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Le dénouement

2 février 2005, 20:00

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S?il survient cet après-midi, le départ, volontaire ou forcé d?Anil Bachoo, ne surprendra guère. Même si les jeux ne sont pas encore entièrement faits et si des médiateurs tenteront jusqu?à la dernière minute de le faire changer d?avis, il est peu probable que le ministre décide de rester. Le psychodrame déclenché par ses atermoiements devrait donc prendre fin aujourd?hui.

Trois cas de figure sont envisageables. Soit il rencontre le Premier ministre, comme il a été convenu entre eux depuis lundi, et lui donne les garanties réclamées. Soit il annule le rendez-vous et soumet sa démission comme ministre. Ou encore, il peut décider de se rendre au bâtiment du Trésor tout en refusant de donner des indications claires sur son avenir politique. Dans ce dernier cas, Paul Bérenger tranchera dans le vif et révoquera le ministre.

Au fond, si sa décision est déjà prise d?abandonner son parti, le MSM, c?est le troisième scénario qui conviendrait le mieux à Anil Bachoo. Pour lui, il y a davantage de dividendes électoraux à obtenir en jouant au martyr plutôt que de partir de son propre gré. D?autant plus que dans le contexte de la polarisation ethnique de la campagne actuelle, une lettre de révocation portant la signature de Paul Bérenger sera un argument électoral percutant pour l?opposition.

De fait, cela fait longtemps que le c?ur d?Anil Bachoo oscille entre la contestation et la loyauté. Mais au lieu de crever l?abcès, le premier député de Flacq-Bon-Accueil a tenté de biaiser avec le conflit. Ses divergences avec son leader Pravind Jugnauth et avec la ?bande des trois? ? Nando Bodha, Joe Lesjongard et Showkutally Soodhun ? étaient connues. Il n?a pas été soutenu par son parti quand il a eu à faire face aux assauts de l?alliance sociale, et en particulier de Rama Valayden, au sujet des patentes de taxi délivrés par son ministère. Son parti lui a octroyé un rôle insignifiant lors de la partielle de Rivière-du-Rempart, circonscription où il jouit pourtant d?une grande réputation. Certains de ses projets d?infrastructure routière ont été sabotés, estime-t-il, par le ministère des Finances.

Miné par ces querelles qui l?opposaient aux hommes influents de son parti, Anil Bachoo évoluait dans un climat qui augmentait chaque jour ses frustrations. Il s?est finalement décidé à agir quand il a compris que son investiture aux législatives n?était pas acquise. Cependant, il voulait organiser sa sortie pour qu?elle se fasse dans des conditions favorables. Il attendait la fête Maha Shivaratree qui lui aurait offert une plateforme idéale pour expliciter ses pensées. Pravind Jugnauth a cherché à déjouer cette stratégie.

Le leader du MSM n?ignorait pas la ranc?ur de son seul lieutenant qui pouvait s?enorgueillir d?un ancrage rural, mais il n?a jamais eu la volonté d?y trouver une solution. Il s?est montré ferme à l?égard de toute velléité de dissension et a pratiquement poussé Anil Bachoo vers la sortie.

Le Premier ministre a été contraint d?agir, à la veille d?une rentrée parlementaire qui s?avère cruciale pour son gouvernement. S?il avait laissé s?enliser la crise Bachoo, l?alliance au pouvoir aurait été trop occupée à régler ses convulsions internes pour passer à l?offensive.

Tandis que la dernière page se renferme sur le feuilleton Bachoo, l?on se rend compte à quel point les sentiments personnels sont un élément déterminant en politique.

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