situation d?outsider.

À Londres, prochaine ville inspectée, la tension est montée d?un cran depuis que des opposants au projet ont menacé de perturber la visite de la commission du CIO.

Le groupe de pression ?No London 2012? (Non à Londres 2012) a prévu d?organiser une manifestation le 19 février, dernier jour de la visite.

En outre, la presse britannique a rapporté ce week-end que certains membres du comité d?organisation se déclaraient battus d?avance par Paris, ce qui a obligé le président de la candidature, l?ancien champion Sebastian Coe, à sortir de sa réserve pour défendre son projet. ?Paris est clairement un candidat redoutable, mais Londres est dans une très bonne position?, a-t-il assuré.

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